Histoire · Histoire de France
La bataille de Verdun
La bataille de Verdun oppose les armées française et allemande du 21 février au 18 décembre 1916, dans la Meuse. Elle fait environ 300 000 morts et devient le symbole de la Grande Guerre.
Mis à jour le 4 min de lecture
La bataille de Verdun est l’une des plus longues et des plus meurtrières de la Première Guerre mondiale. Lancée par l’armée allemande le 21 février 1916 contre la région fortifiée de Verdun, sur la Meuse, elle se poursuit pendant 300 jours, jusqu’au 18 décembre 1916, sur un front de quelques dizaines de kilomètres. Les Français, commandés par Pétain puis par Nivelle, résistent puis reprennent l’essentiel du terrain perdu. Le bilan est d’environ 300 000 morts (163 000 Français et 143 000 Allemands selon les estimations courantes) et de plus de 700 000 tués, blessés et disparus au total.
Pourquoi Verdun ?
En 1916, le front occidental est figé dans les tranchées. Le chef d’état-major allemand Erich von Falkenhayn choisit d’attaquer Verdun, saillant du front français entouré de forts, proche des voies de communication allemandes. Selon le mémoire qu’il rédigea après la guerre, l’objectif était de « saigner à blanc » l’armée française en l’obligeant à défendre une position à laquelle elle ne pouvait renoncer ; les historiens discutent de la part de reconstruction après coup de cette intention. Les forts de Verdun avaient en partie été désarmés en 1915, au profit d’autres secteurs.
Les grandes phases
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 février 1916 | Bombardement massif puis attaque allemande sur la rive droite de la Meuse |
| 22 février 1916 | Mort du lieutenant-colonel Driant au bois des Caures |
| 25 février 1916 | Prise du fort de Douaumont par les Allemands |
| 25-26 février 1916 | Pétain prend le commandement du secteur |
| Mars-mai 1916 | Combats sur la rive gauche : Mort-Homme, cote 304 |
| 10 avril 1916 | Ordre du jour de Pétain : « Courage… on les aura ! » |
| 1er mai 1916 | Nivelle remplace Pétain, promu à la tête du groupe d’armées du Centre |
| 7 juin 1916 | Chute du fort de Vaux, après une semaine de résistance |
| 23 juin 1916 | Offensive allemande sur Fleury et Thiaumont ; emploi de gaz au phosgène |
| 1er juillet 1916 | Début de la bataille de la Somme, qui soulage Verdun |
| 11-12 juillet 1916 | Dernière grande attaque allemande, arrêtée devant le fort de Souville |
| 24 octobre 1916 | Reprise du fort de Douaumont par les troupes de Mangin |
| 2 novembre 1916 | Reprise du fort de Vaux |
| 15-18 décembre 1916 | Offensive française finale ; fin de la bataille |
L’enfer de Verdun
La bataille est d’abord une bataille d’artillerie : des dizaines de millions d’obus tombent sur quelques dizaines de kilomètres carrés, transformant le sol en un paysage lunaire de cratères. Les soldats combattent dans des trous d’obus plus que dans des tranchées continues, sous les bombardements, dans la boue, au milieu des cadavres, souvent sans ravitaillement en eau ni nourriture. Neuf villages sont détruits ; six n’ont jamais été reconstruits et sont officiellement « morts pour la France ».
La Voie sacrée et la noria
Verdun n’est reliée à l’arrière que par une route départementale venant de Bar-le-Duc et une voie ferrée étroite. Pétain organise un flux continu de camions sur cette route, surnommée plus tard la Voie sacrée par Maurice Barrès : plusieurs milliers de véhicules y circulent jour et nuit, transportant hommes, munitions et vivres, tandis que des territoriaux empierrent la chaussée en permanence.
Pétain impose aussi la noria : les divisions sont relevées après quelques jours de combat. Ainsi, environ 70 % des divisions de l’armée française passent par Verdun, ce qui explique la place de la bataille dans la mémoire nationale.
Le bilan
| France | Allemagne | |
|---|---|---|
| Morts et disparus (estimations courantes) | Environ 163 000 | Environ 143 000 |
| Total des pertes (tués, blessés, disparus) | Environ 380 000 | Environ 340 000 |
Sur le plan militaire, Verdun s’achève presque sur les positions de départ. Aucun des deux camps n’a atteint ses objectifs, mais la France n’a pas cédé : Verdun devient le symbole de la ténacité française.
La mémoire de Verdun
- L'ossuaire de Douaumont, inauguré en 1932, conserve les restes d’environ 130 000 soldats non identifiés, français et allemands ; devant lui, la nécropole nationale compte plus de 16 000 tombes.
- La tranchée des Baïonnettes et les forts de Douaumont et de Vaux sont des lieux de mémoire.
- Le 22 septembre 1984, le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl se tiennent la main devant l’ossuaire, geste de réconciliation franco-allemande (voir construction européenne).
- La gloire acquise par Pétain à Verdun explique en partie la confiance qui lui est accordée en 1940, lorsqu’il devient le chef du régime de Vichy.
Questions fréquentes
Combien de temps a duré la bataille de Verdun ?
300 jours, du 21 février au 18 décembre 1916. C’est la plus longue bataille de la Première Guerre mondiale sur le front occidental.
Combien de morts à Verdun ?
Environ 300 000 morts et disparus, français et allemands, selon les estimations les plus courantes, pour plus de 700 000 tués, blessés et disparus au total. Les chiffres exacts restent discutés.
Qui a gagné la bataille de Verdun ?
Les Français, au sens où l’armée allemande n’a pas pris Verdun et a perdu presque tout le terrain conquis. Mais le coût humain a été si élevé pour les deux camps qu’on la présente souvent comme une bataille sans vainqueur.
Verdun est-elle la bataille la plus meurtrière de 1914-1918 ?
Non : la bataille de la Somme (juillet-novembre 1916) a fait davantage de victimes au total, plus d’un million de tués, blessés et disparus. Verdun reste la plus longue et la plus emblématique pour la France.