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Arts · Musique

Hector Berlioz

Hector Berlioz (1803-1869) est le grand compositeur romantique français. Auteur de la Symphonie fantastique, inventeur de l’orchestre moderne, il fut aussi critique et écrivain, longtemps plus admiré à l’étranger qu’en France.

Mis à jour le 4 min de lecture

Hector Berlioz, né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André, dans l’Isère, et mort à Paris le 8 mars 1869, est la figure majeure de la musique romantique en France. Sa Symphonie fantastique (1830), écrite trois ans après la mort de Beethoven, invente la musique à programme moderne. Génie de l’orchestre, il a aussi été un critique musical redouté et un écrivain brillant, dont les Mémoires sont un chef-d’œuvre de la littérature romantique.

Repères chronologiques

DateÉvénement
11 décembre 1803Naissance à La Côte-Saint-André, fils d’un médecin
1821Arrive à Paris pour étudier la médecine
1823 – 1826Abandonne la médecine ; élève de Lesueur puis du Conservatoire
1827Voit l’actrice Harriet Smithson jouer Shakespeare : coup de foudre
5 décembre 1830Création de la Symphonie fantastique
1830Prix de Rome ; séjour à la villa Médicis (1831-1832)
1833Épouse Harriet Smithson
1834Harold en Italie, inspiré par une commande de Paganini
1837Grande Messe des morts (Requiem), créée aux Invalides
1838Échec de l’opéra Benvenuto Cellini
1839Roméo et Juliette, symphonie dramatique
1844Grand Traité d’instrumentation et d’orchestration modernes
1846La Damnation de Faust, échec à l’Opéra-Comique
1854L’Enfance du Christ ; épouse Marie Recio
1856 – 1858Compose Les Troyens
1863Création partielle des Troyens au Théâtre-Lyrique
8 mars 1869Mort à Paris ; inhumé au cimetière de Montmartre

La vie de Berlioz

Le refus de la médecine

Fils d’un médecin de province, Berlioz apprend seul l’harmonie, la flûte et la guitare ; il n’a jamais joué du piano. Envoyé à Paris pour étudier la médecine, il fuit les salles de dissection pour l’Opéra et la bibliothèque du Conservatoire, contre la volonté de ses parents, qui lui coupent les vivres.

Harriet et la Fantastique

En septembre 1827, il assiste à des représentations de Shakespeare par une troupe anglaise à l’Odéon et tombe éperdument amoureux de l’actrice irlandaise Harriet Smithson, qui joue Ophélie et Juliette. Cette passion inspire la Symphonie fantastique. Ils se marient en 1833, mais le couple se sépare quelques années plus tard.

Une carrière difficile

Ses grandes œuvres sont souvent mal reçues à Paris, où l’on préfère l’opéra italien et le grand opéra. Pour vivre, Berlioz écrit des critiques pour le Journal des débats pendant près de trente ans et devient bibliothécaire du Conservatoire. Il dirige lui-même ses œuvres lors de grandes tournées en Allemagne, en Russie et en Angleterre, où il est acclamé. Les Troyens, son grand opéra sur l'Énéide de Virgile, n’est représenté de son vivant qu’en partie, ce qui l’affecte profondément. La mort de son fils Louis, en 1867, l’achève.

La Symphonie fantastique

Sous-titrée Épisode de la vie d’un artiste, la Symphonie fantastique raconte, selon un programme écrit par Berlioz et distribué au public, les rêves d’un jeune musicien qui, désespéré par un amour malheureux, s’empoisonne à l’opium.

MouvementTitreContenu
IRêveries, passionsL’artiste rencontre la femme aimée
IIUn balIl la retrouve au milieu d’une fête, sur une valse
IIIScène aux champsSolitude dans la campagne, dialogue de deux bergers, orage lointain
IVMarche au suppliceIl rêve qu’il a tué celle qu’il aime et qu’on le conduit à l’échafaud
VSonge d’une nuit du sabbatRonde de sorcières et parodie du Dies irae

La femme aimée est représentée par une mélodie, l'idée fixe, qui revient transformée dans chaque mouvement. Ce procédé annonce le leitmotiv de Wagner et le poème symphonique de Liszt.

L’orchestre de Berlioz

  • Un orchestre agrandi : quatre bassons, deux harpes, cloches, ophicléides ; le Requiem exige quatre ensembles de cuivres placés aux quatre coins de l’église.
  • Des effets nouveaux : cordes frappées avec le bois de l’archet (col legno), sons de cloches, timbales multiples.
  • Le timbre comme idée musicale : la couleur instrumentale devient un élément de la composition.
  • Le traité d’orchestration de 1844, enrichi en 1855, a formé des générations de compositeurs, de Rimski-Korsakov à Mahler. Voir les instruments de l’orchestre.

Œuvres majeures de Berlioz

ŒuvreGenreDate
Symphonie fantastiqueSymphonie à programme1830
Harold en ItalieSymphonie avec alto principal1834
Grande Messe des mortsRequiem1837
Benvenuto CelliniOpéra1838
Roméo et JulietteSymphonie dramatique1839
Les Nuits d’étéMélodies, sur des poèmes de Théophile Gautier1841
Le Carnaval romainOuverture1844
La Damnation de FaustLégende dramatique1846
Te DeumMusique sacrée1849
L’Enfance du ChristOratorio1854
Les TroyensOpéra1856 – 1858
Béatrice et BénédictOpéra-comique1862

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’idée fixe chez Berlioz ?

C’est la mélodie qui représente la femme aimée dans la Symphonie fantastique. Elle revient dans chacun des cinq mouvements, déformée selon les situations, jusqu’à la caricature dans le sabbat final.

Pourquoi Berlioz a-t-il été méconnu en France ?

Ses œuvres, d’une ampleur et d’une originalité déroutantes, s’accordaient mal avec le goût parisien de l’époque. Il a été reconnu plus tôt en Allemagne et en Angleterre, et pleinement réhabilité en France au XXe siècle.

Où découvrir Berlioz aujourd’hui ?

Sa maison natale de La Côte-Saint-André est un musée, et la ville accueille chaque été le festival Berlioz. Ses Mémoires, publiés après sa mort, se lisent comme un roman.

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