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Littérature · Auteurs

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud (1854-1891) est un poète français qui a écrit toute son œuvre entre 15 et 20 ans environ. Auteur du Bateau ivre, d’Une saison en enfer et des Illuminations, il a révolutionné la poésie avant d’y renoncer.

Mis à jour le 4 min de lecture

Arthur Rimbaud, né le 20 octobre 1854 à Charleville (Ardennes) et mort le 10 novembre 1891 à Marseille, est le poète de la révolte et de l’invention. Élève brillant, fugueur, il compose ses premiers poèmes vers 15 ans, révolutionne la poésie en cinq ans à peine, puis abandonne la littérature vers 20 ans pour une vie d’aventurier et de commerçant en Afrique. Verlaine l’a rendu célèbre en le présentant parmi les « poètes maudits ». Il est une référence majeure du symbolisme et des surréalistes.

Biographie

DateÉvénement
1854Naissance à Charleville ; le père, capitaine, quitte définitivement la famille en 1860
1865-1870Élève brillant au collège de Charleville ; prix de vers latins
1870Rencontre avec son professeur Georges Izambard ; premières fugues (Paris, Belgique) pendant la guerre franco-prussienne
Mai 1871Lettres du voyant (à Izambard le 13 mai, à Paul Demeny le 15 mai)
Septembre 1871Arrive à Paris, invité par Verlaine, avec Le Bateau ivre
1872-1873Vie errante avec Verlaine à Londres et en Belgique
10 juillet 1873À Bruxelles, Verlaine lui tire dessus et le blesse au poignet
1873Une saison en enfer, seule œuvre publiée par ses soins
1875Dernière rencontre avec Verlaine, à Stuttgart ; il lui confie probablement le manuscrit des Illuminations
1876-1880Voyages : s’engage dans l’armée coloniale néerlandaise (Java), puis déserte ; Chypre
1880-1891Négociant à Aden puis à Harar (Éthiopie) ; commerce du café, de peaux, puis d’armes
1886Publication des Illuminations dans la revue La Vogue, sans qu’il le sache
1891Atteint d’une tumeur au genou, rapatrié à Marseille, amputé de la jambe droite ; meurt à 37 ans

Les poèmes de jeunesse (1870-1871)

Ses premiers poèmes, en vers réguliers, révèlent une maîtrise précoce et une ironie mordante. Les plus connus :

  • « Ma Bohème » : sonnet de la fugue et de la liberté (« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées »).
  • « Le Dormeur du val » (octobre 1870) : sonnet sur un jeune soldat qui semble dormir dans la nature, mais qui a « deux trous rouges au côté droit ». Le texte dénonce la guerre de 1870.
  • « Roman » : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. »
  • « Voyelles » : sonnet qui associe chaque voyelle à une couleur (« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu »).
  • « Le Bateau ivre » (1871) : 100 alexandrins où le poète devient un bateau libéré qui dérive dans des visions fabuleuses.

Plusieurs de ces poèmes relèvent du sonnet.

La lettre du voyant (1871)

Dans sa lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871, Rimbaud expose un programme poétique radical :

  • « Je est un autre » : le poète ne s’exprime pas, il laisse parler en lui une voix qui le dépasse ;
  • « Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens » ;
  • il faut « trouver une langue » nouvelle et être « absolument moderne » (formule d'Une saison en enfer).

Il juge la poésie antérieure, à quelques exceptions près, comme une « prose rimée » et salue Baudelaire comme « le premier voyant ».

Une saison en enfer (1873)

Seul livre publié par Rimbaud lui-même, à Bruxelles, en 1873, ce récit en prose poétique est un bilan violent et désespéré de son expérience, de ses rêves de voyance et de sa relation avec Verlaine (« Vierge folle, l’Époux infernal »). Le texte se termine par l’injonction : « Il faut être absolument moderne. »

Illuminations

Les Illuminations sont des poèmes en prose (et deux en vers libres) écrits probablement entre 1872 et 1875. Visions de villes, de paysages, de fêtes, souvent hermétiques, ils inventent une poésie fragmentaire et visionnaire (« Aube », « Ville », « Génie »). Ils comptent parmi les premiers exemples de vers libre en français (« Marine », « Mouvement »).

Rimbaud et Verlaine

La relation passionnée et violente avec Verlaine, de dix ans son aîné, fait scandale. Elle s’achève par le coup de revolver de Bruxelles (10 juillet 1873), qui vaut à Verlaine deux ans de prison. C’est pourtant Verlaine qui fera connaître l’œuvre de Rimbaud, dans Les Poètes maudits (1884) puis en publiant les Illuminations (1886).

Le silence

Vers 1875, Rimbaud cesse d’écrire de la poésie. Ses lettres d’Afrique, consacrées à ses affaires, ne parlent jamais de littérature. Ce renoncement, aussi mystérieux que son génie, a nourri le mythe de Rimbaud.

Le style et l’apport

  • Passage du vers régulier au poème en prose et au vers libre.
  • Des images hallucinées, fondées sur l’association libre, qui inspireront les surréalistes.
  • La révolte contre la famille, la religion, la morale bourgeoise, la guerre.
  • L’idéal de « changer la vie » (Une saison en enfer).

Questions fréquentes

À quel âge Rimbaud a-t-il arrêté d’écrire ?

Vers 20 ou 21 ans, autour de 1875. Il a ensuite vécu en commerçant et en voyageur, notamment en Afrique de l’Est.

Que signifie « Je est un autre » ?

La formule, tirée de la lettre du voyant (1871), signifie que le poète n’est pas maître de sa parole : une part de lui, inconnue, s’exprime à travers lui.

Quel est le poème le plus célèbre de Rimbaud ?

« Le Dormeur du val » est le plus étudié ; « Le Bateau ivre », « Ma Bohème » et « Voyelles » sont aussi très connus.

Où Rimbaud est-il mort ?

À l’hôpital de la Conception, à Marseille, le 10 novembre 1891, à l’âge de 37 ans.

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