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Nature et animaux · Oiseaux

L’albatros

Les albatros sont de grands oiseaux marins qui parcourent les océans en planant presque sans battre des ailes. L’albatros hurleur détient la plus grande envergure des oiseaux vivants, jusqu’à environ 3,5 m.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les albatros forment la famille des Diomédéidés, qui compte 22 espèces selon l’accord international consacré à leur conservation (ACAP). La plupart vivent dans l'océan Austral et le sud des océans Atlantique, Indien et Pacifique, quelques-unes dans le Pacifique Nord. Ils ne viennent à terre que pour se reproduire, sur des îles isolées, dont plusieurs territoires français : Crozet, Kerguelen et Amsterdam, dans les Terres australes et antarctiques françaises. Ce sont aussi parmi les oiseaux les plus menacés de la planète.

Fiche d’identité (albatros hurleur)

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueDiomedea exulans
Classe / familleOiseaux / Diomédéidés (ordre des Procellariiformes)
Taille107 à 135 cm de long ; envergure 2,5 à 3,5 m
Poids6 à 12 kg
Longévité50 à 60 ans ; plus de 70 ans pour certains albatros connus
HabitatHaute mer de l’océan Austral ; niche sur des îles subantarctiques
RégimeCalmars surtout, poissons, crustacés, déchets de pêche
Statut UICNVulnérable (VU)

Le vol dynamique

Les albatros ont des ailes très longues et étroites, verrouillées en position déployée par un tendon à l’épaule : ils peuvent planer des heures sans effort musculaire. Ils pratiquent le vol dynamique (dynamic soaring) : en zigzaguant entre la surface de l’océan, où le vent est freiné par les vagues, et quelques mètres plus haut, où il souffle plus fort, ils puisent l’énergie du gradient de vent. Ils dépensent ainsi à peine plus d’énergie en vol qu’au repos.

Grâce à cette technique, un albatros hurleur peut parcourir plus de 800 km en une journée et faire le tour de l’Antarctique en quelques semaines. Des oiseaux équipés de balises ont couvert des dizaines de milliers de kilomètres lors d’un seul voyage alimentaire pendant l’élevage de leur poussin. En revanche, ils peinent à décoller par temps calme et doivent courir face au vent.

Comme les pétrels et puffins, les albatros ont des narines tubulaires sur le bec et un excellent odorat, qui leur permet de repérer leurs proies sur de grandes distances. Une glande au-dessus des yeux élimine l’excès de sel de l’eau de mer qu’ils boivent.

Une reproduction très lente

ÉtapeDonnée (albatros hurleur)
Première reproductionvers 10 ans en moyenne
Couplefidèle pour la vie, après des années de parades
Ponte1 seul œuf
Incubationenviron 78 à 80 jours, par les deux parents en alternance
Élevage du poussinenviron 9 mois
Fréquenceune reproduction tous les 2 ans en cas de succès

Les parades nuptiales des albatros sont célèbres : les partenaires s’affrontent face à face en ouvrant grand les ailes, claquent du bec, lèvent la tête vers le ciel et poussent des cris. Les jeunes répètent ces danses avec plusieurs partenaires pendant des années avant de former un couple.

Ce rythme fait de l’albatros l’un des oiseaux à la reproduction la plus lente : chaque adulte perdu pèse lourd sur la population.

Menaces

D’après les évaluations de l’UICN, une large majorité des espèces d’albatros sont menacées ou quasi menacées. Les principales causes :

  • la pêche à la palangre : les albatros se jettent sur les hameçons appâtés lancés derrière les bateaux, sont entraînés sous l’eau et se noient. Ce fléau a tué des dizaines de milliers d’albatros par an dans les années 1990-2000. Des mesures simples (lignes effaroucheuses, lestage des lignes, pose de nuit) réduisent fortement ces captures ;
  • les prédateurs introduits sur les îles de nidification : rats, chats, et sur l’île Gough (Atlantique Sud) des souris qui dévorent vivants les poussins ;
  • les déchets plastiques, que les adultes ingèrent en mer et donnent à leurs poussins, notamment dans le Pacifique Nord (voir polymères et plastiques) ;
  • les maladies comme le choléra aviaire sur certaines îles, et les effets du changement climatique sur les vents et les ressources.

L'albatros d’Amsterdam, qui ne niche que sur l’île Amsterdam (territoire français de l’océan Indien), ne compte que quelques dizaines de couples reproducteurs chaque année et est classé en danger.

L’albatros dans la culture

Dans le poème L’Albatros de Baudelaire, l’oiseau, majestueux dans les airs mais maladroit sur le pont du navire où les marins le tourmentent, devient une image du poète incompris. Chez les marins anglais, tuer un albatros portait malheur, une croyance au cœur du poème de Coleridge La Complainte du vieux marin (1798).

Questions fréquentes

Quelle est l’envergure de l’albatros ?

L’albatros hurleur atteint en général 2,5 à 3,5 m d’envergure, la plus grande de tous les oiseaux vivants. Les autres espèces mesurent de 1,8 à 3 m environ.

L’albatros peut-il dormir en vol ?

Il est probable qu’il puisse se reposer en vol, comme d’autres oiseaux marins chez qui on a mesuré un sommeil par moitié de cerveau, mais il dort aussi posé sur l’eau.

Où voir des albatros ?

Dans l’océan Austral, depuis les bateaux, ou sur leurs sites de nidification (Nouvelle-Zélande, Géorgie du Sud, îles Malouines). En France, ils nichent dans les Terres australes, accessibles seulement par expédition.

Combien de temps vit un albatros ?

Souvent 50 à 60 ans. Certains individus bagués ont dépassé 70 ans, comme la femelle Wisdom.

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