Histoire · Histoire de France
Marie-Antoinette
Marie-Antoinette (1755-1793), fille de l’impératrice Marie-Thérèse, épouse le futur Louis XVI en 1770. Reine impopulaire, accusée de trahison, elle est guillotinée le 16 octobre 1793.
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Marie-Antoinette (1755-1793) est une archiduchesse d’Autriche, mariée à quatorze ans au dauphin, futur Louis XVI, pour sceller l’alliance franco-autrichienne. Reine de France de 1774 à 1792, elle incarne aux yeux de ses adversaires le luxe de la cour et l’influence étrangère, et devient la cible de pamphlets de plus en plus violents. Emprisonnée après la chute de la monarchie, jugée par le Tribunal révolutionnaire, elle est guillotinée le 16 octobre 1793. Son image oscille depuis entre la reine frivole et la victime de la Révolution.
Repères
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 novembre 1755 | Naissance à Vienne, quinzième enfant de Marie-Thérèse et de l’empereur François Ier |
| 16 mai 1770 | Mariage à Versailles avec le dauphin Louis |
| 10 mai 1774 | Devient reine de France |
| 1774 | Louis XVI lui offre le Petit Trianon |
| 1778 | Naissance de Marie-Thérèse, « Madame Royale » |
| 1781 | Naissance du dauphin Louis-Joseph (mort en juin 1789) |
| 1785 | Naissance de Louis-Charles, futur Louis XVII ; affaire du collier |
| 1783-1787 | Construction du Hameau de la reine |
| 5-6 octobre 1789 | Les émeutiers envahissent Versailles ; la famille est conduite à Paris |
| 20-21 juin 1791 | Fuite à Varennes |
| 13 août 1792 | Incarcération au Temple |
| 2 août 1793 | Transfert à la Conciergerie |
| 14-16 octobre 1793 | Procès et exécution |
Une princesse autrichienne à Versailles
Le mariage de 1770 doit consolider le renversement des alliances de 1756, qui a fait de l’Autriche, ennemie séculaire, l’alliée de la France. La jeune dauphine, qui maîtrise mal l’étiquette de Versailles, est surveillée par l’ambassadeur autrichien Mercy-Argenteau, qui renseigne sa mère. Dès le début, une partie de la cour la surnomme « l’Autrichienne ». Le couple n’a pas d’enfant pendant sept ans, ce qui alimente les rumeurs.
La reine du Trianon
Devenue reine, Marie-Antoinette fuit l’étiquette au Petit Trianon, dans le parc de Versailles, où elle reçoit un cercle restreint d’amis (la princesse de Lamballe, la duchesse de Polignac). Elle y fait aménager un jardin à l’anglaise et le Hameau, village pittoresque avec ferme et laiterie. Elle aime la mode, confiée à la marchande Rose Bertin, le théâtre et le jeu, et ses dépenses, réelles mais modestes au regard du budget de l’État, lui valent le surnom de « Madame Déficit ». Sa portraitiste attitrée est Élisabeth Vigée Le Brun. Sa relation d’amitié avec le comte suédois Axel de Fersen a nourri beaucoup de spéculations.
L’affaire du collier (1785)
Une aventurière, la comtesse de La Motte, persuade le cardinal de Rohan, désireux de regagner la faveur de la reine, d’acheter pour elle un collier de diamants de 1,6 million de livres ; une prostituée déguisée en reine joue la scène d’une entrevue nocturne. Le collier est dépecé et vendu. La reine n’y est pour rien, mais le procès, en 1786, où le Parlement acquitte le cardinal, est perçu comme une humiliation pour elle. L’affaire ruine sa réputation dans l’opinion.
Pendant la Révolution
Marie-Antoinette pousse le roi à la fermeté et entretient une correspondance secrète avec les cours étrangères, notamment l’Autriche, en espérant une intervention militaire pour restaurer l’autorité royale. Elle soutient le projet de fuite organisé par Fersen, qui échoue à Varennes en juin 1791. Après le 10 août 1792, elle est enfermée au Temple avec le roi, ses deux enfants et sa belle-sœur Élisabeth. Louis XVI est exécuté en janvier 1793 ; son fils lui est retiré en juillet.
Le procès et l’exécution
Transférée à la Conciergerie le 2 août 1793, « la veuve Capet » comparaît devant le Tribunal révolutionnaire du 14 au 16 octobre. Elle est accusée d’intelligence avec l’ennemi et de complot. Le journaliste Hébert l’accuse aussi d’inceste sur son fils ; elle répond en en appelant à toutes les mères présentes. Condamnée à mort, elle est conduite en charrette, les mains liées, à la place de la Révolution et guillotinée le 16 octobre 1793, en pleine Terreur. Le croquis de Jacques-Louis David la montre droite et digne sur la charrette.
Son fils, Louis XVII, meurt au Temple en 1795 ; sa fille Marie-Thérèse, libérée en 1795, est la seule survivante de la famille.
Questions fréquentes
Marie-Antoinette a-t-elle dit « Qu’ils mangent de la brioche » ?
Non. La phrase apparaît dans les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, attribuée à « une grande princesse », dans un passage écrit vers 1765, quand Marie-Antoinette était une enfant à Vienne. Aucune source ne la lui attribue de son vivant.
Combien d’enfants a eu Marie-Antoinette ?
Quatre : Marie-Thérèse (1778-1851), Louis-Joseph (1781-1789), Louis-Charles (1785-1795), dit Louis XVII, et Sophie (1786-1787).
Où est enterrée Marie-Antoinette ?
Inhumée au cimetière de la Madeleine, elle a été transférée en 1815 dans la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, avec Louis XVI. La chapelle expiatoire, à Paris, est édifiée à l’emplacement de leur première sépulture.