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Littérature · Auteurs

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire (1821-1867) est un poète français, auteur des Fleurs du mal (1857) et du Spleen de Paris. Entre romantisme et symbolisme, il est considéré comme le fondateur de la poésie moderne.

Mis à jour le 4 min de lecture

Charles Baudelaire, né le 9 avril 1821 à Paris et mort le 31 août 1867 dans la même ville, est l’une des figures majeures de la poésie mondiale. Son recueil Les Fleurs du mal (1857), condamné pour immoralité l’année de sa parution, a ouvert la voie au symbolisme et à toute la poésie moderne. Critique d’art, traducteur d’Edgar Allan Poe, inventeur du poème en prose moderne, il a fait de la ville, de l’ennui et du mal des sujets poétiques. Rimbaud l’appelait « le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu ».

Biographie

DateÉvénement
1821Naissance à Paris ; son père, François Baudelaire, a 62 ans
1827Mort de son père
1828Sa mère épouse le commandant (futur général) Aupick, que Charles détestera
1839Renvoyé du lycée Louis-le-Grand ; obtient tout de même son baccalauréat
1841-1842Sa famille l’envoie en voyage vers les Indes ; il s’arrête à l’île Maurice et à La Réunion
1842Majeur, il hérite de son père et rencontre Jeanne Duval, sa maîtresse durant vingt ans
1844Ayant dilapidé la moitié de son héritage, il est placé sous conseil judiciaire : il vivra de petites mensualités toute sa vie
1845-1846Salons, critiques d’art
1848Participe aux barricades de février et de juin
1848-1865Traduit les œuvres d’Edgar Allan Poe
1857Les Fleurs du mal ; procès et condamnation
1860Les Paradis artificiels
1861Deuxième édition des Fleurs du mal, augmentée de 35 poèmes
1863Le Peintre de la vie moderne, sur Constantin Guys
1864-1866Séjour en Belgique
1866Attaque cérébrale à Namur ; il reste aphasique
1867Mort à Paris ; inhumé au cimetière du Montparnasse
1869Publication posthume des Petits poèmes en prose (Le Spleen de Paris)

Les Fleurs du mal et le procès

Publié par Auguste Poulet-Malassis le 25 juin 1857, le recueil est poursuivi pour « outrage à la morale publique ». Le 20 août 1857, Baudelaire est condamné à 300 francs d’amende (réduits à 50 après une supplique à l’impératrice) et doit retirer six poèmes jugés obscènes. La condamnation ne sera annulée par la Cour de cassation qu’en 1949. Le recueil est présenté en détail dans la fiche Les Fleurs du mal.

Le Spleen de Paris

Les Petits poèmes en prose, publiés après sa mort sous le titre Le Spleen de Paris (1869), réunissent 50 textes. Dans la dédicace à Arsène Houssaye, Baudelaire rêve d'« une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme ». Il reconnaît sa dette envers Gaspard de la Nuit d’Aloysius Bertrand. Les poèmes en prose décrivent la grande ville, les pauvres, les foules (« Les Foules », « Le Mauvais Vitrier », « Les Yeux des pauvres »).

Les grands thèmes

Spleen et idéal

Le poète est tiraillé entre deux pôles : l'idéal (la beauté, l’amour, l’élévation spirituelle) et le spleen (l’ennui, l’angoisse, le sentiment d’enfermement et du temps qui détruit). Le mot anglais spleen (« rate », siège supposé de la mélancolie) devient chez lui un terme poétique.

La modernité et la ville

Baudelaire invente la poésie de la grande ville : Paris transformé par Haussmann, ses foules, ses marginaux (« Les Petites Vieilles », « Les Sept Vieillards »). Dans Le Peintre de la vie moderne, il définit la modernité : « le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable ».

La beauté du mal

« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or », écrit-il dans un projet d’épilogue. Le poète transforme la laideur, la mort, la charogne en beauté (« Une charogne »). C’est le sens du titre : faire naître des fleurs du mal.

Les correspondances

Le sonnet « Correspondances » pose que la nature est une « forêt de symboles » et que « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Cette idée fonde l’esthétique symboliste.

Le poète maudit

« L’Albatros » compare le poète à l’oiseau majestueux en vol mais ridicule sur le pont du navire : « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »

Le style de Baudelaire

  • La forme classique : alexandrins, sonnets, rimes riches, souvent au service de sujets choquants.
  • Les synesthésies : mélange des sensations.
  • L’allégorie : le Spleen, l’Ennui, le Temps, l’Espoir deviennent des personnages.
  • Le contraste entre le sublime et le trivial.
  • L’apostrophe au lecteur : « Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère ! » (« Au lecteur »).

Baudelaire critique

Critique d’art majeur (Salons de 1845, 1846, 1859), il admire Delacroix, défend Wagner (Richard Wagner et Tannhäuser à Paris, 1861) et Manet. Il se méfie de la photographie et de la croyance au progrès.

Questions fréquentes

Quelle est l’œuvre principale de Baudelaire ?

Les Fleurs du mal (1857, édition augmentée en 1861), à laquelle s’ajoute le recueil de poèmes en prose Le Spleen de Paris (1869).

Pourquoi Baudelaire a-t-il été condamné ?

En 1857, la justice a jugé six poèmes des Fleurs du mal contraires aux bonnes mœurs. Il a dû payer une amende et les retirer du recueil.

Qu’est-ce que le spleen chez Baudelaire ?

Un état d’ennui profond, de mélancolie et d’angoisse, opposé à l’idéal. Quatre poèmes des Fleurs du mal portent ce titre.

À quel mouvement appartient Baudelaire ?

Il est à la croisée des chemins : héritier du romantisme, proche du Parnasse (il dédie son recueil à Théophile Gautier) et précurseur du symbolisme.

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