Nature et animaux · Oiseaux
Le pigeon
Le pigeon des villes est un pigeon biset (Columba livia) issu d’oiseaux domestiques retournés à l’état sauvage. La famille des Columbidés compte plus de 300 espèces, dont le pigeon ramier, le plus grand de France.
Mis à jour le 4 min de lecture
Les pigeons et les tourterelles forment la famille des Columbidés ; on appelle généralement « pigeons » les grandes espèces et « tourterelles » ou « colombes » les plus petites, sans différence scientifique nette. Le pigeon biset sauvage niche sur les falaises côtières et montagneuses d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie. Domestiqué il y a au moins 5 000 ans au Proche-Orient pour sa viande, ses fientes (engrais) et ses capacités d’orientation, il a donné toutes les races domestiques et les pigeons des villes du monde entier.
Fiche d’identité (pigeon biset)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Columba livia |
| Classe / famille | Oiseaux / Columbidés (ordre des Columbiformes) |
| Taille | 31 à 34 cm ; envergure 63 à 70 cm |
| Poids | 250 à 380 g |
| Longévité | 3 à 5 ans en ville ; plus de 15 ans en captivité |
| Habitat | Falaises (forme sauvage), villes et villages (forme urbaine) |
| Régime | Granivore : graines, céréales, restes alimentaires |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) ; la forme sauvage pure est devenue rare à cause des croisements |
Les pigeons de France
| Espèce | Taille | Signes distinctifs | Statut en France |
|---|---|---|---|
| Pigeon biset et pigeon des villes (Columba livia) | 32 cm | gris-bleu, deux barres noires sur l’aile, croupion blanc (forme sauvage) ; plumage très variable en ville | sauvage rare, urbain abondant |
| Pigeon ramier ou palombe (Columba palumbus) | 40 à 42 cm | le plus grand ; tache blanche sur le cou, bande blanche sur l’aile en vol | très commun, chassable |
| Pigeon colombin (Columba oenas) | 32 cm | gris-bleu sans blanc, niche dans les cavités d’arbres | moins commun |
| Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) | 32 cm | beige rosé, demi-collier noir | arrivée en France vers 1950, très commune |
| Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) | 27 cm | ailes rousses écaillées de noir, migratrice | en fort déclin, classée vulnérable (VU) au niveau mondial |
Le pigeon ramier est au cœur de la chasse traditionnelle à la palombe dans le Sud-Ouest, lors de sa migration d’automne vers la péninsule Ibérique.
Le « lait de jabot »
Les pigeons font partie des rares oiseaux à nourrir leurs petits avec une sorte de lait : une sécrétion riche en protéines et en graisses produite par la paroi du jabot, chez le mâle comme chez la femelle, sous l’effet de la prolactine, la même hormone que la lactation des mammifères. Les poussins, appelés pigeonneaux, en sont nourris exclusivement les premiers jours, puis reçoivent des graines ramollies.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Période | toute l’année en ville, surtout du printemps à l’automne |
| Nid | sommaire, sur un rebord, une poutre, une niche de bâtiment |
| Ponte | 2 œufs blancs |
| Incubation | 17 à 19 jours, par les deux parents |
| Séjour au nid | environ 4 semaines |
| Couvées | jusqu’à 5 ou 6 par an en ville |
Les pigeons forment des couples stables, souvent pour la vie. Les mâles paradent en gonflant le cou et en roucoulant, tournant autour de la femelle.
Les pigeons voyageurs
Le pigeon voyageur est capable de rentrer à son pigeonnier depuis des centaines de kilomètres, en utilisant plusieurs sources d’information : position du soleil, champ magnétique terrestre (magnétisme), repères visuels du paysage, odeurs et peut-être infrasons. Il vole en moyenne à 60-80 km/h.
Les pigeons ont transmis des messages militaires jusqu’au XXe siècle. Pendant le siège de Paris (1870-1871), des pigeons emportés par ballon rapportaient des messages microfilmés. Pendant la bataille de Verdun, en 1916, le pigeon Vaillant a quitté le fort de Vaux assiégé avec le dernier message du commandant Raynal ; il a été cité à l’ordre de la nation. La colombophilie reste pratiquée en compétition.
Le pigeon en ville
L’abondance des pigeons urbains vient de la nourriture facile (pain, déchets, nourrissage volontaire) et des nombreuses corniches qui imitent leurs falaises d’origine. Leurs fientes, acides, abîment les monuments, et leur nourrissage est interdit par de nombreux règlements sanitaires municipaux. Les villes utilisent des pigeonniers contraceptifs (où les œufs sont remplacés ou stérilisés), des dispositifs anti-perchage et la sensibilisation au non-nourrissage. Le faucon pèlerin, installé sur des monuments de plusieurs villes, est un prédateur naturel du pigeon.
Questions fréquentes
Les pigeons transmettent-ils des maladies ?
Ils peuvent porter des agents pathogènes (ornithose, salmonelles, champignons dans les fientes accumulées), mais le risque pour une personne en bonne santé qui ne manipule pas les oiseaux ni les fientes est faible. Il faut se laver les mains après tout contact.
Pourquoi les pigeons des villes ont-ils des couleurs différentes ?
Parce qu’ils descendent de pigeons domestiques de races variées. Les croisements produisent des plumages gris, blancs, roux, noirs ou tachetés.
Pourquoi les pigeons hochent-ils la tête en marchant ?
Ce mouvement leur permet de stabiliser l’image : la tête reste immobile un instant pendant que le corps avance, ce qui améliore la perception des objets et des mouvements.
Quelle est la différence entre un pigeon et une colombe ?
Il n’y en a pas scientifiquement : les deux mots désignent des oiseaux de la même famille. La « colombe » blanche symbole de paix est souvent un pigeon biset domestique blanc.