Nature et animaux · Oiseaux
Le harfang des neiges
Le harfang des neiges (Bubo scandiacus) est une grande chouette blanche de la toundra arctique, qui chasse surtout les lemmings. Emblème aviaire du Québec depuis 1987, il est classé vulnérable par l’UICN depuis 2017.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le harfang des neiges niche dans la toundra arctique, de l’Alaska au Groenland, en Scandinavie et en Sibérie. En hiver, une partie des oiseaux descend vers le sud : au Québec, on l’observe alors dans les champs ouverts de la vallée du Saint-Laurent, sur les rives et même près des aéroports. Il appartient au même genre que le grand-duc d’Europe, dont il est un proche parent adapté au froid et aux espaces sans arbres.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Bubo scandiacus |
| Classe / famille | Oiseaux / Strigidés (ordre des Strigiformes) |
| Taille | 52 à 71 cm ; envergure 1,25 à 1,50 m |
| Poids | 1,6 à 2,5 kg pour le mâle ; 1,8 à 3 kg pour la femelle, plus grande |
| Longévité | environ 10 ans dans la nature ; plus de 25 ans en captivité |
| Habitat | Toundra arctique en été ; prairies, champs et rivages ouverts en hiver |
| Régime | Carnivore : lemmings surtout, campagnols, lièvres arctiques, lagopèdes, oiseaux marins |
| Statut UICN | Vulnérable (VU) depuis 2017, en raison d’un déclin estimé de la population mondiale |
Description
Le harfang est l’une des plus grandes chouettes du monde et, par son poids, la plus lourde d’Amérique du Nord. Le mâle adulte est presque entièrement blanc, avec quelques taches sombres ; la femelle et les jeunes sont blancs fortement barrés de brun-noir, ce qui les camoufle sur le nid, au sol. Il a des yeux jaunes, une tête ronde aux petites aigrettes à peine visibles et des pattes couvertes de plumes jusqu’aux griffes, qui l’isolent du froid. Son épais plumage lui permet de supporter des températures de -40 °C.
Mode de vie
Contrairement à la plupart des chouettes, le harfang est souvent actif le jour : l’été arctique ne connaît pas de nuit. Il chasse à l’affût depuis une butte, un rocher ou un piquet, puis fond sur sa proie au ras du sol. Il repère les petits rongeurs sous la neige grâce à son ouïe très fine.
Son régime en été dépend largement des lemmings : un adulte peut en consommer plusieurs par jour, soit plus d’un millier par an. Les populations de lemmings connaissent des cycles de 3 à 5 ans, avec des pics d’abondance suivis d’effondrements. Les harfangs sont nomades : ils se déplacent d’une région de l’Arctique à l’autre pour nicher là où les lemmings abondent.
En hiver, il se nourrit aussi de campagnols, de lièvres, d’oiseaux d’eau et de canards.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Période | mai à août |
| Nid | simple cuvette creusée par la femelle au sommet d’une butte, d’où elle surveille les environs |
| Ponte | 3 à 11 œufs selon l’abondance des lemmings ; aucune reproduction certaines années |
| Incubation | environ 32 jours, par la femelle, nourrie par le mâle |
| Sortie du nid | vers 3 à 4 semaines, avant de savoir voler |
| Premier vol | vers 7 semaines |
Les œufs sont pondus à 1 ou 2 jours d’intervalle et éclosent de façon décalée : lors des mauvaises années, seuls les plus grands poussins survivent. Les parents défendent le nid avec vigueur contre les renards arctiques, les labbes et même les loups.
Les invasions hivernales
Certains hivers, souvent après une année faste en lemmings et donc riche en jeunes, des harfangs descendent en grand nombre bien plus au sud que d’habitude : c’est une irruption. On en voit alors dans le sud du Canada et le nord des États-Unis, parfois jusqu’en Floride. En Europe de l’Ouest, et en France, l’espèce est exceptionnelle.
Menaces
Les effectifs mondiaux, longtemps estimés à plusieurs centaines de milliers d’oiseaux, ont été revus fortement à la baisse dans les années 2010, à moins de 30 000 adultes selon certaines études. Le harfang souffre :
- du réchauffement de l’Arctique, qui modifie la neige et perturbe les cycles de lemmings ;
- des collisions avec les véhicules, les lignes électriques et les avions lors de l’hivernage ;
- de la chasse traditionnelle et illégale dans certaines régions ;
- des empoisonnements indirects par les rodenticides.
Questions fréquentes
Le harfang des neiges est-il une chouette ou un hibou ?
En français, on parle de chouette (pas d’aigrettes visibles) mais il appartient au même genre que le grand-duc, un « hibou ». La distinction entre chouette et hibou n’a pas de valeur scientifique stricte.
Où voir un harfang des neiges au Québec ?
En hiver, dans les grands champs ouverts du sud du Québec, autour de Québec, sur la rive sud du Saint-Laurent et dans les zones agricoles de la Montérégie. On le voit posé sur un piquet, une butte ou un toit de grange.
Le harfang est-il blanc toute l’année ?
Oui. Les mâles adultes sont presque entièrement blancs toute l’année ; les femelles et les jeunes restent barrés de sombre.
Pourquoi le harfang est-il vulnérable ?
Parce que de nouvelles estimations ont montré une population bien plus faible et en déclin, probablement à cause du changement climatique dans l’Arctique et des collisions lors des hivernages.