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Histoire · Histoire de France

Les sans-culottes

Les sans-culottes sont les militants révolutionnaires des milieux populaires parisiens entre 1792 et 1794. Artisans et boutiquiers, ils réclament l’égalité, le contrôle des prix et la punition des traîtres.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les sans-culottes sont les révolutionnaires issus du peuple des villes, et d’abord de Paris, qui jouent un rôle décisif dans la Révolution française entre 1792 et 1794. Ce ne sont pas les plus pauvres : la plupart sont des artisans, des boutiquiers, des compagnons et des petits commerçants. Organisés dans les sections parisiennes et les clubs, ils participent aux grandes journées révolutionnaires, comme la prise des Tuileries, et imposent à la Convention des mesures radicales : chute des Girondins, contrôle des prix, Terreur. Ils perdent leur influence après la chute de Robespierre en 1794.

D’où vient le nom ?

Les hommes de l’aristocratie et de la bourgeoisie aisée portent la culotte, pantalon court serré sous le genou, avec des bas de soie. Les gens du peuple portent le pantalon long, en toile. Le terme « sans-culotte » est d’abord une moquerie lancée par les adversaires de la Révolution ; il est ensuite revendiqué avec fierté par les militants populaires à partir de 1791-1792.

Le costume du sans-culotte

ÉlémentSignification
Pantalon rayé ou de toileSigne du travail, opposé à la culotte aristocratique
Bonnet phrygien rougeSymbole de la liberté, hérité du bonnet des esclaves affranchis dans l’Antiquité romaine
CarmagnoleVeste courte à gros boutons
Cocarde tricoloreFidélité à la Révolution
PiqueArme du peuple, symbole des journées révolutionnaires
SabotsChaussures populaires

Le sans-culotte se distingue aussi par son langage : il tutoie tout le monde et emploie le terme de citoyen au lieu de « monsieur ».

Ce qu’ils veulent

Les sans-culottes défendent une conception radicale de la démocratie et de l’égalité :

  • La souveraineté directe du peuple : les citoyens doivent contrôler leurs élus, pouvoir les révoquer et même s’insurger (le droit à l’insurrection sera inscrit dans la Constitution de 1793).
  • L’égalité des jouissances : ils s’opposent aux « riches », aux accapareurs et aux spéculateurs, et demandent une limitation des grandes fortunes, sans vouloir abolir la propriété.
  • Le contrôle des prix : ils réclament la taxation des denrées de première nécessité (pain, savon, sucre). La Convention vote le maximum général des prix et des salaires le 29 septembre 1793.
  • La punition des traîtres : aristocrates, prêtres réfractaires, « suspects » et accapareurs. Ils soutiennent la loi des suspects (17 septembre 1793) et la Terreur.
  • La déchristianisation pour une partie d’entre eux : fermeture des églises, culte de la Raison (automne 1793).

Où se retrouvent-ils ?

Paris est divisé en 48 sections depuis 1790. Chacune a son assemblée générale, ses comités (civil, de surveillance révolutionnaire) et son bataillon de garde nationale. Les sans-culottes y débattent, votent des pétitions et organisent les manifestations. Ils fréquentent aussi les clubs (Cordeliers, Jacobins) et les sociétés populaires. Des journaux leur sont destinés, comme Le Père Duchesne d'Hébert, au ton volontairement populaire, ou L’Ami du peuple de Marat.

Leur rôle dans les grandes journées

DateJournéeRôle des sans-culottes
20 juin 1792Invasion des TuileriesIls coiffent le roi du bonnet rouge
10 août 1792Prise des TuileriesAvec les fédérés, ils renversent la monarchie
31 mai - 2 juin 1793Chute des GirondinsIls encerclent la Convention (voir Girondins et Montagnards)
4-5 septembre 1793Journées de septembreIls obtiennent que la terreur soit « mise à l’ordre du jour » et la création d’une armée révolutionnaire
Germinal et prairial an III (1795)Dernières insurrectionsIls réclament « du pain et la Constitution de 1793 » ; ils sont écrasés

Le déclin

Les Montagnards au pouvoir s’appuient sur les sans-culottes, mais cherchent à les contrôler. En mars 1794, Robespierre fait exécuter Hébert et ses amis, chefs du mouvement le plus radical ; les sections perdent leur autonomie. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), la Convention thermidorienne ferme le club des Jacobins, supprime le maximum (décembre 1794) et réprime les insurrections de la faim du printemps 1795. Les sans-culottes sont désarmés. Le régime du Directoire se fonde sur un suffrage censitaire qui les écarte.

Exercice corrigé

Pourquoi les sans-culottes réclament-ils le « maximum » ?

  • Parce que la guerre et la dépréciation des assignats provoquent une forte hausse des prix des denrées de base. Le peuple des villes ne peut plus se nourrir : il demande que l’État fixe des prix maximaux pour le pain et les produits de première nécessité.

Questions fréquentes

Pourquoi les appelle-t-on « sans-culottes » ?

Parce qu’ils portent le pantalon long des gens du peuple et non la culotte courte des aristocrates et des bourgeois aisés.

Les sans-culottes étaient-ils des pauvres ?

Pas surtout. Ce sont pour la plupart des artisans, des boutiquiers et des compagnons, des gens modestes mais pas des indigents. Quelques bourgeois rejoignent aussi le mouvement.

Quand les sans-culottes ont-ils disparu ?

Leur influence décline après l’exécution des hébertistes (mars 1794) et surtout après la chute de Robespierre. Leurs dernières insurrections, au printemps 1795, sont écrasées.

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