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Histoire · Histoire de France

Hugues Capet

Hugues Capet (vers 940-996) est le duc des Francs élu roi en 987 à la mort du dernier Carolingien, Louis V. Fondateur de la dynastie capétienne, il règne de 987 à 996.

Mis à jour le 4 min de lecture

Hugues Capet (vers 940-996) est le roi des Francs dont l’élection, en 987, marque traditionnellement le début de l’histoire de la France capétienne. Puissant duc des Francs mais roi à l’autorité limitée, il doit sa couronne à l’appui de l’archevêque de Reims et des grands du royaume. Son coup de génie politique est de faire sacrer son fils Robert dès la fin de 987 : la couronne restera dans sa famille pendant plus de huit siècles, à travers les Capétiens directs, les Valois et les Bourbons.

Une famille déjà royale : les Robertiens

Hugues appartient à la famille des Robertiens, du nom de son ancêtre Robert le Fort, mort en 866 en combattant les Vikings. Cette famille a déjà donné deux rois à la Francie occidentale, en alternance avec les Carolingiens :

RobertienLien avec HuguesRègne
Eudes, comte de ParisGrand-oncle888-898
Robert IerGrand-père922-923
Hugues le Grand, duc des FrancsPère (mort en 956)Jamais roi

Sa mère, Hedwige, est la sœur de l’empereur germanique Otton Ier. À la mort de son père, Hugues hérite du titre de duc des Francs et de vastes domaines en Île-de-France et dans l’Orléanais, ainsi que d’abbayes prestigieuses, dont Saint-Martin de Tours et Saint-Denis.

L’élection de 987

Le jeune roi carolingien Louis V meurt d’un accident de chasse en mai 987, sans enfant. Le seul héritier carolingien est son oncle Charles, duc de Basse-Lorraine, vassal de l’empereur germanique et peu apprécié des grands. Réunis à Senlis, ceux-ci élisent Hugues sur la proposition de l’archevêque Adalbéron de Reims, conseillé par l’écolâtre Gerbert d’Aurillac. Selon le chroniqueur Richer, Adalbéron aurait soutenu que la royauté ne s’acquiert pas par droit héréditaire mais par la noblesse, la sagesse et la foi du candidat.

Hugues est sacré le 3 juillet 987, probablement à Noyon (certaines sources indiquent Reims). Il ne règne pas sur la « France » au sens moderne : son titre est rex Francorum, roi des Francs.

Associer son fils au trône

Dès l’automne 987, Hugues obtient des grands l’élection de son fils Robert, sacré à Orléans le 25 décembre 987. Le prétexte est une expédition prévue en Espagne, où le roi pourrait mourir. L’effet est décisif : à la mort d’Hugues, Robert est déjà roi, et la question de l’élection ne se pose pas. Ses successeurs pratiqueront cette association au trône jusqu’à Louis VII, qui fait sacrer Philippe Auguste en 1179.

Un pouvoir contesté

Charles de Lorraine

Le prétendant carolingien s’empare de Laon en 988, puis de Reims en 989, avec la complicité d’Arnoul, nouvel archevêque de Reims et bâtard carolingien. Hugues ne parvient pas à reprendre Laon par les armes. La situation se dénoue en 991 par trahison : l’évêque de Laon, Adalbéron (dit Ascelin), livre Charles et Arnoul au roi. Charles meurt en captivité quelques années plus tard.

Un roi parmi les princes

Le domaine que le roi contrôle réellement se limite à quelques comtés autour de Paris, Senlis, Orléans et Dreux. Les grands vassaux — ducs de Normandie, d’Aquitaine, de Bourgogne, comtes de Flandre, de Blois, d’Anjou — agissent en princes indépendants. Une anecdote tardive prête au comte de Périgord Adalbert la réplique « Qui t’a fait roi ? » en réponse à la question « Qui t’a fait comte ? » : elle illustre la faiblesse royale, mais son authenticité est douteuse.

La force d’Hugues tient ailleurs : au sacre, qui fait de lui un personnage religieux, à l’appui des évêques et des grandes abbayes, et à sa position de suzerain dans la hiérarchie féodale.

Mort et héritage

Hugues Capet meurt le 24 octobre 996 et est inhumé à la basilique de Saint-Denis. Son fils Robert II le Pieux lui succède sans difficulté. En faisant de la succession de père en fils une habitude, il a fondé la dynastie la plus durable d’Europe : de 987 à 1848, tous les rois de France descendent de lui en ligne masculine.

En 1987, le millénaire capétien a été commémoré en France ; il est à l’origine de l’usage scolaire qui fait de 987 une des dates clés de l’histoire de France.

Questions fréquentes

D’où vient le surnom Capet ?

Probablement de la cappa, la chape ecclésiastique, qu’Hugues portait comme abbé laïc de Saint-Martin de Tours, dont le saint patron partageait son manteau. Le surnom n’est attesté qu’au XIe siècle et s’est appliqué à toute la dynastie.

Hugues Capet est-il le premier roi de France ?

C’est le premier roi de la dynastie capétienne, mais pas le premier roi des Francs : Clovis, les Mérovingiens, les Carolingiens et même deux Robertiens l’ont précédé. Voir la liste des rois de France.

Pourquoi Hugues Capet a-t-il été élu plutôt que Charles de Lorraine ?

Charles était vassal de l’empereur germanique, impopulaire auprès des grands et en conflit avec l’archevêque de Reims. Hugues était le plus puissant prince du nord du royaume et avait le soutien de l’Église.

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