Histoire · XXe siècle
Guerre des Six Jours
La guerre des Six Jours (5–10 juin 1967) oppose Israël à l’Égypte, à la Jordanie et à la Syrie. Israël s’empare du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du Golan.
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La guerre des Six Jours est le troisième conflit israélo-arabe. Du 5 au 10 juin 1967, Israël affronte l'Égypte, la Jordanie et la Syrie, soutenues par des contingents d’autres pays arabes. Après une frappe aérienne préventive qui détruit l’aviation égyptienne au sol, l’armée israélienne remporte une victoire rapide sur les trois fronts et triple la superficie des territoires qu’elle contrôle. Cette guerre courte a des conséquences durables : elle ouvre l’occupation des territoires palestiniens et reste au cœur du conflit israélo-palestinien.
L’essentiel en bref
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Dates | 5 – 10 juin 1967 |
| Belligérants | Israël contre l’Égypte (alors République arabe unie), la Jordanie et la Syrie ; appui de l’Irak |
| Dirigeants | Levi Eshkol (Premier ministre israélien), Moshe Dayan (Défense), Yitzhak Rabin (chef d’état-major) ; Gamal Abdel Nasser (Égypte), le roi Hussein (Jordanie) |
| Territoires conquis | Sinaï et bande de Gaza (Égypte), Cisjordanie et Jérusalem-Est (Jordanie), plateau du Golan (Syrie) |
| Pertes israéliennes | environ 800 soldats tués |
| Pertes arabes | plus de 10 000 soldats tués selon la plupart des estimations, surtout égyptiens |
| Réfugiés | environ 250 000 à 300 000 Palestiniens déplacés, dont beaucoup pour la seconde fois depuis 1948 |
Les causes : la crise de mai 1967
Depuis la crise de Suez (1956), une force de l’ONU, la FUNU, stationne dans le Sinaï, entre Israël et l’Égypte. Au printemps 1967, les incidents se multiplient à la frontière syrienne : tirs, raids de fedayin palestiniens, combats aériens.
| Date (1967) | Événement |
|---|---|
| Mi-mai | L’URSS informe à tort l’Égypte de concentrations de troupes israéliennes face à la Syrie |
| 16 – 19 mai | Nasser obtient le retrait des casques bleus de la FUNU et masse ses troupes dans le Sinaï |
| 22 – 23 mai | Fermeture du détroit de Tiran aux navires israéliens, ce qu’Israël avait toujours déclaré considérer comme un casus belli |
| 30 mai | Pacte de défense entre l’Égypte et la Jordanie |
| 1er juin | Gouvernement d’union nationale en Israël ; Moshe Dayan à la Défense |
La rhétorique des dirigeants arabes appelle à la destruction d’Israël ; la population israélienne redoute une attaque. Les historiens débattent encore de la question de savoir si Nasser voulait vraiment la guerre ou cherchait un succès politique sans combat.
Le déroulement
5 juin : la frappe aérienne
Au matin du 5 juin, l’aviation israélienne attaque par surprise les bases aériennes égyptiennes, en volant à très basse altitude pour échapper aux radars. En quelques heures, l’essentiel de l’aviation égyptienne est détruit au sol ; les aviations jordanienne et syrienne sont frappées dans l’après-midi. Israël s’assure la maîtrise du ciel pour toute la guerre.
Le front égyptien (5 – 8 juin)
Les divisions blindées israéliennes percent dans le Sinaï et à Gaza. L’ordre de retraite donné à l’armée égyptienne tourne à la déroute. Le 8 juin, les Israéliens atteignent le canal de Suez et Charm el-Cheikh.
Le front jordanien (5 – 7 juin)
Malgré les avertissements israéliens, la Jordanie ouvre le feu le 5 juin. Après de durs combats, les parachutistes israéliens entrent le 7 juin dans la Vieille Ville de Jérusalem et atteignent le mur des Lamentations, lieu saint du judaïsme, inaccessible aux Juifs depuis 1948. Toute la Cisjordanie est conquise.
Le front syrien (9 – 10 juin)
Le 9 juin, Israël attaque le plateau du Golan, d’où l’artillerie syrienne bombardait les villages de Galilée. Le Golan est pris en deux jours. Un cessez-le-feu entre en vigueur le 10 juin.
Les conséquences
- Diplomatie : le sommet de Khartoum (septembre 1967) adopte les « trois non » : pas de paix, pas de reconnaissance, pas de négociation avec Israël. La résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU (22 novembre 1967) pose le principe de « la paix contre les territoires » : retrait israélien de territoires occupés et reconnaissance de tous les États de la région. Sa version anglaise parle de « territoires », la française « des territoires », source d’interprétations divergentes.
- Occupation : Israël administre la Cisjordanie, Gaza, le Golan et le Sinaï. Il annexe Jérusalem-Est (étendue et unifiée dès 1967, loi fondamentale de 1980) et le Golan (1981), annexions non reconnues par la communauté internationale. Les premières colonies sont implantées dès 1967.
- Nationalisme palestinien : la défaite des États arabes pousse les Palestiniens à prendre en main leur lutte ; l’OLP de Yasser Arafat s’affirme.
- Suites militaires : guerre d’usure le long du canal de Suez (1969–1970), puis guerre du Kippour en 1973. Le Sinaï est rendu à l’Égypte après le traité de paix de 1979, évacuation achevée en 1982.
- Guerre froide : l’URSS rompt avec Israël et réarme l’Égypte et la Syrie ; les États-Unis deviennent le principal soutien d’Israël. En France, le général de Gaulle décrète un embargo sur les armes à destination de la région.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on la guerre des Six Jours ?
Parce que les combats ont duré six jours, du lundi 5 au samedi 10 juin 1967.
Qui a déclenché la guerre des Six Jours ?
Israël a lancé la première attaque le 5 juin, mais après la fermeture du détroit de Tiran et la concentration de troupes égyptiennes dans le Sinaï, qu’il considérait comme des actes de guerre. La responsabilité de l’escalade reste débattue.
Quels territoires Israël a-t-il conquis en 1967 ?
Le Sinaï et la bande de Gaza, pris à l’Égypte ; la Cisjordanie et Jérusalem-Est, pris à la Jordanie ; le plateau du Golan, pris à la Syrie.
Qu’est-ce que la résolution 242 ?
Une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de novembre 1967 qui demande le retrait israélien de territoires occupés en échange de la paix et de la reconnaissance de tous les États de la région.