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Histoire · XXe siècle

Les accords de Munich

Les accords de Munich, signés dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938 par l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France, livrent à Hitler la région des Sudètes en Tchécoslovaquie, sans consulter les Tchécoslovaques.

Mis à jour le 3 min de lecture

Les accords de Munich sont conclus le 30 septembre 1938 (signés vers 1 h du matin) entre Adolf Hitler (Allemagne), Benito Mussolini (Italie), Neville Chamberlain (Royaume-Uni) et Édouard Daladier (France). Pour éviter une guerre, Londres et Paris acceptent que l’Allemagne annexe les Sudètes, régions de Tchécoslovaquie peuplées en majorité d’Allemands. La Tchécoslovaquie, pourtant alliée de la France, n’est pas invitée à la négociation. Symbole de la politique d’apaisement, Munich n’empêche pas la guerre : elle éclate moins d’un an plus tard.

Le contexte : les coups de force d’Hitler

DateCoup de force
Mars 1935Rétablissement du service militaire obligatoire, contraire au traité de Versailles
Mars 1936Remilitarisation de la Rhénanie
12-13 mars 1938Anschluss : annexion de l’Autriche
Septembre 1938Crise des Sudètes

Dans les Sudètes vivent environ 3 millions d’Allemands. Le parti de Konrad Henlein, soutenu par Berlin, réclame d’abord l’autonomie puis le rattachement au Reich. Hitler menace d’envahir la Tchécoslovaquie. Or la France est liée à la Tchécoslovaquie par un traité d’alliance (1925), et l’URSS par un pacte (1935). Une guerre européenne paraît imminente en septembre 1938.

La négociation

Chamberlain se rend deux fois en Allemagne (Berchtesgaden le 15 septembre, Bad Godesberg le 22) ; Hitler durcit ses exigences. Sur proposition de Mussolini, une conférence réunit les quatre chefs de gouvernement à Munich les 29 et 30 septembre. Ni la Tchécoslovaquie ni l’URSS n’y participent.

Le contenu des accords

  • les troupes allemandes occupent les Sudètes par étapes, du 1er au 10 octobre 1938 ;
  • une commission internationale fixe la frontière définitive ;
  • le Royaume-Uni et la France promettent de garantir les nouvelles frontières de la Tchécoslovaquie.

Le même jour, Chamberlain et Hitler signent une déclaration britannico-allemande promettant de ne plus jamais se faire la guerre. La Tchécoslovaquie, abandonnée, doit accepter. Elle perd environ un tiers de sa population, ses fortifications frontalières et une partie de son industrie. La Pologne et la Hongrie en profitent pour annexer d’autres territoires.

Pourquoi l’apaisement ?

Les dirigeants britanniques et français cèdent pour plusieurs raisons :

  1. Le pacifisme des opinions, marquées par les morts de 1914-1918.
  2. Le retard militaire, surtout aérien, face à l’Allemagne réarmée.
  3. L’idée que les revendications d’Hitler sont limitées : réunir les Allemands, selon le droit des peuples.
  4. La méfiance envers l’URSS, qui pousse à écarter Staline.
  5. L’absence du soutien américain et l’impuissance de la Société des Nations.

Les réactions

À leur retour, Chamberlain et Daladier sont acclamés par des foules soulagées. Chamberlain parle de « paix pour notre temps ». À la Chambre des députés, les accords sont approuvés à une très large majorité ; seuls les communistes et quelques députés votent contre. Daladier aurait été lucide sur la portée réelle de l’accord, mais les témoignages sur ses propos à l’arrivée au Bourget sont incertains.

Des voix s’élèvent : au Royaume-Uni, Winston Churchill dénonce une défaite totale. En France, on parle alors de « munichois » (partisans de l’accord) et d'« antimunichois ».

Les conséquences

  • Mars 1939 : Hitler viole l’accord et occupe le reste de la Bohême-Moravie ; la Slovaquie devient un État satellite. Londres et Paris comprennent que l’apaisement a échoué et garantissent la Pologne.
  • Août 1939 : Staline, écarté à Munich, signe le pacte germano-soviétique avec Hitler (23 août).
  • 1er septembre 1939 : l’Allemagne envahit la Pologne ; le 3 septembre, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre. C’est le début de la Seconde Guerre mondiale.

Questions fréquentes

Qui a signé les accords de Munich ?

Hitler pour l’Allemagne, Mussolini pour l’Italie, Chamberlain pour le Royaume-Uni et Daladier pour la France.

Pourquoi la Tchécoslovaquie n’était-elle pas présente ?

Hitler refusait de négocier avec elle, et Londres et Paris ont accepté de régler son sort sans elle. Les Tchèques parlent de « trahison de Munich ».

Les accords de Munich ont-ils retardé la guerre ?

Ils l’ont retardée d’un an. Les historiens débattent : ce délai a permis au Royaume-Uni de renforcer son aviation, mais l’Allemagne en a aussi profité, et la France a perdu l’allié tchécoslovaque et son armée.

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