Histoire · Histoire de France
Le cardinal de Richelieu
Le cardinal de Richelieu (1585-1642) est le principal ministre de Louis XIII de 1624 à sa mort. Il renforce l’autorité royale, brise la puissance protestante et combat les Habsbourg.
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Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642), est le principal ministre du roi Louis XIII de 1624 à sa mort, le 4 décembre 1642. Il a, selon la formule qu’on lui prête dans son Testament politique, voulu « ruiner le parti huguenot, rabaisser l’orgueil des grands » et « relever le nom du roi » parmi les nations. Siège de La Rochelle, répression des complots, entrée dans la guerre de Trente Ans, création de l’Académie française : son action prépare la monarchie absolue de Louis XIV.
Repères
| Date | Événement |
|---|---|
| 9 septembre 1585 | Naissance à Paris |
| 1607 | Évêque de Luçon |
| 1614-1615 | Orateur du clergé aux États généraux |
| 1622 | Nommé cardinal |
| 1624 | Entre au Conseil du roi, dont il devient le chef |
| 1626 | Édit contre les duels ; complot de Chalais |
| 1627-1628 | Siège de La Rochelle |
| 1629 | Paix d’Alès avec les protestants |
| 10-11 novembre 1630 | Journée des Dupes |
| 1632 | Exécution du duc de Montmorency |
| 1635 | Fondation de l’Académie française ; déclaration de guerre à l’Espagne |
| 1636 | Prise de Corbie par les Espagnols, reprise la même année |
| 1642 | Complot de Cinq-Mars ; mort de Richelieu à Paris |
De l’évêché de Luçon au Conseil du roi
Issu d’une famille de petite noblesse du Poitou, Armand du Plessis se destine d’abord au métier des armes, puis reprend l’évêché de Luçon, attribué à sa famille. Remarqué aux États généraux de 1614, il entre dans l’entourage de la reine mère Marie de Médicis. Après une période de disgrâce, il devient cardinal en 1622 et entre au Conseil en avril 1624, où il s’impose rapidement comme principal ministre.
La relation avec Louis XIII est un partenariat : le roi, souvent présenté à tort comme effacé, approuve et soutient la politique de son ministre, qui ne gouverne que par sa confiance.
Ruiner le parti protestant
Depuis l'édit de Nantes, les protestants disposent de places fortes. Après plusieurs révoltes, Richelieu dirige en personne le siège de La Rochelle (1627-1628) : une digue de plus d’un kilomètre ferme le port et empêche la flotte anglaise de ravitailler la ville. Après quatorze mois, la ville affamée capitule en octobre 1628 ; sa population a été réduite de plus des deux tiers. La paix d’Alès (1629) retire aux protestants leurs places de sûreté mais leur laisse la liberté de culte : l’objectif est politique, non religieux.
Abaisser les grands
Richelieu fait face à de nombreux complots, souvent liés à Gaston d’Orléans, frère du roi, et à la reine mère :
- Chalais, décapité en 1626 ;
- la journée des Dupes (10-11 novembre 1630) : Marie de Médicis croit avoir obtenu le renvoi du cardinal, mais Louis XIII le maintient ; la reine mère s’exile en 1631 ;
- le duc de Montmorency, révolté en Languedoc, décapité à Toulouse en 1632 ;
- Cinq-Mars, favori du roi, exécuté en 1642 avec de Thou pour avoir traité avec l’Espagne.
L'édit contre les duels (1626) est appliqué avec sévérité : le comte de Montmorency-Bouteville est décapité en 1627 pour s’être battu place Royale. Richelieu fait démanteler des châteaux forts inutiles à la défense des frontières et développe l’usage des intendants, commissaires du roi envoyés dans les provinces.
La lutte contre les Habsbourg
En politique extérieure, Richelieu veut briser l’encerclement par les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche. Il soutient d’abord indirectement les adversaires de l’empereur pendant la guerre de Trente Ans (subsides à la Suède protestante de Gustave-Adolphe), puis déclare la guerre à l'Espagne en mai 1635. La prise de Corbie par les Espagnols (1636) provoque la panique à Paris, mais la situation se redresse : conquête de l’Artois, du Roussillon. Ces guerres coûtent cher : la pression fiscale triple et provoque de nombreuses révoltes paysannes, comme les Croquants (1636-1637) et les Va-nu-pieds de Normandie (1639).
Culture, commerce et colonies
- Académie française (1635), chargée de fixer la langue française par un dictionnaire et une grammaire ;
- soutien à la Gazette de Théophraste Renaudot (1631), un des premiers journaux ;
- construction du Palais-Cardinal (actuel Palais-Royal) et reconstruction de la Sorbonne, dont il est proviseur et où il est inhumé ;
- création d’une marine royale et de compagnies de commerce, dont la Compagnie des Cent-Associés (1627), chargée de peupler la Nouvelle-France.
Mort et succession
Richelieu meurt à Paris le 4 décembre 1642, quelques mois avant Louis XIII (mai 1643). Il a recommandé au roi le cardinal Mazarin, qui gouvernera pendant la minorité de Louis XIV et affrontera la Fronde, révolte en partie causée par les tensions accumulées sous Richelieu.
Questions fréquentes
Richelieu était-il méchant, comme dans Les Trois Mousquetaires ?
Alexandre Dumas en a fait un personnage romanesque inquiétant. Les historiens le décrivent comme un homme d’État dur et autoritaire, mais aussi très malade, travailleur acharné et entièrement dévoué à l’autorité du roi.
Pourquoi Richelieu a-t-il créé l’Académie française ?
Pour donner un cadre officiel à un cercle de lettrés qui se réunissait chez Valentin Conrart, et confier à l’État le soin de fixer et d’illustrer la langue française. Les lettres patentes datent de 1635.
Où est enterré Richelieu ?
Dans la chapelle de la Sorbonne, à Paris, sous un tombeau sculpté par François Girardon. Son corps fut profané en 1793 ; seul un fragment de son visage a été conservé et réinhumé.