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Histoire · Histoire de France

La Marseillaise

La Marseillaise est l’hymne national français. Composée en avril 1792 à Strasbourg par Rouget de Lisle, elle doit son nom aux fédérés marseillais qui la chantent à Paris.

Mis à jour le 4 min de lecture

La Marseillaise est l’hymne national de la République française, inscrit à l’article 2 de la Constitution de 1958. Paroles et musique sont dues à Claude Joseph Rouget de Lisle, officier du génie, qui la compose à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, quelques jours après la déclaration de guerre à l’Autriche. Intitulé Chant de guerre pour l’armée du Rhin, le chant prend le nom de Marseillaise après avoir été chanté par les fédérés de Marseille montant à Paris en juillet 1792. Déclarée chant national en 1795, interdite ou délaissée sous l’Empire et la Restauration, elle redevient hymne national en 1879.

La naissance d’un chant de guerre

Le 20 avril 1792, la France révolutionnaire déclare la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie » (l’Autriche). À Strasbourg, ville frontière, le maire Philippe-Frédéric de Dietrich réunit des officiers ; il demande à Rouget de Lisle, capitaine et musicien amateur, d’écrire un chant pour les troupes. Le texte reprend des formules d’affiches patriotiques de l’époque (« Aux armes, citoyens ! », « l’étendard de la guerre est déployé »). Le chant est diffusé rapidement par des imprimés.

Le 30 juillet 1792, un bataillon de fédérés marseillais entre dans Paris en le chantant ; ils l’avaient appris à Marseille, où il avait été chanté lors d’un banquet. Les Parisiens l’appellent « l’hymne des Marseillais », puis La Marseillaise. Elle accompagne la prise des Tuileries le 10 août 1792 et les victoires de Valmy et de Jemmapes.

Une histoire mouvementée

DateÉtape
25-26 avril 1792Composition à Strasbourg
30 juillet 1792Les fédérés marseillais la chantent en entrant à Paris
14 juillet 1795Décret de la Convention la déclarant chant national
1804-1815Délaissée sous l’Empire, au profit d’autres chants
1815-1830Interdite sous la Restauration
1830Chantée lors des Trois Glorieuses ; Berlioz en compose une orchestration
1848Chant des révolutionnaires de février
14 février 1879Redevient hymne national sous la Troisième République
1887Une commission fixe la version officielle
1946 et 1958Inscrite dans la Constitution comme hymne national

Rouget de Lisle, suspect de modérantisme, est emprisonné sous la Terreur. Il meurt pauvre en 1836 à Choisy-le-Roi. Ses cendres sont transférées aux Invalides le 14 juillet 1915, en pleine guerre.

Les paroles du premier couplet et du refrain

Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! Contre nous de la tyrannie L’étendard sanglant est levé ! (bis) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Égorger vos fils, vos compagnes !

Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons ! Marchons, marchons ! Qu’un sang impur Abreuve nos sillons !

L’hymne compte sept couplets ; le septième, dit « couplet des enfants » (« Nous entrerons dans la carrière / Quand nos aînés n’y seront plus »), a été ajouté à l’automne 1792 par un auteur dont l’identité est discutée. Lors des cérémonies officielles, on ne chante généralement que le premier couplet et le refrain.

Que veut dire « qu’un sang impur abreuve nos sillons » ?

La formule désigne le sang des ennemis : armées étrangères et émigrés qui envahissent la France pour rétablir l’absolutisme. Que leur sang arrose les champs signifie qu’ils seront vaincus sur le sol qu’ils envahissent. Une autre lecture, défendue par certains historiens, rattache le « sang impur » à la noblesse, qui se prévalait d’un sang « pur », et l’opposerait au sang du peuple prêt à se sacrifier. Le caractère guerrier des paroles fait régulièrement l’objet de débats, mais leur sens est à replacer dans le contexte d’un pays envahi en 1792.

Un hymne qui a voyagé

La Marseillaise est devenue au XIXe siècle un chant révolutionnaire international. Elle a été chantée par les révolutionnaires russes en 1917 et a inspiré de nombreux mouvements de libération. Elle a été réinterprétée de multiples façons : orchestration d’Hector Berlioz, citation dans l'Ouverture 1812 de Tchaïkovski, version reggae de Serge Gainsbourg Aux armes et cætera (1979), qui fit scandale. Au cinéma, la scène du café de Casablanca (1942), où les clients couvrent un chant allemand par la Marseillaise, est restée célèbre.

La Marseillaise aujourd’hui

  • Elle est jouée lors des cérémonies officielles, des visites de chefs d’État et des compétitions sportives internationales.
  • Son apprentissage à l'école primaire est obligatoire depuis la loi de 2005 sur l’école ; ses paroles sont affichées dans les salles de classe depuis 2019.
  • L'outrage à l’hymne national lors d’une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques est un délit depuis 2003.

Questions fréquentes

Qui a écrit La Marseillaise ?

Claude Joseph Rouget de Lisle (1760-1836), capitaine du génie en garnison à Strasbourg, auteur des paroles et de la musique, dans la nuit du 25 au 26 avril 1792.

Pourquoi s’appelle-t-elle La Marseillaise alors qu’elle a été composée à Strasbourg ?

Parce que ce sont les volontaires marseillais, montés à Paris en juillet 1792, qui l’ont fait connaître dans la capitale. Les Parisiens l’ont appelée le chant des Marseillais.

Depuis quand La Marseillaise est-elle l’hymne national ?

Elle a été déclarée chant national par la Convention le 14 juillet 1795, puis à nouveau hymne national le 14 février 1879. Les Constitutions de 1946 et de 1958 l’ont confirmé.

Combien de couplets compte La Marseillaise ?

Sept couplets dans la version officielle, dont le dernier, le « couplet des enfants », n’est pas de Rouget de Lisle. Des couplets supplémentaires ont circulé au XIXe siècle.

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