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Histoire · Histoire de France

La journée du 10 août 1792

Le 10 août 1792, les sections parisiennes et les fédérés venus de province prennent d’assaut le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu puis emprisonné : c’est la chute de la monarchie, qui ouvre la voie à la République.

Mis à jour le 4 min de lecture

La journée du 10 août 1792 est une insurrection parisienne qui renverse la monarchie. Ce jour-là, les sections de Paris, les sans-culottes et les fédérés venus de province, notamment de Marseille et de Brest, attaquent le palais des Tuileries, défendu par les gardes suisses. Louis XVI et sa famille se réfugient à l'Assemblée législative, qui suspend le roi et convoque une nouvelle assemblée élue au suffrage universel masculin, la Convention. Celle-ci abolit la royauté le 21 septembre 1792 et proclame la République : c’est la naissance de la Ire République (voir les Républiques françaises).

Pourquoi une insurrection ?

La guerre et les défaites

La France déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie (l’Autriche) le 20 avril 1792. Les premières batailles sont des défaites : l’armée est désorganisée par l’émigration de nombreux officiers nobles. Beaucoup soupçonnent le roi et la reine de souhaiter la victoire de l’ennemi.

Les veto du roi

En juin 1792, Louis XVI oppose son veto à deux décrets : la déportation des prêtres réfractaires et la création d’un camp de 20 000 fédérés près de Paris. Il renvoie les ministres girondins. Le 20 juin 1792, la foule envahit les Tuileries et coiffe le roi du bonnet rouge, mais il ne cède pas.

La patrie en danger

Le 11 juillet 1792, l’Assemblée déclare « la patrie en danger » et appelle des volontaires. Des fédérés affluent de toute la France ; ceux de Marseille arrivent fin juillet en chantant le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui devient La Marseillaise.

Le manifeste de Brunswick

Le 1er août 1792, Paris apprend le contenu du manifeste de Brunswick, signé par le commandant des armées austro-prussiennes : il menace la capitale d’une « exécution militaire » et d’une « subversion totale » si la famille royale subit le moindre outrage. Loin d’intimider les Parisiens, il les pousse à l’insurrection. Les sections réclament la déchéance du roi.

Le déroulement

Heure (approximative)Événement
Nuit du 9 au 10 aoûtLe tocsin sonne ; les sections forment une Commune insurrectionnelle, qui remplace la municipalité légale
Petit matinLe commandant de la garde nationale, Mandat, fidèle au roi, est convoqué à l’Hôtel de Ville et tué
Vers 8 hLe roi, la reine et leurs enfants quittent les Tuileries pour se réfugier à l'Assemblée législative, dans la salle du Manège
Vers 9-10 hLes insurgés attaquent le palais ; les gardes suisses tirent, puis reçoivent tardivement l’ordre du roi de cesser le feu
Fin de matinéeLe palais est pris ; de nombreux Suisses sont massacrés
Après-midiL’Assemblée suspend le roi et décide l’élection d’une Convention nationale
13 aoûtLa famille royale est enfermée à la prison du Temple

Le bilan est d’environ 600 gardes suisses tués (sur environ 900) et de plusieurs centaines d’assaillants, sans doute 300 à 400, morts ou blessés. Un monument, le Lion de Lucerne, honore en Suisse les gardes tombés ce jour-là.

Les conséquences

  • La fin de la monarchie : le roi est déchu dans les faits ; la Constitution de 1791 est caduque.
  • Une « seconde révolution » : le pouvoir passe aux sans-culottes parisiens et à la Commune, qui pèsent sur l’Assemblée.
  • Le suffrage universel masculin : la Convention est élue en septembre 1792 sans condition de fortune (avec des élections à deux degrés et une participation faible).
  • Les massacres de Septembre (2-6 septembre 1792) : craignant un complot des prisonniers au moment où les Prussiens avancent, des Parisiens massacrent plus d’un millier de détenus dans les prisons.
  • La République : le 20 septembre, la victoire de Valmy arrête l’invasion ; le 21 septembre, la Convention abolit la royauté ; le 22 septembre 1792 devient le premier jour de l’an I de la République.
  • Le procès du roi : jugé par la Convention, « Louis Capet » est guillotiné le 21 janvier 1793.

Exercice corrigé

Classe dans l’ordre : manifeste de Brunswick, abolition de la royauté, prise des Tuileries, déclaration de guerre à l’Autriche, « la patrie en danger ».

  • Réponse : déclaration de guerre (20 avril 1792), « la patrie en danger » (11 juillet), manifeste de Brunswick (connu le 1er août), prise des Tuileries (10 août), abolition de la royauté (21 septembre 1792).

Questions fréquentes

Que s’est-il passé le 10 août 1792 ?

Les insurgés parisiens et les fédérés ont pris le palais des Tuileries. Le roi, réfugié à l’Assemblée, a été suspendu puis emprisonné : la monarchie est tombée.

Qui étaient les fédérés ?

Des gardes nationaux volontaires venus de province, notamment de Marseille et de Brest, rassemblés à Paris à l’été 1792 pour défendre la patrie en danger.

Quand la République a-t-elle été proclamée ?

La Convention abolit la royauté le 21 septembre 1792. Le 22 septembre est considéré comme le premier jour de la République, et les actes sont datés de « l’an I de la République » à partir du 22.

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