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Histoire · XXe siècle

Gorbatchev

Mikhaïl Gorbatchev (1931–2022) dirige l’URSS de 1985 à 1991. Ses réformes, la perestroïka et la glasnost, mettent fin à la guerre froide mais précipitent la disparition de l’Union soviétique.

Mis à jour le 4 min de lecture

Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev, né le 2 mars 1931 à Privolnoïe, dans la région de Stavropol, et mort le 30 août 2022 à Moscou, est le dernier dirigeant de l'Union soviétique. Arrivé au pouvoir en 1985 pour sauver un système à bout de souffle, il lance des réformes économiques et politiques, ouvre le dialogue avec l’Occident et laisse les pays d’Europe de l’Est se libérer du communisme. Dépassé par les forces qu’il a libérées, il démissionne le 25 décembre 1991, la veille de la dissolution de l’URSS. Admiré en Occident, prix Nobel de la paix 1990, il reste très impopulaire en Russie.

Fiche d’identité

RepèreDonnée
Originefamille paysanne du Caucase du Nord ; grands-pères victimes des purges
Formationdroit à l’université de Moscou, puis agronomie
ÉpouseRaïssa Titarenko, morte en 1999
Fonctionssecrétaire général du Parti communiste (11 mars 1985 – août 1991), président de l’URSS (mars 1990 – décembre 1991)
Distinctionprix Nobel de la paix (1990)
Démission25 décembre 1991
Mort30 août 2022, à Moscou

Un apparatchik réformateur

Gorbatchev gravit les échelons du parti dans la région de Stavropol, puis entre au Politburo en 1980, protégé par Iouri Andropov. À la mort de Konstantin Tchernenko, il est élu secrétaire général le 11 mars 1985, à 54 ans : il est de loin le plus jeune membre de la direction. L’URSS est alors frappée par la stagnation économique, l’enlisement en Afghanistan et une course aux armements ruineuse.

Perestroïka et glasnost

DateRéforme ou événement
1985Campagne contre l’alcoolisme, très impopulaire
26 avril 1986Catastrophe de Tchernobyl, dont la gestion initiale opaque accélère la glasnost
Décembre 1986Libération de l’exil intérieur du dissident Andreï Sakharov
1987 – 1988Lois sur l’entreprise d’État et sur les coopératives
Mars 1989Élections au Congrès des députés du peuple, les premières avec plusieurs candidats
Mars 1990Fin du rôle dirigeant du Parti communiste inscrit dans la Constitution

Les réformes économiques, à mi-chemin entre plan et marché, désorganisent la production sans créer d’économie de marché : pénuries, inflation et baisse du niveau de vie s’aggravent. La liberté d’expression nouvelle fait surgir les critiques du régime et les revendications nationales des républiques.

La fin de la guerre froide

Gorbatchev rompt avec la confrontation et prône une « nouvelle pensée » en politique étrangère.

  • 1985 – 1986 : sommets avec Ronald Reagan à Genève et à Reykjavik.
  • Décembre 1987 : traité FNI sur l’élimination des missiles nucléaires de portée intermédiaire en Europe, premier accord à supprimer une catégorie entière d’armes nucléaires.
  • Février 1989 : fin du retrait soviétique d'Afghanistan.
  • 1989 : l’URSS laisse les pays d’Europe de l’Est choisir leur voie ; le mur de Berlin tombe le 9 novembre sans intervention soviétique. Voir la chute du mur de Berlin.
  • 1990 : accord sur la réunification allemande, effective le 3 octobre 1990.

L’éclatement de l’URSS

Les républiques baltes, puis d’autres, réclament leur indépendance. En janvier 1991, l’intervention de troupes à Vilnius (Lituanie) fait 14 morts. Gorbatchev négocie un nouveau traité d’union pour transformer l’URSS en fédération plus souple.

Le 19 août 1991, la veille de sa signature, des conservateurs du parti, de l’armée et du KGB tentent un putsch et assignent Gorbatchev à résidence dans sa datcha de Foros, en Crimée. Boris Eltsine, président de la Russie élu au suffrage universel, mène la résistance à Moscou, debout sur un char. Le coup d’État échoue en trois jours, mais Gorbatchev revient affaibli : le pouvoir est passé à Eltsine et aux républiques.

Le 8 décembre 1991, la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie constatent la fin de l’URSS et créent la Communauté des États indépendants. Gorbatchev annonce sa démission à la télévision le 25 décembre 1991 ; le drapeau rouge est descendu du Kremlin le soir même.

Après le pouvoir

Gorbatchev crée une fondation, préside des organisations écologistes et se présente à l’élection présidentielle russe de 1996, où il obtient moins de 1 % des voix. Il meurt en 2022, à 91 ans.

Un héritage contrasté

En OccidentEn Russie
L’homme qui a mis fin à la guerre froide sans violenceLe responsable de l’effondrement de l’URSS
Libérateur de l’Europe de l’EstAssocié à la crise économique et aux pénuries
Prix Nobel de la paixSouvent jugé faible ou naïf

Les historiens soulignent qu’il a refusé d’employer la force à grande échelle pour sauver l’empire, ce qui distingue la fin de l’URSS de celle de beaucoup d’empires.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la perestroïka ?

La « reconstruction » : programme de réformes économiques et politiques lancé par Gorbatchev à partir de 1985 pour moderniser le système soviétique.

Pourquoi Gorbatchev a-t-il reçu le prix Nobel de la paix ?

En 1990, pour son rôle dans la fin de la guerre froide, le désarmement et la libération pacifique de l’Europe de l’Est.

Gorbatchev a-t-il voulu la fin de l’URSS ?

Non. Il voulait réformer et préserver l’Union, mais ses réformes ont libéré des forces nationales et politiques qu’il n’a pu contrôler.

Quand l’URSS a-t-elle disparu ?

Officiellement le 26 décembre 1991, au lendemain de la démission de Gorbatchev.

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