Littérature · Œuvres
Les contes d’Andersen
Hans Christian Andersen (1805-1875) est un écrivain danois auteur de plus de 150 contes, dont La Petite Sirène, Le Vilain Petit Canard et La Reine des neiges. Il a surtout inventé ses histoires, souvent mélancoliques.
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Hans Christian Andersen est le conteur le plus célèbre de Scandinavie. À la différence de Perrault ou des frères Grimm, qui ont réécrit des récits de la tradition orale, il a inventé la plupart de ses contes. Ils mêlent merveilleux, humour, compassion pour les faibles et une tristesse que l’on ne trouve pas dans les contes populaires : beaucoup se terminent mal.
Une vie de vilain petit canard
Fils d’un cordonnier pauvre et d’une blanchisseuse, Andersen part à quatorze ans pour Copenhague, où il rêve de devenir chanteur, danseur ou acteur. Il échoue, mais des protecteurs, dont le conseiller Jonas Collin, lui permettent de reprendre des études. Son premier recueil de contes paraît en 1835. Le succès devient international ; Andersen voyage dans toute l’Europe et rencontre Dickens, Victor Hugo ou Balzac. Il a souvent présenté sa vie comme un conte, et on a lu Le Vilain Petit Canard comme son autoportrait.
Les contes les plus célèbres
| Conte | Date | Résumé |
|---|---|---|
| La Princesse au petit pois | 1835 | Un petit pois glissé sous vingt matelas prouve qu’une jeune fille est une vraie princesse |
| Poucette | 1835 | Une fillette minuscule née d’une fleur échappe à un crapaud et à une taupe, sauvée par une hirondelle |
| La Petite Sirène | 1837 | Une sirène renonce à sa voix pour obtenir des jambes et l’amour d’un prince ; il en épouse une autre et elle devient écume |
| Les Habits neufs de l’empereur | 1837 | Des escrocs vendent à un empereur un tissu invisible pour les sots ; un enfant dit qu’il est nu |
| L’Intrépide Soldat de plomb | 1838 | Un soldat de plomb à une jambe aime une danseuse de papier ; tous deux finissent dans le poêle |
| Le Rossignol | 1843 | Un empereur de Chine préfère un rossignol mécanique au vrai, qui revient le sauver de la mort |
| Le Vilain Petit Canard | 1843 | Un caneton laid, rejeté de tous, découvre qu’il est un cygne |
| La Reine des neiges | 1844 | Gerda part chercher son ami Kay, au cœur gelé par un éclat de miroir maléfique |
| La Petite Fille aux allumettes | 1845 | Une enfant pauvre, un soir de Nouvel An, allume ses allumettes pour se réchauffer et meurt de froid |
| Les Souliers rouges | 1845 | Une fillette vaniteuse est condamnée à danser sans fin avec ses souliers |
Les thèmes
La souffrance des humbles
Andersen prend le parti des pauvres, des exclus, des êtres différents : la petite marchande d’allumettes, le caneton rejeté, le soldat infirme. Il montre l’indifférence des riches et des adultes.
L’amour impossible et le sacrifice
La Petite Sirène se sacrifie pour un amour qui ne lui sera jamais rendu ; le soldat de plomb n’ose jamais parler à la danseuse. Chez Andersen, l’amour ne triomphe pas toujours.
La critique de la vanité
Les Habits neufs de l’empereur ridiculise le conformisme : personne n’ose dire la vérité de peur de passer pour sot, sauf un enfant. L’expression est restée pour désigner une illusion collective.
La foi et la consolation
Beaucoup de contes finissent par une mort, mais adoucie par l’espérance religieuse : la petite fille aux allumettes rejoint sa grand-mère au ciel, la sirène devient une « fille de l’air » qui peut gagner une âme.
Les objets qui vivent
Jouets, aiguilles, théières ou sapins parlent et souffrent : Andersen anime le monde quotidien.
Andersen, Grimm et Perrault
| Perrault | Grimm | Andersen | |
|---|---|---|---|
| Origine des contes | Tradition orale réécrite | Tradition orale recueillie | Surtout inventés |
| Siècle | XVIIe | XIXe | XIXe |
| Fin | Souvent heureuse, parfois tragique | Le plus souvent heureuse | Souvent triste ou ambiguë |
| Ton | Ironique | Simple, populaire | Poétique, mélancolique, humoristique |
Des contes très adaptés
La Petite Sirène a inspiré la statue de Copenhague (1913), le film de Disney (1989), qui lui donne une fin heureuse, et de nombreuses réécritures. La Reine des neiges a librement inspiré le film La Reine des neiges (Frozen, 2013). Le prix Hans-Christian-Andersen, créé en 1956, récompense les grands auteurs pour la jeunesse.
Pistes d’analyse pour un élève
- Comparer la fin de La Petite Sirène chez Andersen et chez Disney.
- Étudier le point de vue : comment le narrateur fait-il partager la souffrance du personnage ?
- Expliquer la portée symbolique du Vilain Petit Canard : différence, rejet, révélation de soi.
- Lire Les Habits neufs de l’empereur comme un apologue : quelle vérité veut-il démontrer ?
Questions fréquentes
Combien de contes Andersen a-t-il écrits ?
On en compte généralement 156, publiés entre 1835 et 1872. Certains recensements, qui intègrent des textes inachevés, vont au-delà.
Andersen a-t-il inventé La Petite Sirène ?
Oui, l’histoire est de lui, même si les sirènes et les ondines existaient déjà dans les légendes européennes.
Comment finit La Petite Sirène ?
Le prince épouse une autre princesse. La sirène refuse de le tuer pour retrouver sa queue de poisson et se jette dans la mer ; elle devient une fille de l’air.
Pourquoi les contes d’Andersen sont-ils tristes ?
Parce qu’ils parlent de pauvreté, d’exclusion et d’amour non partagé, souvent à partir de la vie de l’auteur. La consolation vient plutôt de l’espérance religieuse que d’une fin heureuse.