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Histoire · XXe siècle

La bataille de la crête de Vimy

La bataille de la crête de Vimy est une offensive menée du 9 au 12 avril 1917 par les quatre divisions du Corps canadien, qui s’emparent d’une hauteur fortifiée allemande du Pas-de-Calais. Elle devient un symbole national au Canada.

Mis à jour le 4 min de lecture

La bataille de la crête de Vimy est l’un des épisodes les plus célèbres de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. Le 9 avril 1917, lundi de Pâques, les quatre divisions du Corps canadien, combattant ensemble pour la première fois, attaquent la crête de Vimy, au nord d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Tenue par l’armée allemande depuis 1914, cette hauteur avait résisté aux attaques françaises de 1915, qui y avaient perdu environ 150 000 hommes, tués, blessés ou disparus, dans le secteur. En quatre jours, les Canadiens s’en emparent, au prix d’environ 10 600 victimes, dont près de 3 600 morts. Vimy est souvent présentée au Canada comme le moment de « naissance d’une nation ».

Le contexte

La crête de Vimy s’étend sur environ 7 km et domine de quelque 60 mètres la plaine de Douai à l’est et les lignes alliées à l’ouest. Les Allemands l’ont fortifiée de tranchées, de tunnels, de barbelés et de nids de mitrailleuses. Son attaque fait partie de la bataille d’Arras, offensive britannique destinée à soutenir l’offensive française du général Nivelle au Chemin des Dames, lancée quelques jours plus tard.

Le Canada, dominion britannique, est entré en guerre en août 1914. En 1917, le Corps canadien, intégré à l’armée britannique, est commandé par le général britannique Julian Byng ; le Canadien Arthur Currie commande la 1re division.

Une préparation minutieuse

Tirant les leçons de la Somme et de Verdun, les officiers préparent l’attaque pendant des mois :

  • Répétitions sur des maquettes et des terrains reproduisant le champ de bataille ; chaque soldat connaît son objectif et reçoit des cartes.
  • Tunnels et souterrains creusés par les sapeurs, notamment britanniques, pour amener les troupes près de la ligne de front à l’abri.
  • Artillerie massive : plus d’un million d’obus tirés pendant la semaine précédente ; le barrage roulant avance devant l’infanterie à un rythme calculé (environ 100 mètres toutes les trois minutes).
  • Repérage des batteries ennemies par le son et les éclairs, grâce aux travaux du scientifique canadien Andrew McNaughton.
  • Décentralisation : les petits groupes de soldats peuvent poursuivre l’attaque même si leurs officiers tombent.

Le déroulement

DateÉtape
20 mars – 8 avril 1917Bombardement préparatoire
9 avril 1917, 5 h 30Assaut de quelque 15 000 hommes dans la première vague, sous la neige et le grésil
9 avrilLa plupart des objectifs sont atteints dans la journée, sauf la cote 145, point culminant
10 avrilPrise de la cote 145
12 avrilPrise du « Bourgeon » (the Pimple), dernier point tenu par les Allemands

Environ 4 000 soldats allemands sont faits prisonniers. Quatre soldats canadiens reçoivent la croix de Victoria, la plus haute décoration militaire britannique.

Le bilan

Pertes
Canadiensenviron 10 600 tués et blessés, dont environ 3 600 morts
Allemandspertes estimées à environ 20 000, dont environ 4 000 prisonniers

Sur le plan militaire, la victoire est locale : l’offensive d’Arras ne débouche pas sur une percée, et l’offensive française du Chemin des Dames échoue, provoquant les mutineries de 1917 (voir poilus et tranchées).

Vimy dans la mémoire canadienne

  • Un symbole d’unité et de compétence : pour la première fois, des soldats de toutes les régions du Canada combattent ensemble et remportent une victoire que d’autres armées n’avaient pas obtenue.
  • Une étape vers l’autonomie : le prestige acquis par le Canada pendant la guerre l’aide à obtenir une signature distincte au traité de Versailles et un siège à la Société des Nations.
  • Un mémorial : en 1922, la France cède à perpétuité au Canada une partie du site. Le Mémorial national du Canada à Vimy, dessiné par Walter Allward, est inauguré le 26 juillet 1936 ; il porte les noms de plus de 11 000 soldats canadiens morts en France et sans sépulture connue.
  • Une mémoire débattue : au Québec, la guerre de 1914-1918 est surtout associée à la crise de la conscription de 1917, adoptée quelques mois après Vimy, ce qui nuance l’idée d’une naissance nationale partagée par tous.

Le 9 avril est au Canada la Journée nationale de commémoration de la bataille de la crête de Vimy.

Questions fréquentes

Pourquoi la bataille de Vimy est-elle importante pour le Canada ?

Parce que les quatre divisions canadiennes y ont combattu ensemble pour la première fois et ont pris une position jugée imprenable. La victoire est devenue un symbole d’identité nationale.

Où se trouve la crête de Vimy ?

Dans le Pas-de-Calais, en France, à une dizaine de kilomètres au nord d’Arras.

Les soldats canadiens-français ont-ils combattu à Vimy ?

Oui. Le 22e bataillon, unité canadienne-française qui deviendra le Royal 22e Régiment, a participé à la bataille au sein de la 2e division.

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