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La symphonie
Une symphonie est une œuvre de grande dimension pour orchestre, composée en général de quatre mouvements. Fixée par Haydn vers 1760-1780, elle devient le genre instrumental majeur jusqu’au XXe siècle.
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La symphonie est une composition pour orchestre, sans soliste, organisée en plusieurs parties appelées mouvements. Le mot vient du grec symphônia, « accord de sons, ensemble ». À l’époque baroque, sinfonia désignait simplement une pièce instrumentale, notamment l’ouverture d’un opéra italien ; c’est de cette ouverture en trois parties (vif-lent-vif) qu’est née la symphonie autonome au milieu du XVIIIe siècle.
La structure d’une symphonie classique
| Mouvement | Tempo | Forme habituelle | Caractère |
|---|---|---|---|
| 1er | Vif (allegro), parfois précédé d’une introduction lente | Forme sonate | Dramatique, le plus développé |
| 2e | Lent (andante, adagio) | Lied (ABA), variations ou forme sonate | Lyrique, chantant |
| 3e | Modéré à vif | Menuet et trio, puis scherzo (Beethoven) | Danse, détente |
| 4e | Très vif (allegro, presto) | Rondo ou forme sonate | Brillant, conclusif |
La forme sonate du premier mouvement présente deux thèmes contrastés (exposition), les transforme (développement), puis les fait revenir dans la tonalité principale (réexposition). Le détail est expliqué dans la fiche classicisme musical. Beethoven remplace le menuet par le scherzo (« plaisanterie » en italien), plus rapide et plus énergique.
Symphonie, concerto, sonate : les différences
| Genre | Effectif | Rôle |
|---|---|---|
| Symphonie | Orchestre seul | L’orchestre est le sujet |
| Concerto | Un soliste (ou plusieurs) et orchestre | Dialogue soliste-orchestre, virtuosité |
| Sonate | Un ou deux instruments (piano seul, violon et piano…) | Même plan que la symphonie, en musique de chambre |
| Quatuor à cordes | Deux violons, alto, violoncelle | « Symphonie » de la musique de chambre |
| Poème symphonique | Orchestre | Un seul mouvement, sujet littéraire ou pictural |
Histoire de la symphonie
Les origines (1730-1770)
Des compositeurs italiens (Sammartini à Milan) et allemands, notamment à Mannheim autour de Johann Stamitz, écrivent les premières symphonies de concert. L’orchestre de Mannheim se rend célèbre par ses crescendos et sa discipline.
Haydn, « père de la symphonie »
Joseph Haydn compose 104 symphonies numérotées entre 1759 et 1795. Il fixe le plan en quatre mouvements et l’orchestre classique. Plusieurs portent des surnoms : Les Adieux (n° 45, où les musiciens quittent la scène un à un), La Surprise (n° 94), L’Horloge (n° 101), Londres (n° 104).
Mozart
Mozart écrit 41 symphonies numérotées, dont les trois dernières, composées à l’été 1788 : n° 39 en mi bémol, n° 40 en sol mineur et n° 41 Jupiter.
Beethoven, la rupture
Avec ses neuf symphonies, Beethoven transforme le genre : durée accrue (Héroïque, environ 50 minutes), unité dramatique de toute l’œuvre (la Cinquième va du do mineur sombre au do majeur triomphal), programme descriptif (Pastorale), et intégration de voix dans la Neuvième (1824). Après lui, la symphonie devient un genre « sacré ». Voir Beethoven.
Le XIXe siècle romantique
- Schubert : Inachevée (n° 8, deux mouvements, 1822) et Grande (n° 9).
- Berlioz : Symphonie fantastique (1830), symphonie à programme en cinq mouvements.
- Mendelssohn : Écossaise (n° 3) et Italienne (n° 4).
- Schumann : quatre symphonies, dont la Rhénane.
- Brahms : quatre symphonies, la première en 1876 après plus de vingt ans de travail.
- Tchaïkovski : six symphonies, dont la Pathétique (n° 6, 1893).
- Dvořák : Symphonie n° 9 « du Nouveau Monde » (1893), composée à New York.
- Bruckner et Mahler : symphonies monumentales d’une heure à une heure et demie, Mahler concevant la symphonie comme un univers complet.
Voir la musique romantique.
Le XXe siècle
Le genre se maintient avec Sibelius (7 symphonies), Chostakovitch (15 symphonies, dont la Septième « Leningrad », 1942), Prokofiev (Symphonie classique, 1917), Honegger, Roussel, Dutilleux, Messiaen (Turangalîla-Symphonie, 1948). D’autres compositeurs l’abandonnent au profit de formes plus libres.
Les symphonies les plus célèbres
| Symphonie | Compositeur | Année |
|---|---|---|
| Symphonie n° 40 en sol mineur | Mozart | 1788 |
| Symphonie n° 5 en do mineur | Beethoven | 1808 |
| Symphonie n° 9 en ré mineur | Beethoven | 1824 |
| Symphonie « Inachevée » | Schubert | 1822 |
| Symphonie fantastique | Berlioz | 1830 |
| Symphonie du Nouveau Monde | Dvořák | 1893 |
| Symphonie n° 6 « Pathétique » | Tchaïkovski | 1893 |
| Symphonie n° 5 (avec l'Adagietto) | Mahler | 1902 |
Questions fréquentes
Combien de mouvements comporte une symphonie ?
Le plus souvent quatre. Les premières symphonies en avaient trois, et certaines œuvres romantiques ou modernes en comptent cinq (Fantastique, Pastorale) ou un seul (Symphonie n° 7 de Sibelius).
Quelle est la différence entre une symphonie et un concerto ?
La symphonie est écrite pour orchestre seul ; le concerto fait dialoguer un soliste avec l’orchestre.
Qui a inventé la symphonie ?
Personne seul : le genre est né de l’ouverture d’opéra italienne vers 1730-1750. Haydn, qui en a écrit 104, en a fixé la forme classique, d’où son surnom de « père de la symphonie ».
Combien de temps dure une symphonie ?
De 15 à 20 minutes chez le jeune Haydn ou Mozart, environ 30 à 70 minutes chez Beethoven et Brahms, et jusqu’à 90 minutes et plus chez Mahler (Troisième Symphonie).