Nature et animaux · Milieux naturels
La prairie
Une prairie est un milieu ouvert dominé par les graminées et d’herbacées, presque sans arbres. En France, la plupart sont entretenues par la fauche et le pâturage et comptent parmi les milieux les plus riches.
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Les milieux herbacés couvrent une part importante des terres émergées, environ un quart à deux cinquièmes selon les définitions retenues, qui incluent ou non les savanes et les parcours d’élevage. On distingue les prairies naturelles, qui existent sous des climats trop secs ou trop froids pour la forêt (steppes, pampa, grandes plaines nord-américaines, pelouses alpines), et les prairies agricoles, entretenues par l’humain depuis le Néolithique, qui retourneraient à la forêt sans fauche ni pâturage dans la plupart des régions d’Europe de l’Ouest.
Les grandes prairies du monde
| Nom | Région | Climat |
|---|---|---|
| Grandes Plaines (prairie nord-américaine) | Centre des États-Unis et du Canada (Prairies canadiennes) | Continental |
| Pampa | Argentine, Uruguay, sud du Brésil | Tempéré humide |
| Steppe eurasienne | De l’Ukraine à la Mongolie | Continental sec |
| Veld | Afrique du Sud | Tempéré d’altitude |
| Savane | Tropiques ; voir savane | Tropical à saison sèche |
La prairie à herbes hautes d’Amérique du Nord, qui couvrait d’immenses surfaces avant la colonisation, a été presque entièrement convertie en cultures de maïs et de soja : il en subsiste quelques pourcents seulement. Les bisons, qui y vivaient par dizaines de millions, ont été réduits à moins d’un millier à la fin du XIXe siècle avant d’être sauvés. Les sols noirs et profonds de ces prairies (chernozems) comptent parmi les plus fertiles du monde, ce qui a précisément causé leur mise en culture.
Les prairies de France
| Type | Gestion | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Prairie permanente | Fauchée ou pâturée depuis au moins cinq ans, sans labour | La plus riche en espèces ; souvent ancienne |
| Prairie temporaire | Semée pour quelques années dans une rotation | Peu d’espèces (ray-grass, trèfle, luzerne) |
| Prairie de fauche de montagne | Fauchée une fois en été | Très fleurie : géranium des bois, trolle, narcisses |
| Prairie humide | Inondée en hiver | Voir zones humides |
| Pelouse calcaire sèche | Pâturage extensif par moutons | Orchidées sauvages, insectes rares |
Les prairies permanentes couvrent encore environ un cinquième de la surface agricole française, surtout dans les régions d’élevage (Normandie, Massif central, Bourgogne, montagnes). Leur surface a nettement reculé depuis les années 1970 au profit des cultures, en particulier du maïs fourrager.
Une biodiversité remarquable
Une prairie naturelle de fauche peut compter plus de 40 espèces de plantes par mètre carré dans les cas les plus riches, notamment dans les prés de montagne ou sur sol calcaire. Cette diversité végétale nourrit une multitude d’insectes : abeilles et autres pollinisateurs, papillons, criquets, sauterelles, coléoptères. Les prairies sont aussi le territoire de chasse ou de nidification de nombreux oiseaux : alouette des champs, tarier des prés, râle des genêts, courlis cendré, effraie des clochers, buse variable, faucon crécerelle. Le sol, jamais labouré, abrite une biomasse de vers de terre souvent supérieure à celle du bétail qui pâture en surface.
Fauche, pâturage et biodiversité
La biodiversité d’une prairie dépend de sa gestion :
- fauche tardive (après la floraison et la nidification, souvent fin juin ou juillet en plaine) : elle laisse les plantes produire leurs graines et les oiseaux nichant au sol élever leurs petits ;
- fauche centrifuge (du centre vers l’extérieur) : elle permet aux animaux de s’échapper ;
- pâturage extensif : quelques animaux par hectare entretiennent une mosaïque de végétation ;
- peu ou pas d’engrais : la fertilisation favorise quelques graminées vigoureuses au détriment des fleurs.
Le râle des genêts, oiseau des prairies de fauche, a presque disparu de France à cause des fauches précoces et du retournement des prairies : il est devenu le symbole des mesures agroenvironnementales de fauche tardive.
Une prairie stocke du carbone
Les prairies permanentes stockent dans leur sol des quantités de carbone comparables à celles des forêts tempérées par hectare. Leur retournement pour les mettre en culture libère une partie de ce carbone. Elles limitent aussi l’érosion et filtrent l’eau qui rejoint les nappes.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une prairie et une pelouse ?
En écologie, la prairie est une végétation herbacée dense et assez haute, sur sol plutôt riche, fauchée ou pâturée. La pelouse est une végétation plus rase sur sol pauvre (pelouses calcaires, alpines). Le gazon des jardins est une pelouse très simplifiée.
Pourquoi les prairies disparaissent-elles ?
Par conversion en cultures (maïs, céréales), par urbanisation, par abandon dans les régions difficiles, où elles se referment en friches puis en forêts, et par intensification (engrais, fauches précoces répétées).
Comment créer une prairie fleurie dans son jardin ?
Sur un sol plutôt pauvre, semer un mélange de graines de fleurs sauvages locales (idéalement de label « Végétal local »), faucher une ou deux fois par an seulement, en fin d’été, et exporter l’herbe coupée pour appauvrir le sol.