Arts · Musique
Les gammes majeures et mineures
Une gamme est une suite de sept notes conjointes construite selon un schéma fixe de tons et demi-tons. La gamme majeure suit le schéma T-T-½-T-T-T-½ ; la mineure naturelle T-½-T-T-½-T-T.
Mis à jour le 4 min de lecture
Toute la musique tonale, de Bach à la pop, repose sur les gammes. Connaître leur construction permet de comprendre les armures (les dièses et bémols en début de partition), de transposer une mélodie et de bâtir des accords. Cette fiche approfondit ce que présentent les bases du solfège.
Ton et demi-ton
Le demi-ton est le plus petit écart du système occidental : deux touches voisines sur un clavier (blanche-noire ou mi-fa, si-do). Le ton vaut deux demi-tons. Entre les notes naturelles :
| do-ré | ré-mi | mi-fa | fa-sol | sol-la | la-si | si-do |
|---|---|---|---|---|---|---|
| ton | ton | demi-ton | ton | ton | ton | demi-ton |
Construire une gamme majeure
La gamme majeure suit toujours le schéma : T – T – ½ – T – T – T – ½. Do majeur est la seule à le respecter sans altération.
Pour construire sol majeur : sol, la, si, do, ré, mi… entre mi et sol il faut un ton puis un demi-ton (mi-fa♯-sol), donc on élève le fa : sol, la, si, do, ré, mi, fa♯, sol. Une seule altération : fa♯.
Pour fa majeur : fa, sol, la… entre la et do, il faut un demi-ton puis un ton (la-si♭-do) : fa, sol, la, si♭, do, ré, mi, fa.
Les degrés portent des noms : I tonique, II sus-tonique, III médiante, IV sous-dominante, V dominante, VI sus-dominante, VII sensible (un demi-ton sous la tonique).
Les armures
L'armure regroupe les altérations constantes d’une tonalité, placées après la clé. Les altérations apparaissent toujours dans le même ordre.
- Ordre des dièses : fa, do, sol, ré, la, mi, si.
- Ordre des bémols : si, mi, la, ré, sol, do, fa (l’ordre inverse).
| Tonalité majeure | Armure | Relative mineure |
|---|---|---|
| Do | aucune | la mineur |
| Sol | 1 ♯ (fa) | mi mineur |
| Ré | 2 ♯ | si mineur |
| La | 3 ♯ | fa♯ mineur |
| Mi | 4 ♯ | do♯ mineur |
| Si | 5 ♯ | sol♯ mineur |
| Fa | 1 ♭ (si) | ré mineur |
| Si♭ | 2 ♭ | sol mineur |
| Mi♭ | 3 ♭ | do mineur |
| La♭ | 4 ♭ | fa mineur |
| Ré♭ | 5 ♭ | si♭ mineur |
Le cycle des quintes
En montant de quinte en quinte (do, sol, ré, la, mi, si…), chaque nouvelle gamme majeure gagne un dièse. En descendant de quinte (do, fa, si♭, mi♭…), chaque gamme gagne un bémol. Disposées en cercle, ces tonalités forment le cycle des quintes, outil de référence pour les armures et les tonalités voisines.
Les gammes mineures
Chaque gamme majeure a une relative mineure de même armure, construite sur son 6e degré (une tierce mineure plus bas). La mineur est la relative de do majeur.
| Forme | Notes de la mineur | Particularité |
|---|---|---|
| Naturelle | la, si, do, ré, mi, fa, sol, la | armure seule, schéma T-½-T-T-½-T-T |
| Harmonique | la, si, do, ré, mi, fa, sol♯, la | 7e degré élevé : sensible, intervalle d’un ton et demi fa-sol♯ |
| Mélodique | montante : la, si, do, ré, mi, fa♯, sol♯, la | 6e et 7e degrés élevés en montant, naturels en descendant |
La mineure harmonique est la plus utilisée dans l’écriture classique ; l’intervalle d’un ton et demi entre ses 6e et 7e degrés lui donne une couleur orientale.
Autres gammes
- Chromatique : les douze demi-tons de l’octave.
- Pentatonique : cinq notes (les touches noires du piano en donnent une), base de nombreuses musiques traditionnelles, du blues et du rock.
- Par tons : six notes séparées par des tons, chère à Debussy.
- Modes (dorien, phrygien, lydien…) : hérités du Moyen Âge, utilisés dans le chant grégorien, le jazz et les musiques populaires.
Exercice corrigé
- Écrire la gamme de ré majeur.
- Quelle tonalité majeure a trois bémols ?
- Quelle est la relative mineure de fa majeur ?
- Quelle note est altérée dans la mineur harmonique ?
Corrigé :
- ré, mi, fa♯, sol, la, si, do♯, ré.
- Mi♭ majeur (si♭, mi♭, la♭ : avant-dernier bémol = mi♭).
- Ré mineur (6e degré de fa majeur), avec un si♭.
- Le sol, élevé en sol♯.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de gammes majeures ?
Douze sons différents, donc douze gammes majeures distinctes à l’oreille ; en notation, on en compte quinze en incluant les équivalents enharmoniques (comme fa♯ et sol♭ majeur).
Pourquoi le mineur paraît-il triste ?
La différence tient surtout à la tierce : mineure (un ton et demi) au lieu de majeure (deux tons). L’association mineur-tristesse est en grande partie culturelle et apprise.
Comment savoir si un morceau est en majeur ou en mineur ?
On regarde l’armure, puis la première et la dernière note de la basse ou de la mélodie : si l’armure n’a rien et que le morceau finit sur la, avec des sol♯, il est en la mineur plutôt qu’en do majeur.