Histoire · Histoire de France
Louis XVI
Louis XVI (1754-1793) est le dernier roi de France de l’Ancien Régime. Roi de 1774 à 1792, il ne parvient pas à réformer les finances, affronte la Révolution, tente de fuir en 1791 et est guillotiné le 21 janvier 1793.
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Louis XVI (1754-1793), petit-fils de Louis XV, règne de 1774 à 1792. Roi instruit, passionné de géographie, de serrurerie et de chasse, mais indécis, il hérite d’un État lourdement endetté que ses ministres ne parviennent pas à réformer face à l’opposition des privilégiés. La convocation des États généraux en 1789 ouvre la Révolution française. Devenu roi constitutionnel, il tente de fuir en juin 1791, est suspendu le 10 août 1792, jugé par la Convention et guillotiné le 21 janvier 1793 place de la Révolution, actuelle place de la Concorde.
Repères
| Date | Événement |
|---|---|
| 23 août 1754 | Naissance à Versailles, fils du dauphin Louis-Ferdinand |
| 1765 | Devient dauphin à la mort de son père |
| 16 mai 1770 | Mariage avec l’archiduchesse Marie-Antoinette |
| 10 mai 1774 | Devient roi à la mort de Louis XV |
| 11 juin 1775 | Sacre à Reims |
| 1774-1776 | Ministère Turgot |
| 1778 | Alliance avec les insurgés américains |
| 1787 | Édit de tolérance pour les protestants |
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux |
| 5-6 octobre 1789 | La famille royale est ramenée de Versailles à Paris |
| 20-21 juin 1791 | Fuite et arrestation à Varennes |
| 10 août 1792 | Prise des Tuileries ; le roi est suspendu |
| 21 septembre 1792 | Abolition de la royauté |
| Décembre 1792-janvier 1793 | Procès devant la Convention |
| 21 janvier 1793 | Exécution |
Un roi réformateur entravé
Louis XVI appelle Turgot au contrôle général des finances (1774-1776) : liberté du commerce des grains, suppression des corvées et des corporations. Ces réformes heurtent les privilégiés et les parlements, que le roi avait rappelés en 1774 ; Turgot est renvoyé. Necker (1777-1781) finance la guerre par l’emprunt et publie en 1781 un Compte rendu au roi qui rend publiques les finances de l’État.
Le règne connaît d’autres réformes : abolition de la servitude dans le domaine royal (1779), suppression de la question (torture judiciaire) préparatoire en 1780 et préalable en 1788, édit de tolérance (1787) qui rend un état civil aux protestants. Louis XVI patronne l’expédition de La Pérouse (1785).
La guerre d’Amérique et la faillite
Le soutien aux insurgés américains contre la Grande-Bretagne (voir révolution américaine) offre à la France une revanche sur la guerre de Sept Ans, consacrée par le traité de Versailles (1783), mais il coûte plus d’un milliard de livres, financé par l’emprunt. En 1786, le contrôleur général Calonne annonce que l’État ne peut plus faire face. Ses projets d’impôt universel, puis ceux de Loménie de Brienne, échouent devant l’assemblée des notables et les parlements. Le roi doit convoquer les États généraux.
Le roi et la Révolution
Louis XVI hésite entre concessions et résistance. Après la prise de la Bastille, il accepte la cocarde tricolore ; mais il tarde à sanctionner les décrets d’août 1789 et la Déclaration des droits de l’homme. Les 5 et 6 octobre 1789, des Parisiennes marchent sur Versailles et ramènent la famille royale aux Tuileries.
Catholique sincère, il souffre de la Constitution civile du clergé (1790), condamnée par le pape. Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, la famille royale s’enfuit déguisée vers la place forte de Montmédy ; reconnue, elle est arrêtée à Varennes-en-Argonne et ramenée à Paris. La confiance est brisée. Le roi accepte néanmoins la Constitution de septembre 1791, qui lui donne un droit de veto suspensif.
La chute de la monarchie
Le roi fait usage de son veto contre des décrets visant les prêtres réfractaires et les émigrés, ce qui lui vaut le surnom de « Monsieur Veto ». La guerre déclarée à l’Autriche en avril 1792 tourne mal ; le manifeste de Brunswick, qui menace Paris, provoque l’insurrection du 10 août 1792 : les Tuileries sont prises, le roi est suspendu et enfermé avec sa famille dans la tour du Temple. La Convention abolit la royauté le 21 septembre 1792.
Le procès et l’exécution
La découverte de l'armoire de fer aux Tuileries (novembre 1792), contenant sa correspondance secrète, accable « Louis Capet ». Le procès s’ouvre devant la Convention en décembre 1792 ; le roi est défendu par Malesherbes, Tronchet et de Sèze. Les députés le déclarent coupable de conspiration contre la liberté de la nation à une très large majorité ; l'appel au peuple est rejeté, puis la mort est votée, à une faible majorité selon les modes de décompte (387 voix contre 334 dans le décompte habituellement cité), et le sursis est refusé le 19 janvier.
Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné place de la Révolution, assisté de son confesseur, l’abbé Edgeworth de Firmont. Son corps est inhumé au cimetière de la Madeleine ; ses restes présumés sont transférés à la basilique de Saint-Denis en 1815. Son fils, Louis XVII, meurt au Temple en 1795 ; ses frères régneront sous les noms de Louis XVIII et Charles X (voir Restauration).
Questions fréquentes
Pourquoi Louis XVI a-t-il été exécuté ?
La Convention l’a jugé coupable de conspiration contre la liberté et d’attentat contre la sûreté de l’État, en raison notamment de sa fuite à Varennes et de sa correspondance avec les puissances étrangères en guerre contre la France.
Quelles ont été les dernières paroles de Louis XVI ?
Sur l’échafaud, il a commencé à déclarer qu’il mourait innocent et pardonnait à ses ennemis, avant qu’un roulement de tambours ne couvre sa voix. Les formulations exactes varient selon les témoins.
Pourquoi l’appelait-on Louis Capet ?
Par référence à Hugues Capet, fondateur de la dynastie : les révolutionnaires, refusant le titre royal, lui donnèrent ce nom de famille lors de sa détention et de son procès.