Littérature · Auteurs
Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885) est le plus célèbre écrivain français. Chef de file du romantisme, poète, dramaturge, romancier et homme politique, il est l’auteur des Misérables, de Notre-Dame de Paris et des Contemplations.
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Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Son œuvre, immense, couvre presque tout le XIXe siècle et tous les genres : poésie, théâtre, roman, discours, pamphlets, récits de voyage, et même plus de 4 000 dessins. Chef de file du romantisme, il devient au fil de sa vie un homme politique engagé contre la peine de mort, la misère et le Second Empire, puis un symbole de la République. Plus de deux millions de personnes auraient suivi ses funérailles nationales avant son inhumation au Panthéon.
Biographie de Victor Hugo
Une enfance entre deux parents (1802-1821)
Fils de Léopold Hugo, officier puis général d’Empire, et de Sophie Trébuchet, de sensibilité royaliste, Victor est le troisième de trois fils. Il suit son père en Italie et en Espagne (1811-1812), puis grandit à Paris auprès de sa mère, dans le jardin des Feuillantines. Très tôt, il veut écrire. À 14 ans, il note dans un cahier : « Je veux être Chateaubriand ou rien. » En 1817, il est remarqué par l’Académie française pour un poème, et fonde en 1819 avec ses frères la revue Le Conservateur littéraire.
Le chef de file romantique (1822-1843)
| Date | Événement |
|---|---|
| 1822 | Odes et poésies diverses ; mariage avec Adèle Foucher, amie d’enfance |
| 1827 | Préface de Cromwell, manifeste du drame romantique |
| 1829 | Les Orientales ; Le Dernier Jour d’un condamné |
| 25 février 1830 | Bataille d'Hernani à la Comédie-Française |
| 1831 | Notre-Dame de Paris ; Les Feuilles d’automne |
| 1833 | Début de sa liaison avec l’actrice Juliette Drouet, qui durera cinquante ans |
| 1838 | Ruy Blas |
| 1841 | Élection à l’Académie française |
| 4 septembre 1843 | Mort de sa fille Léopoldine, noyée dans la Seine à Villequier avec son mari |
| 1843 | Échec des Burgraves |
La mort de Léopoldine, à 19 ans, est le grand drame de sa vie. Hugo cesse presque de publier pendant près de dix ans. Il lui consacrera une partie des Contemplations, dont le poème « Demain, dès l’aube… ».
L’homme politique (1845-1851)
Nommé pair de France par Louis-Philippe en 1845, Hugo est élu député en 1848 après la révolution de Février. D’abord conservateur, il évolue vers la gauche : dans son discours sur la misère du 9 juillet 1849, il affirme être « de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère ». Il s’oppose de plus en plus à Louis-Napoléon Bonaparte, qu’il surnomme « Napoléon le Petit ».
L’exil (1851-1870)
Après le coup d’État du 2 décembre 1851, Hugo tente d’organiser la résistance, puis doit fuir à Bruxelles. Il s’installe ensuite à Jersey (1852), puis à Guernesey (1855), dans la maison de Hauteville House. Il refuse l’amnistie de 1859 : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là » (Les Châtiments, « Ultima verba »). Ces dix-neuf années d’exil sont les plus fécondes de sa vie.
| Date | Œuvre écrite ou publiée en exil |
|---|---|
| 1852 | Napoléon le Petit (pamphlet) |
| 1853 | Les Châtiments (poésie satirique contre l’Empire) |
| 1856 | Les Contemplations |
| 1859 | La Légende des siècles (première série) |
| 1862 | Les Misérables |
| 1866 | Les Travailleurs de la mer |
| 1869 | L’Homme qui rit |
Le retour et la gloire (1870-1885)
Hugo rentre à Paris le 5 septembre 1870, au lendemain de la proclamation de la République. Il vit le siège de Paris, est élu député en 1871 puis démissionne, demande l’amnistie des communards. Il publie L’Année terrible (1872), Quatrevingt-treize (1874), L’Art d’être grand-père (1877). Élu sénateur en 1876, il est devenu une figure tutélaire de la Troisième République : en 1881, pour son entrée dans sa 80e année, une foule immense défile sous ses fenêtres, avenue d’Eylau, rebaptisée ensuite avenue Victor-Hugo. Il meurt le 22 mai 1885. Après une veillée sous l’Arc de triomphe, il est inhumé au Panthéon le 1er juin 1885.
Les œuvres majeures de Victor Hugo
La poésie
| Recueil | Année | Particularité |
|---|---|---|
| Les Orientales | 1829 | Exotisme, virtuosité formelle (« Les Djinns ») |
| Les Feuilles d’automne | 1831 | Lyrisme intime, famille |
| Les Châtiments | 1853 | Satire politique contre Napoléon III |
| Les Contemplations | 1856 | « Mémoires d’une âme », deuil de Léopoldine |
| La Légende des siècles | 1859-1883 | Épopée de l’humanité |
| L’Art d’être grand-père | 1877 | Tendresse pour ses petits-enfants Georges et Jeanne |
Les Contemplations sont son chef-d’œuvre poétique. Le recueil est divisé en deux parties, « Autrefois » et « Aujourd’hui », séparées par la date de la mort de Léopoldine. Hugo y écrit que « ce livre doit être lu comme on lirait le livre d’un mort ».
Le théâtre
Hugo invente le drame romantique, qui mêle le sublime et le grotesque, refuse les unités de temps et de lieu et met en scène des héros marginaux.
| Pièce | Année | Sujet |
|---|---|---|
| Cromwell | 1827 | Drame injouable, célèbre pour sa préface |
| Hernani | 1830 | Un bandit d’honneur rival du roi d’Espagne |
| Le roi s’amuse | 1832 | Le bouffon Triboulet (inspire Rigoletto de Verdi) |
| Lucrèce Borgia | 1833 | Une mère monstrueuse |
| Ruy Blas | 1838 | Un valet aimé d’une reine |
| Les Burgraves | 1843 | Échec qui marque la fin du drame romantique |
Les romans
| Roman | Année | Résumé |
|---|---|---|
| Le Dernier Jour d’un condamné | 1829 | Journal d’un condamné à mort, plaidoyer contre la peine capitale |
| Notre-Dame de Paris | 1831 | Quasimodo, Esmeralda et Frollo dans le Paris de 1482 |
| Claude Gueux | 1834 | Récit d’un ouvrier poussé au crime par la misère |
| Les Misérables | 1862 | Jean Valjean, Fantine, Cosette, Javert, Gavroche |
| Les Travailleurs de la mer | 1866 | Gilliatt contre l’océan à Guernesey |
| L’Homme qui rit | 1869 | Gwynplaine, défiguré, dans l’Angleterre du XVIIe siècle |
| Quatrevingt-treize | 1874 | La guerre de Vendée pendant la Révolution |
Notre-Dame de Paris a contribué à la sauvegarde du patrimoine gothique et à la restauration de la cathédrale par Viollet-le-Duc. Les Misérables, roman-somme de plus de 1 500 pages, est l’un des livres les plus lus et adaptés au monde (voir la fiche Les Misérables).
Les combats de Victor Hugo
Contre la peine de mort
C’est le combat de toute sa vie : Le Dernier Jour d’un condamné (1829), Claude Gueux (1834), discours à l’Assemblée constituante en 1848 pour l’abolition « pure, simple et définitive », interventions pour des condamnés du monde entier (John Brown aux États-Unis en 1859). La peine de mort ne sera abolie en France qu’en 1981.
Contre la misère et pour l’éducation
Hugo dénonce la misère comme la cause du crime et défend l’instruction gratuite et obligatoire, au moins pour le primaire, bien avant les lois Ferry (1881-1882).
Pour la liberté et la République
Opposant à Napoléon III, il défend la liberté de la presse, le suffrage universel et, dès 1849, l’idée des « États-Unis d’Europe » (discours d’ouverture du Congrès de la paix, 21 août 1849).
Pour les droits des peuples
Il soutient l’indépendance de la Grèce, de la Pologne, de Cuba, dénonce le sac du palais d’Été à Pékin (1860) et l’esclavage.
Le style de Victor Hugo
- L’antithèse, figure maîtresse : ombre et lumière, sublime et grotesque, Quasimodo et Esmeralda, Valjean et Javert (voir les figures de style).
- L’énumération et l’amplification : phrases amples, accumulations, hyperboles.
- La liberté du vers : Hugo « disloque » l’alexandrin par l’enjambement et le déplacement de la césure (voir la versification). Il écrit dans « Réponse à un acte d’accusation » (Les Contemplations) : « Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire. »
- Le poète visionnaire : Hugo se voit comme un « mage » qui éclaire le peuple (« Fonction du poète », Les Rayons et les Ombres, 1840).
- Les digressions : ses romans contiennent de longs chapitres historiques ou philosophiques (Waterloo et les égouts de Paris dans Les Misérables).
Victor Hugo dessinateur
On connaît moins le Hugo dessinateur : plus de 4 000 dessins, souvent à l’encre brune et au lavis, avec des taches, des empreintes et des pochoirs. Châteaux fantastiques, vagues et paysages tourmentés annoncent certaines recherches du XXe siècle. Ils sont conservés en grande partie à la Maison de Victor Hugo (place des Vosges, Paris) et à la Bibliothèque nationale de France.
Les lieux de Victor Hugo
- Besançon : maison natale, place Victor-Hugo.
- Paris, place des Vosges : appartement occupé de 1832 à 1848, aujourd’hui Maison de Victor Hugo.
- Villequier (Seine-Maritime) : musée Victor-Hugo, tombe de Léopoldine.
- Guernesey : Hauteville House, sa maison d’exil, décorée par lui-même.
- Panthéon : sa sépulture depuis 1885.
Questions fréquentes
Quelles sont les œuvres les plus célèbres de Victor Hugo ?
Les Misérables (1862), Notre-Dame de Paris (1831), Les Contemplations (1856), Hernani (1830), Ruy Blas (1838) et Le Dernier Jour d’un condamné (1829).
Pourquoi Victor Hugo a-t-il été exilé ?
Il s’est opposé au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851 et a dû fuir la France. Il a vécu en exil, principalement à Jersey puis à Guernesey, jusqu’à la chute du Second Empire en 1870.
Quel poème Victor Hugo a-t-il écrit pour sa fille ?
« Demain, dès l’aube… », daté du 3 septembre 1847, veille du quatrième anniversaire de la mort de Léopoldine, publié dans Les Contemplations (1856), ainsi que de nombreux autres poèmes du livre IV, « Pauca meae ».
À quel mouvement littéraire appartient Victor Hugo ?
Au romantisme, dont il est le chef de file à partir de 1827. Ses grands romans comportent aussi une dimension réaliste et sociale.
Où Victor Hugo est-il enterré ?
Au Panthéon, à Paris, depuis le 1er juin 1885.