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Arts · Musique

La Cinquième Symphonie de Beethoven

La Symphonie n° 5 en ut mineur de Beethoven, créée à Vienne en 1808, s’ouvre sur un motif de quatre notes (trois brèves, une longue) qui irrigue toute l’œuvre, de l’ombre au triomphe.

Mis à jour le 4 min de lecture

Quatre notes, « ta-ta-ta-taaa », suffisent à reconnaître la Cinquième Symphonie de Beethoven, sans doute le début le plus célèbre de toute la musique classique. Derrière ce motif se trouve une œuvre d’une construction remarquable, où une cellule minuscule engendre une symphonie entière, et où la musique semble raconter une lutte victorieuse. Pour le genre en général, voir la symphonie.

Le motif initial

Le motif est fait de trois croches répétées suivies d’une note longue (sol-sol-sol-mi♭, puis fa-fa-fa-ré), joué fortissimo par tout l’orchestre à l’unisson, et suivi de points d’orgue. Ce n’est pas une mélodie mais une cellule rythmique : on la retrouve, sous des formes variées, dans les quatre mouvements.

Les quatre mouvements

MouvementTempoTonalitéFormeCaractère
1Allegro con briodo mineurforme sonatelutte, tension, urgence
2Andante con motola bémol majeurthème et variations (double)lyrisme, noblesse
3Allegrodo mineurscherzo et trioinquiétude, mystère
4Allegrodo majeurforme sonatetriomphe, éclat

1er mouvement : Allegro con brio

Construit en forme sonate, il est presque entièrement tiré du motif initial. Le deuxième thème, plus doux, est annoncé par un appel des cors qui reprend le rythme du motif, et le motif continue de gronder dans les basses sous ce thème. Un bref solo de hautbois, seul et lent, interrompt la réexposition : une plainte au milieu de la tempête.

2e mouvement : Andante con moto

Deux thèmes alternent et sont variés, l’un chantant aux altos et violoncelles, l’autre plus fier, qui éclate aux cuivres en ut majeur, comme une annonce de la victoire finale.

3e mouvement : Allegro (scherzo)

Les violoncelles et contrebasses ouvrent sur une phrase mystérieuse ; les cors répondent avec un thème qui martèle le rythme du motif initial. Le trio central est un fugato bourru lancé par les contrebasses. À la fin, la musique devient presque inaudible, puis un long crescendo sur une note tenue des timbales mène sans interruption au finale.

4e mouvement : Allegro

Le finale éclate en do majeur, fortissimo. Beethoven y ajoute des instruments jusque-là absents de la symphonie : piccolo, contrebasson et trois trombones, l’une des premières utilisations du trombone dans une symphonie. Le scherzo fait un bref retour fantomatique avant la réexposition, puis la coda martèle l’accord de do majeur de manière presque obsessionnelle.

Du mineur au majeur : un récit

Le parcours de l’œuvre, de l'ombre (do mineur, motif menaçant) à la lumière (do majeur triomphal), en passant par le doute du scherzo, est souvent lu comme une victoire sur l’adversité. Ce schéma « par la lutte vers la victoire » a profondément marqué les symphonies romantiques (Brahms, Tchaïkovski, Mahler). Beethoven compose l’œuvre alors qu’il se sait atteint d’une surdité progressive (voir Beethoven).

Une œuvre symbole

  • Le critique E.T.A. Hoffmann lui consacre en 1810 un article célèbre qui fait de Beethoven un compositeur romantique par excellence.
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, la BBC utilise le motif en ouverture de ses émissions vers l’Europe occupée : en morse, trois brèves et une longue correspondent à la lettre V, comme victoire.
  • Le motif a été repris, détourné et cité par la publicité, le cinéma, le disco (A Fifth of Beethoven, 1976) et le rock.

Repères d’écoute

  1. Compter combien de fois le rythme du motif revient dans le premier mouvement : on le trouve presque à chaque mesure.
  2. Repérer le solo de hautbois.
  3. Suivre la transition entre le troisième et le quatrième mouvement, sans pause.
  4. Écouter le changement de couleur quand arrivent piccolo et trombones.

Questions fréquentes

Pourquoi la Cinquième Symphonie est-elle si célèbre ?

Pour son motif initial immédiatement mémorisable, l’unité de toute l’œuvre construite sur une seule cellule, et son parcours dramatique de la lutte au triomphe.

Quelles sont les quatre notes du début ?

Sol, sol, sol, mi bémol (trois croches et une blanche avec point d’orgue), suivies de fa, fa, fa, ré.

En quelle tonalité est la Cinquième Symphonie ?

En do mineur (ut mineur), avec un finale en do majeur.

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