Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Syncope
Une syncope est une perte de connaissance brève, de début rapide, avec récupération spontanée et complète, due à une baisse transitoire de l’irrigation du cerveau. Elle est le plus souvent réflexe et bénigne.
Mis à jour le 6 min de lecture
Le mot syncope vient du grec synkopê, « coupure ». En médecine, il désigne une forme précise de perte de connaissance : brève, d’installation rapide, suivie d’une récupération spontanée et complète, et causée par une diminution passagère du débit sanguin cérébral. Le cerveau privé de sang pendant 6 à 10 secondes environ « s’éteint », la personne perd son tonus et tombe ; une fois à l’horizontale, le sang revient vers la tête et la conscience revient. La syncope est très fréquente : une grande partie de la population en fera au moins une au cours de sa vie.
Ce qui est une syncope, et ce qui n’en est pas
La définition exclut plusieurs situations qui ressemblent à une syncope mais ont un autre mécanisme :
| Situation | Syncope ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Malaise vagal avec évanouissement | Oui | Baisse du débit cérébral par chute de tension et ralentissement du cœur |
| Évanouissement en se levant brusquement | Oui | Hypotension orthostatique |
| Sensation de « partir » sans perdre connaissance | Non | C’est une lipothymie ou présyncope |
| Crise d’épilepsie | Non | Décharge électrique cérébrale, pas un défaut d’irrigation |
| Traumatisme crânien | Non | Mécanisme traumatique |
| Hypoglycémie | Non | Défaut de sucre, pas de sang |
| Arrêt cardiaque | Non | Pas de récupération spontanée sans intervention |
Les trois grands types de syncope
1. Syncope réflexe (la plus fréquente)
Un réflexe nerveux inadapté provoque une dilatation des vaisseaux et/ou un ralentissement du cœur.
- Syncope vasovagale (le malaise vagal) : déclenchée par l’émotion, la douleur, la vue du sang, la station debout prolongée, la chaleur. Précédée de sueurs, nausée, pâleur, vue trouble.
- Syncope situationnelle : en urinant, en allant à la selle, en toussant, en avalant, après un effort intense.
- Hypersensibilité du sinus carotidien : surtout après 40 ans, en tournant la tête, en se rasant, avec un col serré.
2. Syncope par hypotension orthostatique
La tension chute en passant de la position couchée ou assise à la position debout, faute d’adaptation des vaisseaux. Causes fréquentes : déshydratation, médicaments (antihypertenseurs, diurétiques, certains antidépresseurs), alcool, diabète ancien, maladie de Parkinson, âge. Voir hypotension orthostatique.
3. Syncope cardiaque
Le cœur ne pompe plus assez de sang, à cause d’un trouble du rythme (trop lent ou trop rapide) ou d’un obstacle (rétrécissement aortique, cardiomyopathie). C’est la forme la moins fréquente mais la plus grave : elle expose à un risque de mort subite. Elle doit être suspectée devant une syncope à l’effort, allongée, sans prodrome, précédée de palpitations, ou chez une personne cardiaque. Voir perte de connaissance brusque et malaise cardiaque : les signes.
Symptômes : avant, pendant, après
| Phase | Syncope réflexe typique | Signes faisant suspecter une cause cardiaque |
|---|---|---|
| Avant | Sueurs, chaleur, nausée, pâleur, voile noir, bourdonnements | Aucun prodrome, palpitations, douleur thoracique |
| Pendant | Chute molle, pâleur, parfois quelques secousses brèves | Survient à l’effort ou allongé |
| Durée | Quelques secondes, moins d’une minute | Variable |
| Après | Réveil rapide, orienté, fatigue, nausée | Essoufflement, douleur, blessure faciale (pas de protection) |
Que faire face à une syncope
- Vérifier la respiration de la personne qui s’est effondrée (tête basculée en arrière, 10 secondes).
- Elle ne respire pas normalement : appel du 15 ou du 112 et massage cardiaque. Ce n’est pas une syncope mais un arrêt cardiaque.
- Elle respire et reste inconsciente : position latérale de sécurité et appel du 15.
- Elle se réveille : la laisser allongée, jambes surélevées, rechercher une blessure, l’interroger sur les circonstances.
- Appeler le 15 pour un avis médical, a fortiori s’il s’agit d’une première syncope ou d’un signe de gravité.
- La faire relever en deux temps (assise puis debout) une fois tous les signes disparus.
Pour la conduite détaillée, voir malaise avec perte de connaissance : que faire.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas redresser la personne trop tôt : c’est la cause principale de récidive immédiate.
- Ne pas lui donner à boire tant qu’elle n’est pas bien réveillée.
- Ne pas la laisser conduire ou repartir seule.
- Ne pas considérer une syncope d’effort comme banale.
Le bilan médical d’une syncope
L’objectif est de distinguer les syncopes bénignes des syncopes à risque.
- Interrogatoire du patient et des témoins : c’est l’élément le plus utile du diagnostic.
- Examen clinique avec mesure de la tension couché puis debout (à 1 et 3 minutes) pour rechercher une hypotension orthostatique.
- Électrocardiogramme, systématique.
- Selon l’orientation : échographie cardiaque, Holter ECG, moniteur implantable pour les syncopes rares inexpliquées, épreuve d’effort pour les syncopes d’effort, tilt-test pour confirmer une syncope réflexe, massage du sinus carotidien sous surveillance chez la personne de plus de 40 ans.
Les examens du cerveau (scanner, électroencéphalogramme) ne sont pas utiles en routine dans une syncope typique ; ils sont réservés aux situations évocatrices d’une cause neurologique.
Traitement et prévention
Le traitement dépend de la cause, que seul le médecin peut établir.
- Syncope réflexe : information, éviction des déclencheurs, hydratation suffisante, manœuvres de contre-pression (croiser les jambes et contracter les muscles, serrer les mains et tirer sur les bras) dès les premiers signes, s’allonger rapidement.
- Hypotension orthostatique : se lever en plusieurs temps, boire suffisamment, réévaluation des médicaments par le médecin, bas de contention dans certains cas.
- Syncope cardiaque : traitement de la cause (stimulateur cardiaque pour un rythme trop lent, défibrillateur implantable, chirurgie valvulaire…).
Syncope et conduite automobile
En France, l’aptitude à la conduite après une syncope relève de l’appréciation médicale, en application de l’arrêté fixant la liste des affections incompatibles avec le permis de conduire. Une syncope réflexe isolée et typique n’interdit en général pas la conduite ; des syncopes répétées, inexpliquées ou d’origine cardiaque non traitée la contre-indiquent temporairement. Demandez toujours l’avis de votre médecin.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une syncope et un malaise vagal ?
Le malaise vagal est la cause la plus fréquente de syncope. Toutes les syncopes ne sont pas vagales (certaines sont orthostatiques ou cardiaques), et tous les malaises vagaux ne vont pas jusqu’à la syncope.
Combien de temps dure une syncope ?
En général quelques secondes, rarement plus d’une minute. Au-delà, ou si la personne reste confuse, il faut évoquer une autre cause et appeler le 15.
Une syncope peut-elle être mortelle ?
La syncope réflexe n’est pas dangereuse en elle-même, hormis le risque de chute. La syncope d’origine cardiaque peut annoncer un trouble du rythme grave : c’est pourquoi tout premier épisode doit faire l’objet d’un électrocardiogramme.
Faut-il aller aux urgences après une syncope ?
Une syncope avec signe de gravité (effort, douleur thoracique, palpitations, maladie cardiaque, blessure, âge avancé) justifie une évaluation en urgence. Dans les autres cas, appelez le 15 ou consultez votre médecin rapidement.