Littérature · Auteurs
George Sand
George Sand (1804-1876) est une romancière française, autrice d’Indiana, de La Mare au diable et de La Petite Fadette. Femme libre, engagée en 1848, elle a écrit plus de soixante-dix romans et une immense correspondance.
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George Sand, pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant (Indre) le 8 juin 1876, est l’une des écrivaines les plus lues de son siècle. Elle publie plus de soixante-dix romans, des pièces de théâtre, une autobiographie et plus de vingt mille lettres. Sa liberté de vie (séparation d’avec son mari, vêtements masculins, liaisons avec Musset et Chopin), ses positions républicaines et socialistes et ses romans sur la condition des femmes ont fait d’elle une figure majeure du romantisme et du XIXe siècle.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1804 | Naissance à Paris ; son père, Maurice Dupin, officier, descend du maréchal de Saxe ; sa mère est d’origine populaire |
| 1808 | Mort de son père ; élevée par sa grand-mère, Marie-Aurore de Saxe, au domaine de Nohant, dans le Berry |
| 1818-1820 | Pensionnaire au couvent des Dames augustines anglaises à Paris |
| 1821 | Hérite de Nohant à la mort de sa grand-mère |
| 1822 | Épouse le baron Casimir Dudevant ; deux enfants, Maurice (1823) et Solange (1828) |
| 1831 | S’installe à Paris ; écrit avec Jules Sandeau Rose et Blanche, signé « J. Sand » |
| 1832 | Indiana, premier roman signé George Sand : succès |
| 1833-1835 | Liaison avec Alfred de Musset ; voyage à Venise |
| 1836 | Obtient la séparation de corps d’avec son mari et la garde de ses enfants |
| 1838-1847 | Liaison avec Frédéric Chopin ; hiver 1838-1839 à Majorque ; étés à Nohant |
| 1846-1849 | Romans champêtres : La Mare au diable, François le Champi, La Petite Fadette |
| 1848 | S’engage pour la République ; rédige des Bulletins de la République pour le ministère de l’Intérieur |
| 1854-1855 | Histoire de ma vie |
| 1863-1876 | Amitié et correspondance avec Gustave Flaubert |
| 1876 | Mort à Nohant ; inhumée dans le parc du domaine |
Œuvres principales
| Œuvre | Date | Genre |
|---|---|---|
| Indiana | 1832 | Roman : une jeune créole malheureuse en ménage |
| Lélia | 1833 | Roman lyrique et philosophique, jugé scandaleux |
| Mauprat | 1837 | Roman : un jeune sauvage éduqué par l’amour |
| Un hiver à Majorque | 1842 | Récit de voyage |
| Consuelo et La Comtesse de Rudolstadt | 1842-1844 | Roman d’une cantatrice dans l’Europe du XVIIIe siècle |
| Le Meunier d’Angibault | 1845 | Roman social |
| La Mare au diable | 1846 | Roman champêtre |
| François le Champi | 1847-1848 | Roman champêtre : un enfant trouvé |
| La Petite Fadette | 1849 | Roman champêtre : l’amour de Landry pour une fille rejetée |
| Les Maîtres sonneurs | 1853 | Roman champêtre sur les joueurs de cornemuse |
| Histoire de ma vie | 1854-1855 | Autobiographie |
| Elle et lui | 1859 | Roman inspiré de sa liaison avec Musset |
Les trois veines de l’œuvre
Les romans de la passion et de la femme (années 1830)
Indiana, Valentine (1832), Lélia dénoncent le mariage sans amour qui soumet la femme à son mari et défendent le droit à la passion. Sand ne revendique pas le droit de vote des femmes, qu’elle jugeait prématuré en 1848, mais l’égalité civile et l’éducation.
Les romans sociaux et humanitaires (années 1840)
Influencée par le socialiste Pierre Leroux, elle écrit des romans où ouvriers et artisans sont des héros (Le Compagnon du tour de France, 1840 ; Le Meunier d’Angibault).
Les romans champêtres (1846-1853)
Situés dans le Berry, ces récits idéalisent la vie paysanne : honnêteté, fidélité, sagesse populaire. Sand y introduit des tournures du parler berrichon. Dans La Mare au diable, le laboureur veuf Germain part demander la main d’une veuve aisée et s’éprend en chemin de la jeune et pauvre Marie. Ces romans, longtemps lus à l’école, ont donné de Sand l’image réductrice de la « bonne dame de Nohant ».
Une femme libre
Sand adopte un pseudonyme masculin pour être publiée et lue sans préjugé. Elle porte la redingote et le pantalon pour circuler librement dans Paris et se rendre au parterre des théâtres, interdit aux femmes. Elle fume, vit seule de sa plume et gère ses biens. Ses contemporains la caricaturent, Baudelaire l’attaque ; Flaubert, Balzac et Victor Hugo l’admirent. À sa mort, Hugo écrit dans un message lu sur sa tombe : « Je pleure une morte, je salue une immortelle. »
Questions fréquentes
Pourquoi George Sand a-t-elle pris un nom d’homme ?
Pour être publiée et jugée comme les écrivains masculins. « Sand » vient de Jules Sandeau, avec qui elle avait signé son premier roman. « George », sans s, est un choix délibéré.
Quelle est l’œuvre la plus connue de George Sand ?
La Mare au diable (1846) et La Petite Fadette (1849), ses romans champêtres, ainsi qu'Indiana (1832).
Quel est le lien entre George Sand et Chopin ?
Ils vivent ensemble de 1838 à 1847. Chopin compose à Nohant une grande partie de ses œuvres de maturité. Leur rupture est liée aux tensions avec Solange, la fille de Sand.
Où visiter la maison de George Sand ?
Sa maison de Nohant-Vic, dans l’Indre, est un monument national ouvert au public. Elle est inhumée dans le petit cimetière attenant.