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Santé et secours · Urgences courantes

Commotion cérébrale

La commotion cérébrale est un traumatisme crânien léger qui perturbe temporairement le fonctionnement du cerveau après un choc. Toute personne suspecte de commotion doit cesser son activité et être évaluée par un médecin.

Mis à jour le 4 min de lecture

Une commotion cérébrale survient lorsqu’un choc à la tête, au visage, au cou ou ailleurs sur le corps transmet une accélération brutale au cerveau, qui heurte les parois du crâne. Il n’y a en général aucune lésion visible au scanner, mais le fonctionnement des neurones est perturbé pendant plusieurs jours à plusieurs semaines. Fréquente dans les sports de contact (rugby, football, hockey sur glace, sports de combat), les chutes et les accidents de la route, elle est souvent sous-estimée. Une perte de connaissance n’est pas nécessaire pour parler de commotion : elle survient dans une minorité des cas.

Les symptômes de la commotion

Ils peuvent apparaître immédiatement ou dans les heures qui suivent :

CatégorieSignes
PhysiquesMaux de tête, pression dans la tête, nausées, vomissements, vertiges, troubles de l’équilibre, vision trouble, sensibilité à la lumière et au bruit, fatigue
CognitifsConfusion, sensation d’être « dans le brouillard », ralentissement, difficultés de concentration et de mémoire, oubli de ce qui s’est passé avant ou après le choc
ÉmotionnelsIrritabilité, tristesse, anxiété, émotivité inhabituelle
SommeilSomnolence, ou au contraire difficultés à s’endormir

Signes visibles par l’entourage : personne immobile au sol après le choc, regard vide, gestes lents, difficulté à se relever, déséquilibre, réponses lentes ou incohérentes.

Que faire après un choc à la tête

  1. Arrêtez immédiatement l’activité : un sportif suspect de commotion ne doit jamais reprendre le match ou l’entraînement le jour même. En cas de doute, on le retire du jeu.
  2. S’il est inconscient, ne le déplacez pas inutilement (risque de lésion du cou) ; vérifiez sa respiration : s’il respire, position latérale de sécurité en maintenant l’axe tête-cou-tronc ; sinon, massage cardiaque. Appelez le 15.
  3. S’il est conscient, installez-le au calme, interrogez-le (date, lieu, ce qui s’est passé) et recherchez les signes d’alerte de l’encadré.
  4. Appelez le 15 si un signe d’alerte est présent, ou pour un avis.
  5. Faites-le examiner par un médecin dans les heures qui suivent, même en l’absence de signe d’alerte.
  6. Ne le laissez pas seul pendant les 24 premières heures environ, et ne le laissez pas conduire.
  7. Surveillez l’apparition de signes d’aggravation : un hématome peut se constituer à distance du choc.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Ne pas laisser un sportif retourner au jeu le jour même.
  • Ne pas donner d’aspirine ni d’anti-inflammatoires sans avis médical (risque de saignement).
  • Ne pas consommer d’alcool ou de drogues.
  • Ne pas conduire tant que les symptômes persistent.
  • Ne pas minimiser une perte de connaissance, même brève.

Repos puis reprise progressive

Les recommandations actuelles (consensus international sur la commotion dans le sport, reprises en France et au Canada) préconisent :

  1. Un repos relatif de 24 à 48 heures : limiter les écrans, la lecture prolongée, les efforts, sans rester totalement inactif dans le noir.
  2. Une reprise progressive des activités quotidiennes, tant qu’elles n’aggravent pas nettement les symptômes : marche légère, activités intellectuelles courtes.
  3. Un retour à l’école ou au travail par étapes, avec aménagements si nécessaire (horaires allégés, pauses).
  4. Une reprise du sport en plusieurs paliers (activité aérobie légère, exercices spécifiques sans contact, entraînement avec contact, compétition), chaque palier durant au moins 24 heures sans réapparition des symptômes.
  5. Pas de retour aux sports de contact sans autorisation médicale.

Chez la plupart des adultes, les symptômes disparaissent en deux semaines environ ; chez l’enfant et l’adolescent, la récupération prend souvent jusqu’à quatre semaines. Des symptômes persistants au-delà justifient une consultation spécialisée.

Les risques d’une reprise trop précoce

Un cerveau qui n’a pas récupéré est plus vulnérable : une seconde commotion peut aggraver et prolonger les symptômes. Chez le jeune, un nouveau choc rapproché peut, rarement, provoquer un syndrome du second impact (gonflement brutal du cerveau), potentiellement mortel. Les commotions répétées sont aussi associées à des troubles neurologiques à long terme.

Prévention

  • Porter un casque adapté à vélo, à trottinette, à ski, en équitation et dans les sports qui le prévoient.
  • Respecter les règles du jeu et les protocoles commotion des fédérations sportives.
  • Attacher sa ceinture et installer les enfants dans des sièges adaptés.
  • Prévenir les chutes chez la personne âgée (éclairage, tapis, barres d’appui).

Questions fréquentes

Faut-il réveiller toutes les heures une personne qui a eu une commotion ?

Ce n’est plus systématiquement recommandé. Le médecin indiquera la surveillance nécessaire. Ce qui compte, c’est qu’elle ne soit pas seule et qu’on puisse la réveiller facilement ; une somnolence anormale impose d’appeler le 15.

Combien de temps dure une commotion cérébrale ?

Les symptômes durent en général de quelques jours à deux semaines chez l’adulte, jusqu’à quatre semaines chez l’enfant. Certaines personnes gardent des symptômes plus longtemps et doivent être suivies.

Faut-il passer un scanner après un choc à la tête ?

Pas systématiquement. Le médecin le prescrit selon des critères précis : perte de connaissance, âge, vomissements, traitement anticoagulant, signes neurologiques, mécanisme violent. Un scanner normal n’exclut pas une commotion.

Peut-on avoir une commotion sans perdre connaissance ?

Oui, c’est même le cas le plus fréquent. Maux de tête, confusion, vertiges ou troubles de la mémoire après un choc suffisent à suspecter une commotion.

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