Histoire · XXe siècle
Bataille de Stalingrad
La bataille de Stalingrad (17 juillet 1942 – 2 février 1943) voit l’Armée rouge encercler puis forcer à capituler la 6e armée allemande. C’est le grand tournant de la guerre à l’Est.
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La bataille de Stalingrad se déroule du 17 juillet 1942 au 2 février 1943 dans et autour de la ville de Stalingrad (aujourd’hui Volgograd), sur la Volga, dans le sud de la Russie. Après des mois de combats de rue d’une violence inouïe, l’Armée rouge encercle la 6e armée allemande du général Friedrich Paulus, qui capitule début février 1943. C’est l’une des batailles les plus meurtrières de l’histoire, et le tournant psychologique et militaire de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est.
L’essentiel en bref
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Dates | 17 juillet 1942 – 2 février 1943 |
| Lieu | Stalingrad (Volgograd), sur la rive droite de la Volga |
| Camp de l’Axe | 6e armée (Paulus), 4e armée blindée (Hoth) ; armées roumaines, italienne et hongroise sur les flancs |
| Camp soviétique | 62e armée (Tchouïkov) dans la ville ; fronts de Stalingrad, du Don et du Sud-Ouest ; plan conçu par Joukov et Vassilevski |
| Encerclés | environ 250 000 à 300 000 soldats de l’Axe |
| Prisonniers | environ 91 000 à la capitulation ; quelque 5 000 à 6 000 rentreront après la guerre |
| Pertes totales | de l’ordre de 1 million pour l’Armée rouge (tués, blessés, disparus) et plusieurs centaines de milliers pour l’Axe |
Pourquoi Stalingrad ?
Après l’échec devant Moscou en décembre 1941, Hitler lance en juin 1942 l’opération Fall Blau (« plan bleu ») vers le sud de l’URSS. L’objectif principal est le pétrole du Caucase. Stalingrad, grand centre industriel et nœud de communications sur la Volga, doit couvrir le flanc de cette offensive. La ville porte aussi le nom de Staline, ce qui en fait un enjeu symbolique pour les deux dictateurs.
Les étapes de la bataille
| Date | Phase |
|---|---|
| 28 juillet 1942 | Ordre n° 227 de Staline, « Pas un pas en arrière » : toute retraite sans ordre est punie |
| 23 août 1942 | Bombardement massif de la ville par la Luftwaffe ; les Allemands atteignent la Volga au nord |
| Septembre – novembre 1942 | Combats de rue : les Allemands conquièrent environ 90 % de la ville |
| 19 novembre 1942 | Opération Uranus : offensive soviétique contre les flancs tenus par les Roumains |
| 23 novembre 1942 | Jonction des pinces soviétiques à Kalatch : la 6e armée est encerclée |
| Décembre 1942 | Échec de la tentative de dégagement du maréchal Manstein |
| 10 janvier 1943 | Offensive finale soviétique, opération « Anneau » |
| 31 janvier 1943 | Paulus, promu maréchal la veille, se rend dans le sud de la poche |
| 2 février 1943 | Reddition des dernières troupes, au nord |
La guerre des rats
Dans une ville réduite en ruines, la bataille devient une lutte d’immeuble à immeuble, d’étage à étage, que les soldats allemands appellent la « guerre des rats » (Rattenkrieg). Les Soviétiques de Vassili Tchouïkov pratiquent l'« étreinte » : rester au plus près de l’ennemi pour neutraliser son aviation et son artillerie. Les renforts traversent la Volga de nuit, sous le feu.
Les lieux des combats sont restés célèbres : la colline Mamaïev Kourgan, plusieurs fois prise et reprise ; les usines Tracteurs, Barricades et Octobre rouge ; la maison Pavlov, immeuble tenu près de deux mois par une poignée de soldats. Les tireurs d’élite, comme Vassili Zaïtsev, deviennent des héros de la propagande.
L’opération Uranus et l’encerclement
Hitler interdit à Paulus de tenter une sortie. Göring promet de ravitailler la poche par avion, mais la Luftwaffe n’apporte qu’une fraction des 500 tonnes quotidiennes nécessaires. Les soldats encerclés meurent de froid, de faim et de maladie, par des températures pouvant descendre sous les -30 °C. La tentative de dégagement de Manstein, en décembre, s’arrête à une cinquantaine de kilomètres.
Le 30 janvier, Hitler élève Paulus au rang de maréchal, en lui rappelant implicitement qu’aucun maréchal allemand ne s’était jamais rendu. Paulus capitule le lendemain.
Les conséquences
- Militaires : la Wehrmacht perd une armée entière ; elle doit évacuer le Caucase. Après Koursk, à l’été 1943, l’initiative passe définitivement à l’Armée rouge.
- Psychologiques : pour la première fois, une grande armée allemande capitule. En Allemagne, trois jours de deuil national sont décrétés ; dans les pays occupés, l’espoir change de camp.
- Politiques : le prestige de l'URSS et de Staline s’accroît auprès des Alliés et des résistants, y compris en France.
- Humaines : la population civile de la ville, qui n’avait pas été évacuée à temps, subit des pertes considérables, dont le nombre exact reste inconnu.
Mémoire
La ville est rebaptisée Volgograd en 1961, dans le cadre de la déstalinisation. Sur le Mamaïev Kourgan, une statue monumentale, La Mère-Patrie appelle !, haute de 85 m avec son épée, est inaugurée en 1967. À Paris, une station de métro et une place portent le nom de Stalingrad.
Questions fréquentes
Pourquoi la bataille de Stalingrad est-elle un tournant ?
C’est la première grande défaite allemande où une armée entière est détruite. Elle marque la fin de l’avancée de l’Axe en URSS et le début de la reconquête soviétique.
Combien de morts à Stalingrad ?
Les estimations varient beaucoup. Avec les blessés et les prisonniers, les pertes dépassent le million pour l’Armée rouge et atteignent plusieurs centaines de milliers pour l’Axe, sans compter les civils.
Comment s’appelle Stalingrad aujourd’hui ?
Volgograd, depuis 1961. Avant 1925, la ville s’appelait Tsaritsyne.
Qui commandait l’armée allemande à Stalingrad ?
Le général Friedrich Paulus, promu maréchal le 30 janvier 1943, la veille de sa capitulation.