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Histoire · XXe siècle

Guerre du Golfe

La guerre du Golfe oppose l’Irak de Saddam Hussein, qui a envahi le Koweït le 2 août 1990, à une coalition de 35 pays mandatée par l’ONU. Le Koweït est libéré le 28 février 1991.

Mis à jour le 5 min de lecture

La guerre du Golfe désigne le conflit déclenché par l'invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein, le 2 août 1990, et la riposte d’une coalition internationale menée par les États-Unis, avec l’autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Après cinq mois de crise et de déploiement militaire, la coalition lance le 17 janvier 1991 l’opération Tempête du désert, une campagne aérienne massive suivie d’une offensive terrestre de cent heures. Le Koweït est libéré le 28 février 1991. C’est la première grande crise de l’après-guerre froide.

L’essentiel en bref

RepèreDonnée
Invasion du Koweït2 août 1990
Ultimatum de l’ONUrésolution 678 (29 novembre 1990), retrait exigé avant le 15 janvier 1991
Offensive aérienneà partir du 17 janvier 1991
Offensive terrestre24 – 28 février 1991
Coalition35 pays, environ 950 000 soldats dont environ 540 000 Américains
Commandementgénéral américain Norman Schwarzkopf
Participation françaiseopération Daguet, environ 12 000 hommes au moment de l’offensive
Pertes de la coalitionenviron 300 morts, dont environ 150 Américains au combat
Pertes irakiennesplusieurs dizaines de milliers de soldats tués selon les estimations, sans chiffre établi

Pourquoi l’Irak envahit-il le Koweït ?

L’Irak sort exsangue de huit ans de guerre contre l’Iran (1980–1988). Il doit des dizaines de milliards de dollars, notamment au Koweït et à l’Arabie saoudite, qui l’avaient financé.

Saddam Hussein accuse le Koweït :

  • de produire trop de pétrole, au-delà des quotas de l’OPEP, ce qui fait baisser les prix et les revenus irakiens ;
  • de pomper du pétrole dans le gisement frontalier de Rumaila au détriment de l’Irak ;
  • de refuser d’effacer la dette de guerre.

Il ravive aussi une revendication ancienne, présentant le Koweït comme une province irakienne détachée par les Britanniques. Le 2 août 1990, l’armée irakienne envahit le petit émirat en quelques heures ; l’émir s’enfuit en Arabie saoudite. Le 8 août, l’Irak annonce l’annexion du Koweït, devenu sa « 19e province ».

La crise : août 1990 – janvier 1991

DateÉtape
2 août 1990Résolution 660 : l’ONU condamne l’invasion et exige le retrait
6 août 1990Résolution 661 : embargo commercial contre l’Irak
7 août 1990Début de l’opération Bouclier du désert : déploiement américain en Arabie saoudite
Août – décembre 1990Des milliers d’étrangers retenus en Irak servent de « boucliers humains », puis sont libérés
29 novembre 1990Résolution 678 : autorisation d’employer « tous les moyens nécessaires » après le 15 janvier
12 janvier 1991Le Congrès américain autorise l’usage de la force

Tempête du désert

La campagne aérienne (17 janvier – 23 février 1991)

Pendant plus de cinq semaines, l’aviation et les missiles de croisière de la coalition frappent les défenses aériennes, les centres de commandement, les infrastructures, puis les troupes irakiennes au Koweït. C’est la première guerre suivie en direct à la télévision, notamment par la chaîne CNN depuis Bagdad.

L’Irak riposte en tirant des missiles Scud sur Israël et sur l’Arabie saoudite, espérant provoquer une riposte israélienne qui ferait éclater la coalition. Sous la pression américaine, Israël ne répond pas.

L’offensive terrestre (24 – 28 février 1991)

Le 24 février, la coalition lance son offensive. Pendant que des forces avancent vers Koweït City, le gros des blindés contourne les défenses irakiennes par l’ouest, dans le désert, pour couper la retraite : c’est le « crochet du gauche », dont la division Daguet française couvre le flanc ouest. L’armée irakienne s’effondre ; des dizaines de milliers de soldats se rendent. Les colonnes qui fuient le Koweït sont détruites par l’aviation sur la route de Bassorah, surnommée l'« autoroute de la mort ». Le président Bush annonce le cessez-le-feu le 28 février, après cent heures de combat terrestre.

Les conséquences

  • Écologiques : en se retirant, les troupes irakiennes incendient plus de 600 puits de pétrole koweïtiens et déversent du pétrole dans le golfe Persique. Les derniers incendies ne sont éteints qu’en novembre 1991.
  • Saddam Hussein reste au pouvoir : la coalition, dont le mandat se limite à la libération du Koweït, ne marche pas sur Bagdad. En mars 1991, les soulèvements des chiites au sud et des Kurdes au nord sont écrasés. Des zones d’exclusion aérienne sont ensuite imposées.
  • Désarmement et sanctions : la résolution 687 impose la destruction des armes chimiques, biologiques et des missiles, sous contrôle d’inspecteurs de l’ONU. L’embargo, maintenu jusqu’en 2003, aggrave fortement la situation humanitaire de la population irakienne ; le programme « pétrole contre nourriture » est mis en place en 1996.
  • Présence américaine : des troupes restent stationnées en Arabie saoudite, ce qui sera l’un des griefs invoqués par Al-Qaïda, auteur des attentats du 11 septembre 2001.
  • Suite : la question irakienne mène à la guerre d’Irak de 2003 et au renversement de Saddam Hussein.

Questions fréquentes

Pourquoi l’Irak a-t-il envahi le Koweït ?

Ruiné par la guerre contre l’Iran, l’Irak accusait le Koweït de faire baisser les prix du pétrole et de puiser dans un gisement frontalier, et voulait s’emparer de ses richesses.

Combien de temps a duré la guerre du Golfe ?

L’occupation du Koweït a duré près de sept mois. Les combats de Tempête du désert ont duré six semaines, du 17 janvier au 28 février 1991, dont cent heures d’offensive terrestre.

La France a-t-elle participé à la guerre du Golfe ?

Oui, avec l’opération Daguet, qui a engagé environ 12 000 soldats. Le ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, opposé à la guerre, a démissionné en janvier 1991.

Quelle différence entre la guerre du Golfe et la guerre d’Irak ?

La guerre du Golfe (1990–1991) visait à libérer le Koweït avec un mandat de l’ONU. La guerre d’Irak (2003) a renversé Saddam Hussein, sans autorisation explicite du Conseil de sécurité.

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