Littérature · Auteurs
Honoré de Balzac
Honoré de Balzac (1799-1850) est un romancier français, maître du réalisme. Il a réuni plus de 90 romans et nouvelles dans La Comédie humaine, vaste fresque de la société française de son temps.
Mis à jour le 4 min de lecture
Honoré de Balzac, né le 20 mai 1799 à Tours et mort le 18 août 1850 à Paris, est l’un des plus grands romanciers de la littérature mondiale. En une vingtaine d’années de travail acharné, il compose La Comédie humaine, ensemble de plus de 90 œuvres achevées où se croisent quelque 2 500 personnages. Son ambition : faire « concurrence à l’état civil » et peindre toute la société française de la Révolution à la monarchie de Juillet. Il est considéré comme le fondateur du roman réaliste.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1799 | Naissance à Tours ; son père a pris le nom de Balzac (la particule « de » sera ajoutée par Honoré vers 1830) |
| 1807-1813 | Pensionnaire au collège des Oratoriens de Vendôme |
| 1816-1819 | Études de droit et clerc chez un avoué puis un notaire à Paris |
| 1819-1825 | Romans de jeunesse sous pseudonyme, sans succès |
| 1825-1828 | Éditeur, imprimeur puis fondeur de caractères : faillite et dettes énormes |
| 1829 | Les Chouans, premier roman signé de son nom |
| 1831 | La Peau de chagrin, premier grand succès |
| 1832 | Début d’une correspondance avec la comtesse polonaise Ewelina Hańska |
| 1833 | Eugénie Grandet |
| 1835 | Le Père Goriot, où il systématise le retour des personnages |
| 1837-1843 | Illusions perdues |
| 1842 | Titre général de La Comédie humaine et « Avant-propos » |
| 1846-1847 | La Cousine Bette, Le Cousin Pons |
| 14 mars 1850 | Épouse Mme Hańska à Berditchev (Ukraine) |
| 18 août 1850 | Mort à Paris ; Victor Hugo prononce son éloge funèbre au Père-Lachaise |
Balzac écrivait la nuit, vêtu d’une robe de moine, en buvant d’innombrables tasses de café, pressé par ses dettes et ses éditeurs.
La Comédie humaine
Le titre fait écho à La Divine Comédie de Dante : à la comédie divine répond une comédie humaine. Dans l'« Avant-propos » de 1842, Balzac compare la société à la nature : de même que Buffon a classé les espèces animales, il veut décrire les « espèces sociales ». Il écrit : « La Société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire. »
L’organisation
| Grande partie | Sous-parties | Exemples |
|---|---|---|
| Études de mœurs | Scènes de la vie privée, de province, parisienne, politique, militaire, de campagne | Le Père Goriot, Eugénie Grandet, Illusions perdues, Les Chouans |
| Études philosophiques | Causes des mœurs | La Peau de chagrin, Le Chef-d’œuvre inconnu |
| Études analytiques | Principes | Physiologie du mariage |
Le retour des personnages
À partir du Père Goriot, Balzac fait réapparaître les mêmes personnages d’un roman à l’autre : Eugène de Rastignac, l’ancien forçat Vautrin, le banquier Nucingen, le médecin Bianchon, l’usurier Gobseck. Ce procédé crée l’illusion d’un monde complet et cohérent ; le lecteur retrouve un personnage à différents âges de sa vie.
Les romans essentiels
| Roman | Année | Résumé |
|---|---|---|
| La Peau de chagrin | 1831 | Une peau magique exauce les désirs mais rétrécit à chaque vœu, abrégeant la vie de Raphaël |
| Eugénie Grandet | 1833 | L’avarice d’un vieux tonnelier de Saumur sacrifie le bonheur de sa fille |
| Le Père Goriot | 1835 | Un père se ruine pour ses filles ; le jeune Rastignac découvre Paris |
| Le Lys dans la vallée | 1836 | Amour platonique en Touraine |
| Illusions perdues | 1837-1843 | Lucien de Rubempré, poète d’Angoulême, se perd dans le journalisme parisien |
| Splendeurs et misères des courtisanes | 1838-1847 | Suite de Lucien, Vautrin et la pègre |
| La Cousine Bette | 1846 | La vengeance d’une parente pauvre |
Le Père Goriot s’achève sur la scène célèbre où Rastignac, au cimetière du Père-Lachaise, regarde Paris et lance : « À nous deux maintenant ! »
Les thèmes
- L’argent, moteur de la société moderne : héritages, dettes, spéculation, usure.
- L’ambition : de jeunes provinciaux montent à Paris pour réussir (Rastignac, Lucien de Rubempré).
- Paris contre la province : la capitale fascine et corrompt.
- Les passions dévorantes : avarice (Grandet), amour paternel (Goriot), vengeance (Bette).
- Les milieux sociaux : noblesse, bourgeoisie, banque, journalisme, justice, bas-fonds.
Le style de Balzac
- Des descriptions longues et précises : la pension Vauquer au début du Père Goriot, la maison Grandet. Le milieu explique le personnage.
- Un narrateur omniscient qui commente, explique et généralise (voir la focalisation).
- Des personnages types, incarnant une passion ou une catégorie sociale.
- Des débuts lents qui posent le décor, suivis d’intrigues dramatiques.
Ce modèle de roman sera contesté au XXe siècle par le Nouveau Roman, qui le prend pour cible.
Balzac et le romantisme
Balzac n’est pas qu’un observateur : son œuvre comporte une part de fantastique (La Peau de chagrin), de mysticisme (Séraphîta) et de personnages démesurés, presque épiques, comme Vautrin. Baudelaire le qualifiait de « visionnaire passionné ». Il fait le lien entre le romantisme et le réalisme.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que La Comédie humaine ?
Le titre général donné par Balzac en 1842 à l’ensemble de ses romans et nouvelles, plus de 90 œuvres qui forment un tableau de la société française de 1789 à 1848.
Quel est le roman le plus connu de Balzac ?
Le Père Goriot (1835), suivi d'Eugénie Grandet (1833) et d'Illusions perdues.
Pourquoi Balzac est-il réaliste ?
Parce qu’il décrit avec précision la société de son temps, ses milieux, ses mécanismes économiques et ses types humains, en s’appuyant sur l’observation.