Nature et animaux · Oiseaux
Le pic vert
Le pic vert (Picus viridis), ou pivert, est un grand pic au plumage vert et à la calotte rouge. Contrairement aux autres pics, il cherche surtout sa nourriture au sol : des fourmis, qu’il capture avec une langue de 10 cm.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le pic vert vit dans presque toute l’Europe, de la Grande-Bretagne et du sud de la Scandinavie jusqu’à l’Ukraine et à l’Iran. Il fréquente les milieux semi-ouverts où alternent vieux arbres et pelouses : bocages, vergers, parcs, lisières, grands jardins. Son cri sonore, comparé à un éclat de rire, est souvent la première indication de sa présence. Dans la péninsule Ibérique, il est remplacé par une espèce très proche, le pic de Sharpe.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Picus viridis |
| Classe / famille | Oiseaux / Picidés (ordre des Piciformes) |
| Taille | 30 à 36 cm ; envergure 40 à 42 cm |
| Poids | 150 à 250 g |
| Longévité | 5 à 7 ans environ ; plus de 15 ans possible |
| Habitat | Bocages, vergers, parcs, lisières, prairies avec vieux arbres |
| Régime | Insectivore : fourmis et leurs larves surtout ; autres insectes, quelques fruits |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) |
Description
Le pic vert a le dos et les ailes vert olive, le croupion jaune vif bien visible à l’envol et le dessous gris-vert pâle. Sa calotte et sa nuque sont rouges, et un masque noir entoure son œil blanchâtre.
On distingue les sexes à la moustache, le trait qui part de la base du bec : elle est rouge bordée de noir chez le mâle, entièrement noire chez la femelle. Les jeunes sont tachetés et barrés de gris.
Comme tous les pics, il a des pattes zygodactyles (deux doigts vers l’avant, deux vers l’arrière) et une queue aux plumes rigides qui lui sert d’appui lorsqu’il grimpe le long des troncs. Son vol est onduleux, en festons, alternant battements et ailes repliées.
Une langue extraordinaire
Le pic vert est un mangeur de fourmis spécialisé. Il passe beaucoup de temps au sol, sur les pelouses et les prairies, à creuser les fourmilières avec son bec. Sa langue, gluante et munie de petits crochets, peut sortir d’environ 10 cm au-delà du bec. Au repos, elle s’enroule autour du crâne, soutenue par l’appareil hyoïde, une structure osseuse et cartilagineuse qui passe au-dessus de la tête jusqu’à la base du bec. Un pic vert peut avaler plusieurs milliers de fourmis par jour.
En hiver, quand le sol est gelé ou enneigé, il creuse parfois des galeries dans la neige pour atteindre les fourmilières ou se rabat sur d’autres insectes, des larves dans le bois mort et quelques fruits.
Cri et tambourinage
Son cri le plus connu est une série de notes sonores et rieuses, un « klu-klu-klu » ou « pleu-pleu-pleu » qui baisse légèrement de ton, audible de loin au printemps. Il a d’ailleurs inspiré des surnoms populaires comme « pleu-pleu ».
À la différence du pic épeiche, le pic vert tambourine peu : il communique surtout par la voix. Il creuse en revanche lui-même sa loge de nidification dans le bois.
| Pic vert | Pic épeiche | |
|---|---|---|
| Plumage | vert, calotte rouge | noir et blanc, sous-caudales rouges |
| Taille | 30-36 cm | 22-26 cm |
| Alimentation | fourmis au sol | larves dans le bois, graines, œufs |
| Communication | cri rieur, peu de tambourinage | tambourinage fréquent et rapide |
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Période | avril à juin |
| Nid | loge creusée par les deux partenaires dans un tronc ou une grosse branche, souvent de bois tendre ou malade ; entrée d’environ 6 cm |
| Ponte | 5 à 7 œufs blancs |
| Incubation | 17 à 19 jours, par les deux parents |
| Séjour au nid | 3 à 4 semaines |
| Couvées | 1 par an |
Les poussins sont nourris de fourmis et de larves régurgitées. Les loges abandonnées sont ensuite utilisées par d’autres espèces cavernicoles : étourneaux, mésanges, sittelles, chauves-souris, voire écureuils.
Menaces
Le pic vert est assez commun et protégé en France. Il est sensible :
- aux hivers rigoureux et enneigés, qui le privent de fourmis et peuvent provoquer une forte mortalité ;
- à la disparition des vieux arbres et des vergers haute-tige, indispensables à sa nidification ;
- à l’usage de pesticides et d’insecticides sur les pelouses et dans les cultures, qui réduit les fourmis ;
- à l’intensification des prairies et à l’abandon du pâturage extensif.
Questions fréquentes
Comment reconnaître le mâle et la femelle du pic vert ?
Par la moustache : rouge cerclée de noir chez le mâle, entièrement noire chez la femelle. Les deux ont la calotte rouge.
Que mange le pic vert ?
Surtout des fourmis et leurs larves, qu’il capture au sol avec sa longue langue gluante. Il complète avec d’autres insectes et, en hiver, quelques fruits.
Le pic vert abîme-t-il les arbres ?
Il creuse sa loge de nidification dans des arbres, souvent dans du bois déjà tendre ou malade. Il ne détruit pas les arbres sains et ne s’attaque pas aux constructions comme le pic épeiche peut parfois le faire sur des façades isolées.
Pourquoi l’appelle-t-on pivert ?
« Pivert » est une forme contractée de « pic vert » ; les deux noms désignent le même oiseau.