Santé et secours · Urgences courantes
Noyade
La noyade est une détresse respiratoire due à l’immersion dans un liquide. Hors de l’eau, si la victime ne respire pas, appelez le 15 et commencez par 5 insufflations puis le massage cardiaque. Toute victime de noyade doit être examinée.
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La noyade est une asphyxie : l’eau dans les voies respiratoires empêche l’oxygène d’arriver aux poumons, puis au cerveau et au cœur. Elle est rapide et souvent silencieuse : une personne qui se noie ne crie pas et n’agite pas les bras ; elle s’épuise à garder la bouche hors de l’eau, et un jeune enfant peut couler en quelques secondes dans quelques centimètres d’eau. En France, les noyades accidentelles causent plusieurs centaines de décès chaque année, principalement l’été, et sont l’une des premières causes de mort accidentelle chez l’enfant.
Reconnaître une personne qui se noie
- tête basse dans l’eau, bouche au niveau de la surface ;
- tête renversée en arrière, bouche ouverte ;
- regard vide, yeux fermés ou cheveux sur le visage ;
- corps vertical, sans mouvement des jambes, comme sur une échelle invisible ;
- tentative de nager sans avancer, ou de se retourner sur le dos ;
- absence de cri : la personne n’a pas assez d’air pour appeler.
Un enfant qui devient soudain silencieux dans l’eau doit être vérifié immédiatement.
Que faire, étape par étape
1. Alerter et sortir la victime sans se mettre en danger
- Donnez l’alerte : prévenez les maîtres-nageurs ou sauveteurs s’il y en a, faites appeler le 18, le 15 ou le 112 (196 en mer).
- Lancez un objet flottant (bouée, gilet, planche, glacière vide) ou tendez une perche, une branche, une serviette, en restant stable sur le bord.
- N’entrez dans l’eau qu’en dernier recours, si vous savez bien nager, avec un objet flottant, et jamais en eau vive, glacée ou agitée sans formation. De nombreux sauveteurs improvisés se noient chaque année.
- Sortez la victime de l’eau dès que possible, en la gardant à l’horizontale si l’on peut.
2. Une fois hors de l’eau
- Allongez-la sur le dos, sur une surface plane.
- Vérifiez sa conscience et sa respiration (tête basculée en arrière, menton relevé, 10 secondes).
- Elle ne respire pas ou respire anormalement : faites alerter si ce n’est pas fait ; si vous êtes formé, commencez par 5 insufflations (l’arrêt est dû au manque d’oxygène), puis enchaînez 30 compressions et 2 insufflations ; si vous n’êtes pas formé, faites des compressions continues, guidé par le 15. Faites apporter un défibrillateur et séchez la poitrine avant de coller les électrodes.
- Elle respire mais reste inconsciente : position latérale de sécurité, couvrez-la, appelez le 15 et surveillez sa respiration en continu.
- Elle est consciente : installez-la dans la position où elle se sent le mieux, retirez ses vêtements mouillés, séchez-la, couvrez-la (couverture de survie), rassurez-la et appelez le 15.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas essayer de « vider l’eau » des poumons en appuyant sur le ventre ou en suspendant la victime tête en bas : c’est inutile et retarde la réanimation.
- Ne pas plonger dans une eau inconnue pour secourir sans objet flottant.
- Ne pas laisser repartir une victime qui a bu la tasse et toussé, même si elle va bien : des complications respiratoires peuvent apparaître dans les heures suivantes.
- Ne pas interrompre la réanimation pour réchauffer la victime : les deux se font en même temps si possible.
Après une noyade : pourquoi consulter même si tout va bien
Une personne qui a inhalé de l’eau, même en petite quantité, peut développer dans les heures qui suivent une atteinte des poumons : toux persistante, essoufflement, respiration rapide, fatigue anormale, somnolence. C’est pourquoi toute victime de noyade, même consciente et apparemment rétablie, doit être évaluée par un médecin, sur avis du 15.
Prévention
- Surveiller les enfants en permanence, à portée de bras, sans téléphone ni distraction ; désigner un adulte responsable de la surveillance.
- Équiper les piscines privées : en France, les piscines enterrées non closes privatives à usage individuel ou collectif doivent être équipées d’un dispositif de sécurité normalisé (barrière, couverture, abri ou alarme), en application de la loi du 3 janvier 2003. La barrière reste le dispositif le plus protecteur pour les jeunes enfants.
- Apprendre à nager aux enfants le plus tôt possible ; en France, l’aisance aquatique est encouragée dès 4 ans.
- Se baigner dans les zones surveillées, respecter les drapeaux de baignade.
- Ne pas se baigner après avoir bu de l’alcool, ni en cas de fatigue ou de malaise.
- Entrer progressivement dans l’eau, surtout si elle est froide ou après une longue exposition au soleil.
- Porter un gilet de sauvetage sur un bateau, en kayak, à la pêche.
- Vider les bassines, pataugeoires et seaux après usage.
- Se former aux premiers secours (voir formation PSC1).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la « noyade sèche » ou « noyade secondaire » ?
Ces termes, très répandus sur internet, ne sont plus utilisés par les spécialistes. Il existe en revanche des complications respiratoires dans les heures qui suivent une noyade non mortelle, d’où la nécessité d’un avis médical après tout épisode avec toux, gêne respiratoire ou malaise.
Faut-il faire le bouche-à-bouche à une victime de noyade ?
Si vous êtes formé, oui : l’arrêt cardiaque est dû au manque d’oxygène, et les 5 insufflations initiales sont recommandées. Si vous ne l’êtes pas, faites des compressions continues en suivant les consignes du 15.
Combien de temps un enfant peut-il rester sous l’eau ?
Il n’y a pas de durée sûre : les lésions cérébrales peuvent survenir en quelques minutes. Chaque seconde compte, d’où l’importance de la surveillance et de la réanimation immédiate.
Peut-on se noyer dans très peu d’eau ?
Oui. Un jeune enfant peut se noyer dans quelques centimètres d’eau (baignoire, seau, pataugeoire), car il ne parvient pas à relever la tête.