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Les suites géométriques

Une suite est géométrique si l’on passe d’un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre q, la raison. Son terme général est uₙ = u₀ × qⁿ.

Mis à jour le 3 min de lecture

Les suites géométriques sont au programme de première. Elles décrivent toutes les évolutions à pourcentage constant : intérêts composés, croissance d’une population, désintégration radioactive, perte de valeur d’une voiture. Elles s’opposent aux suites arithmétiques, qui progressent d’une quantité fixe.

Reconnaître une suite géométrique

Méthode : si les termes ne s’annulent pas, calculer uₙ₊₁ / uₙ. Si ce quotient est une constante, la suite est géométrique de raison cette constante. Sinon, on peut chercher à écrire directement uₙ₊₁ = q × uₙ.

  • uₙ = 5 × 3ⁿ : uₙ₊₁ / uₙ = 3. Géométrique de raison 3.
  • vₙ = n² + 1 : v₁/v₀ = 2 et v₂/v₁ = 2,5. Pas géométrique.

Pourcentages et coefficient multiplicateur

Une hausse de t % multiplie par 1 + t/100 ; une baisse de t % par 1 − t/100 (voir calculer un pourcentage).

Évolution par périodeRaison q
+ 2 %1,02
+ 50 %1,5
− 20 %0,8
doublement2
division par 20,5

Exemple : 1 000 € placés à 2 % par an (intérêts composés). Après n années : Cₙ = 1 000 × 1,02ⁿ. Après 10 ans : C₁₀ ≈ 1 218,99 €. Voir les intérêts composés.

Sens de variation (u₀ > 0)

RaisonComportement
q > 1strictement croissante, tend vers +∞
q = 1constante
0 < q < 1strictement décroissante, tend vers 0
q < 0alterne de signe

Si u₀ < 0, les sens de variation sont inversés.

La croissance exponentielle

Les points (n ; uₙ) ne sont pas alignés : ils suivent une courbe de type exponentiel. Une suite géométrique de raison q > 1 finit toujours par dépasser n’importe quelle suite arithmétique, même si elle part plus bas. Légende de l’échiquier : un grain de riz sur la première case, puis on double à chaque case. Sur les 64 cases, le total vaut 2⁶⁴ − 1, soit environ 1,8 × 10¹⁹ grains. La version continue est la fonction exponentielle.

La somme des termes

Formule de base (q ≠ 1) : 1 + q + q² + … + qⁿ = (1 − qⁿ⁺¹) / (1 − q).

Somme de termes consécutifs :

S = premier terme × (1 − q^(nombre de termes)) / (1 − q)

Exemple : u₀ = 3, q = 2. Somme de u₀ à u₅ (6 termes) : S = 3 × (1 − 2⁶)/(1 − 2) = 3 × 63 = 189. Vérification : 3 + 6 + 12 + 24 + 48 + 96 = 189.

La limite de qⁿ (terminale)

qLimite de qⁿ
q > 1+∞
q = 11
−1 < q < 10
q ≤ −1pas de limite

Si −1 < q < 1, la somme 1 + q + q² + … tend vers 1/(1 − q). Exemple : 1 + 1/2 + 1/4 + … = 2. C’est la solution du paradoxe de Zénon.

Erreurs fréquentes

  • Ajouter au lieu de multiplier : une hausse de 3 % par an n’est pas une suite arithmétique.
  • Prendre q = 0,03 pour une hausse de 3 % : la raison est 1,03.
  • Indice de départ : avec u₁, c’est qⁿ⁻¹.
  • Mal compter les termes dans la formule de somme.
  • Croire qu’une baisse de 20 % deux fois fait −40 % : 0,8² = 0,64, soit −36 %.

Exercice corrigé

  1. (uₙ) géométrique, u₀ = 50, q = 0,8. u₅ = 50 × 0,8⁵ = 16,384.
  2. La suite est décroissante et tend vers 0.
  3. Une ville de 20 000 habitants croît de 3 % par an : Pₙ = 20 000 × 1,03ⁿ. Après 5 ans : ≈ 23 185 habitants.
  4. u₁ = 2 et u₄ = 54 : q³ = 27, donc q = 3.
  5. Somme 1 + 3 + 9 + … + 3⁷ (8 termes) : (1 − 3⁸)/(1 − 3) = 6 560 / 2 = 3 280.

Questions fréquentes

Comment savoir si une suite est géométrique ?

On montre que uₙ₊₁ = q × uₙ pour tout n, par exemple en calculant le quotient uₙ₊₁ / uₙ lorsqu’il est défini et en vérifiant qu’il est constant.

Quelle est la formule d’une suite géométrique ?

uₙ = u₀ × qⁿ, ou uₙ = u₁ × qⁿ⁻¹ si le premier terme est u₁.

Quelle est la raison pour une augmentation de 5 % ?

q = 1 + 5/100 = 1,05. Pour une baisse de 5 %, q = 0,95.

Une suite géométrique tend-elle toujours vers l’infini ?

Non. Si la raison est comprise strictement entre −1 et 1, elle tend vers 0. Elle tend vers l’infini (en valeur absolue) seulement si |q| > 1.

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