Santé et secours · Urgences courantes
Crise d’épilepsie : que faire
Pendant une crise convulsive, protégez la personne sans la maintenir, ne mettez rien dans sa bouche et chronométrez, puis mettez-la en PLS. Appelez le 15 si la crise dure plus de 5 minutes ou si c’est la première.
Mis à jour le 5 min de lecture
Une crise d’épilepsie est due à une décharge électrique anormale et excessive d’un groupe de neurones du cerveau. Ses manifestations dépendent de la zone touchée : la plus connue, la crise tonico-clonique généralisée, associe une perte de connaissance, un raidissement puis des secousses de tout le corps. Spectaculaire, elle s’arrête le plus souvent seule en une à deux minutes. Le rôle du témoin est simple : protéger, chronométrer, ne pas entraver, puis surveiller. Une crise isolée n’est pas forcément une épilepsie : on parle d’épilepsie lorsque les crises se répètent sans facteur déclenchant immédiat.
Reconnaître une crise convulsive généralisée
| Phase | Ce qui se passe | Durée habituelle |
|---|---|---|
| Phase tonique | Perte de connaissance brutale, chute, raidissement de tout le corps, parfois un cri, respiration bloquée, visage qui bleuit | Quelques secondes à 30 secondes |
| Phase clonique | Secousses rythmiques des bras et des jambes, morsure possible du côté de la langue, salive mousseuse, perte d’urine | 1 à 2 minutes |
| Phase post-critique | Fin des secousses, respiration bruyante et ample, somnolence, puis confusion progressive | Plusieurs minutes à quelques heures |
Que faire pendant la crise, étape par étape
- Gardez votre calme et notez l’heure de début de la crise.
- Protégez la personne : écartez les objets dangereux (meubles, objets coupants, chaise), éloignez-la d’un danger (route, escalier, eau) seulement si c’est indispensable.
- Protégez sa tête : glissez dessous un vêtement plié, un coussin, ou vos mains.
- Desserrez col, cravate, ceinture ; retirez ses lunettes.
- Ne la maintenez pas : laissez les mouvements se faire.
- Restez à côté d’elle et observez : mouvements (un côté ou les deux), regard, durée, couleur.
- Chronométrez : si la crise dépasse 5 minutes, appelez le 15.
- Si la personne a un traitement d’urgence prescrit (par exemple du midazolam buccal) et que son entourage a été formé, il peut être administré selon le protocole prévu par son médecin.
Que faire après la crise
- Quand les secousses s’arrêtent, vérifiez la respiration. Une respiration bruyante et ample est habituelle juste après la crise.
- Mettez-la en position latérale de sécurité : elle évite l’étouffement par la salive ou un vomissement.
- Restez avec elle jusqu’à ce qu’elle reprenne complètement ses esprits. Parlez-lui calmement, présentez-vous, expliquez ce qui s’est passé.
- Recherchez une blessure (tête, langue).
- Éloignez les curieux et préservez son intimité, notamment en cas de perte d’urine.
- Si elle ne respire pas normalement après la crise : appel du 15 et massage cardiaque.
- Appelez le 15 dans les situations de l’encadré d’urgence. Pour une personne épileptique connue dont la crise est habituelle et brève, l’appel n’est pas toujours nécessaire, mais en cas de doute, appelez.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne jamais mettre quoi que ce soit dans la bouche : ni doigts, ni objet, ni cuillère. La personne ne peut pas « avaler sa langue » ; en revanche, vous risquez de lui casser des dents ou d’être mordu.
- Ne pas la maintenir ou bloquer ses mouvements.
- Ne pas la déplacer pendant la crise, sauf danger immédiat.
- Ne pas lui donner à boire, à manger ou un médicament par la bouche avant le retour complet de la conscience.
- Ne pas la laisser seule tant qu’elle est confuse.
- Ne pas lui jeter d’eau ou la secouer.
Les autres formes de crises
Toutes les crises ne sont pas convulsives :
- Absences (surtout chez l’enfant) : rupture de contact de quelques secondes, regard fixe, puis reprise de l’activité comme si de rien n’était.
- Crises focales : mouvements d’une seule partie du corps, sensations anormales (fourmillements, odeur, impression de déjà-vu), gestes automatiques (mâchonnement, manipulation d’objets), avec ou sans altération de la conscience.
- Crises myocloniques : secousses brèves, souvent le matin.
Face à une crise non convulsive avec confusion, restez auprès de la personne, guidez-la doucement à l’écart du danger, ne la contraignez pas, et attendez qu’elle retrouve ses esprits.
Les causes d’une crise
Une crise peut survenir dans le cadre d’une épilepsie connue, souvent favorisée par le manque de sommeil, l'oubli du traitement, l'alcool ou, plus rarement, la stimulation lumineuse. Elle peut aussi être provoquée par une autre cause, que seul un médecin peut rechercher : fièvre chez le jeune enfant (voir convulsions fébriles), hypoglycémie, sevrage d’alcool ou de médicaments, traumatisme crânien, AVC, infection du cerveau, tumeur, intoxication.
Une première crise nécessite toujours un bilan médical, comprenant en général un électroencéphalogramme et une imagerie cérébrale.
Crise d’épilepsie ou syncope ?
Une syncope peut s’accompagner de quelques secousses, ce qui prête à confusion. Dans la syncope, les secousses sont brèves et peu nombreuses, le réveil est rapide et la personne est aussitôt orientée. Dans la crise d’épilepsie, les convulsions durent plus longtemps, la langue est souvent mordue sur le côté et la confusion après la crise est prolongée. Votre description aidera le médecin ; si possible, filmez la crise avec un téléphone, sans négliger les gestes de protection.
Questions fréquentes
Peut-on avaler sa langue pendant une crise d’épilepsie ?
Non. C’est une idée reçue. Ne mettez rien dans la bouche de la personne : la PLS après la crise suffit à protéger ses voies aériennes.
Combien de temps dure une crise d’épilepsie ?
Une crise convulsive dure généralement une à deux minutes. Au-delà de 5 minutes, ou en cas de crises successives sans reprise de conscience, il s’agit d’une urgence (risque d’état de mal épileptique) : appelez le 15.
Faut-il appeler les secours pour une personne épileptique connue ?
Pas toujours si la crise est habituelle, brève et suivie d’une récupération normale. Appelez en revanche si elle dure plus de 5 minutes, se répète, entraîne une blessure, survient dans l’eau ou si la personne ne se réveille pas.
Peut-on conduire quand on est épileptique ?
En France, la conduite est possible sous conditions, après une période sans crise définie par la réglementation et sur avis médical. Le médecin vous indiquera ce qui s’applique à votre situation.