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Littérature · Œuvres

Pluie et vent sur Télumée Miracle

Pluie et vent sur Télumée Miracle est un roman de Simone Schwarz-Bart (1972). Une vieille femme de Guadeloupe raconte sa vie et celle des femmes de sa lignée, entre misère, amours et résistance.

Mis à jour le 4 min de lecture

Pluie et vent sur Télumée Miracle est le deuxième roman de Simone Schwarz-Bart (1938-2023), écrivaine guadeloupéenne. Paru en 1972, il a reçu le prix des lectrices de Elle l’année suivante et compte parmi les grands classiques de la littérature francophone des Antilles. Il entre au programme du bac de français à partir de la session 2027, avec le parcours « Tisser les mémoires, habiter le monde ». L’œuvre étant protégée par le droit d’auteur, cette fiche résume et paraphrase sans citer.

Le contexte

Simone Schwarz-Bart, née en Charente de parents guadeloupéens et élevée en Guadeloupe, a été l’épouse et la collaboratrice d’André Schwarz-Bart, auteur du Dernier des Justes. Le roman paraît dans les années où les écrivains antillais cherchent à dire l’histoire de leur peuple, marquée par l’esclavage aboli en 1848 (voir l'abolition de l’esclavage). Il donne la parole aux femmes des campagnes et fait entendre, dans un français travaillé, les images, proverbes et rythmes du créole.

Résumé

Première partie : « Présentation des miens »

La narratrice, Télumée, âgée, assise dans son jardin, entreprend de raconter sa vie. Elle commence par ses ancêtres, les femmes Lougandor. Minerve, son arrière-grand-mère, est une ancienne esclave libérée par l’abolition. Sa fille Toussine connaît un grand amour avec Jérémie, puis traverse un deuil terrible : sa fille Méranée meurt brûlée dans l’incendie de leur case. Toussine s’enferme d’abord dans le désespoir, puis se relève ; le village lui donne alors le surnom de Reine Sans Nom, signe de sa dignité. Sa fille Victoire, mère de Télumée, mène une vie plus instable.

Seconde partie : « Histoire de ma vie »

Enfant, Télumée est confiée à sa grand-mère, Reine Sans Nom, à Fond-Zombi. Auprès d’elle et de son amie Man Cia, guérisseuse réputée sorcière, elle apprend à tenir debout face aux malheurs. Adolescente, elle aime Élie, son compagnon d’enfance ; ils vivent ensemble un bonheur lumineux. Elle connaît aussi l’humiliation en servant comme domestique chez une famille de Blancs créoles, qui la méprise.

Peu à peu, Élie, rongé par la misère et le sentiment d’impuissance, sombre dans l’alcool et la violence, et la chasse pour une autre femme. Télumée touche le fond, puis se reconstruit. Elle partage ensuite sa vie avec Amboise, homme sage et généreux, qui trouve la mort lors d’une grève des coupeurs de canne. Elle élève une enfant, Sonore, qui finit par la quitter. Vieillie, devenue elle-même une figure de sagesse et de soin pour les autres, elle reçoit du village le nom de Télumée Miracle. Le roman se clôt sur une femme qui, malgré « la pluie et le vent », est restée debout.

Les personnages

PersonnageRôle
TéluméeNarratrice, héroïne qui apprend à résister aux épreuves
Reine Sans Nom (Toussine)Grand-mère, modèle de dignité et de transmission
MinerveArrière-grand-mère, ancienne esclave affranchie
VictoireMère de Télumée
Man CiaGuérisseuse, initiatrice aux secrets de la nature
ÉliePremier amour de Télumée, détruit par la misère
AmboiseSecond compagnon, figure de sagesse et d’engagement

Les thèmes et pistes d’analyse

La mémoire et la transmission

Le roman suit une lignée de femmes. Chacune transmet à la suivante une manière de vivre, de souffrir et de se relever. Le récit de Télumée est lui-même un acte de transmission : il « tisse » les mémoires individuelles et collectives, ce qui éclaire le parcours du bac.

Habiter le monde

La nature guadeloupéenne, la case, le morne, la rivière, les plantes qui soignent occupent une place essentielle. Habiter le monde, c’est s’y enraciner malgré la pauvreté et la violence de l’histoire. Les titres de femmes (Reine Sans Nom, Télumée Miracle) sont donnés par la communauté : l’identité naît du regard du village.

La résistance au malheur

Le roman montre la misère, l’héritage de l’esclavage, les humiliations raciales et la violence des hommes, mais il refuse le désespoir. La force des personnages féminins tient à une forme de résistance intérieure, faite de dignité, de chant et de solidarité.

Une écriture entre deux langues

Schwarz-Bart écrit en français, mais sa langue est irriguée par le créole : proverbes, images concrètes, contes, rythme de la parole. Le récit rétrospectif à la première personne, qui rappelle le conte oral, rapproche l’œuvre de l'autobiographie fictive.

Questions fréquentes

Pourquoi Télumée est-elle appelée « Miracle » ?

C’est le nom que lui donne le village à la fin de sa vie, pour saluer sa capacité à rester debout après tant d’épreuves et le bien qu’elle fait autour d’elle.

Pluie et vent sur Télumée Miracle est-il autobiographique ?

Non. Le récit est fictif, même s’il s’inspire de la vie des femmes rurales de Guadeloupe que l’auteure a connues. La forme du récit de vie à la première personne lui donne une grande proximité.

Que signifie le titre ?

La pluie et le vent figurent les épreuves de l’existence. Le titre annonce une vie traversée par les tempêtes, mais aussi une héroïne qui leur résiste. Le lien avec le mouvement de la négritude se fait par la volonté de dire l’histoire antillaise.

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