Littérature · Œuvres
La Belle et la Bête
La Belle et la Bête est un conte publié par Mme de Villeneuve en 1740, puis abrégé par Mme Leprince de Beaumont en 1756. Pour sauver son père, Belle vit chez une Bête qu’elle apprend à aimer, et son amour la change en prince.
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Contrairement à une idée répandue, La Belle et la Bête n’est pas un conte de Perrault. La première version est un long récit de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, paru en 1740. Seize ans plus tard, Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en publie une version courte et morale dans Le Magasin des enfants (1756), un ouvrage d’éducation pour les jeunes filles. C’est ce texte bref que l’on lit aujourd’hui en classe, et qu’ont adapté Jean Cocteau au cinéma (1946) et Disney (1991).
Résumé (version de Mme Leprince de Beaumont)
La ruine du marchand
Un riche marchand a six enfants : trois garçons et trois filles. La cadette, si belle qu’on l’appelle la Belle, est aussi bonne, modeste et studieuse ; ses deux sœurs sont orgueilleuses et jalouses. Le marchand perd sa fortune ; la famille part vivre à la campagne. La Belle travaille sans se plaindre, tandis que ses sœurs se lamentent.
La rose
Un jour, le père apprend qu’un de ses navires est arrivé et part en ville. Les aînées lui demandent des robes et des parures ; la Belle demande seulement une rose. Le voyage est inutile : il revient aussi pauvre. Perdu dans une forêt sous la neige, il trouve un palais vide où il est nourri et logé. Le matin, il cueille une rose pour la Belle. Surgit alors une Bête horrible qui le condamne à mort pour ce vol, à moins qu’une de ses filles accepte de mourir à sa place.
Au palais de la Bête
La Belle insiste pour se sacrifier. Mais la Bête ne la tue pas : elle la traite avec douceur, lui offre un appartement, des livres, un clavecin. Chaque soir, au souper, la Bête vient lui parler, puis lui demande : « La Belle, voulez-vous être ma femme ? » Chaque soir, la Belle refuse, avec peine, car elle commence à apprécier sa bonté.
Le retour chez le père
Dans un miroir magique, la Belle voit son père malade de chagrin. La Bête la laisse partir huit jours, en lui confiant une bague : il suffira de la poser sur la table avant de dormir pour revenir. Les sœurs, jalouses de son bonheur, la retiennent en feignant le chagrin, dans l’espoir que la Bête la dévore à son retour. La dixième nuit, la Belle rêve que la Bête se meurt dans le jardin.
La transformation
Revenue au palais, elle trouve la Bête mourante près du canal. Elle comprend qu’elle l’aime et accepte de l’épouser. La Bête se change en prince : une méchante fée l’avait condamné à cette apparence jusqu’à ce qu’une belle fille consente à l’épouser. Les sœurs sont changées en statues, condamnées à voir le bonheur de la Belle jusqu’à ce qu’elles reconnaissent leurs fautes.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| La Belle | Héroïne bonne, humble, courageuse |
| Le marchand | Père ruiné, aimant |
| Les deux sœurs | Vaniteuses, jalouses, punies |
| Les trois frères | Personnages secondaires |
| La Bête | Prince métamorphosé, laid mais bon |
| La fée | Récompense la Belle et punit les sœurs |
Les thèmes
L’apparence et la vertu
La leçon principale est claire : la beauté du cœur vaut mieux que la beauté du visage. La Bête est laide mais généreuse ; les sœurs sont belles mais méchantes. La Belle choisit la bonté plutôt que l’apparence ou l’esprit.
L’éducation des jeunes filles
Le Magasin des enfants veut former de futures épouses vertueuses. Le conte valorise la modestie, l’obéissance, le sens du devoir, la reconnaissance. Il a aussi été lu comme une préparation au mariage arrangé : apprendre à aimer un époux qu’on n’a pas choisi.
Le sacrifice et la fidélité
La Belle se sacrifie pour son père ; elle trahit ensuite sa promesse en restant trop longtemps, et manque de causer la mort de la Bête. Elle mûrit en comprenant ses sentiments.
La métamorphose
Comme dans le mythe de Psyché ou dans Les Métamorphoses d’Ovide, la transformation physique révèle une vérité intérieure.
Les deux versions comparées
| Mme de Villeneuve (1740) | Mme Leprince de Beaumont (1756) | |
|---|---|---|
| Longueur | Un long récit de plus d’une centaine de pages | Une quinzaine de pages |
| Contenu | Rêves, histoires des fées, origine royale de la Belle | Récit resserré, leçon morale |
| Public | Adultes | Enfants et jeunes filles |
| Fin | Révélations sur la naissance de la Belle | Punition des sœurs changées en statues |
Pistes d’analyse pour un élève
- Étudier les portraits : comment le texte oppose-t-il la Belle et ses sœurs ?
- Analyser les dialogues du souper : comment la relation évolue-t-elle soir après soir ?
- Repérer les objets magiques : miroir, bague, rose ; quel rôle jouent-ils ?
- Comparer avec le film de Cocteau ou de Disney : personnages ajoutés, fin modifiée.
Questions fréquentes
Qui a écrit La Belle et la Bête ?
Mme de Villeneuve en 1740, dans une version longue, puis Mme Leprince de Beaumont en 1756, dans la version courte et célèbre. Ce n’est pas un conte de Perrault.
Pourquoi la Bête est-elle une bête ?
Une méchante fée l’a transformé en monstre et lui a interdit de montrer son esprit. Il ne peut retrouver sa forme humaine que si une jeune fille accepte de l’épouser.
Que demande la Belle à son père ?
Une simple rose. C’est en la cueillant dans le jardin de la Bête que le père se met en danger.
Quelle est la morale de La Belle et la Bête ?
La bonté et la vertu valent mieux que la beauté et l’esprit ; on ne doit pas juger sur les apparences.