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Santé et secours · Urgences courantes

Entorse

Une entorse est une lésion des ligaments d’une articulation, souvent la cheville. Froid, repos relatif, compression et surélévation soulagent ; ne pas pouvoir faire quatre pas impose de consulter.

Mis à jour le 4 min de lecture

Une entorse est une lésion des ligaments, ces bandes fibreuses qui relient les os entre eux au niveau d’une articulation. Elle survient lors d’un mouvement forcé qui dépasse l’amplitude normale de l’articulation : pied qui se tord vers l’intérieur en marchant ou en sport, genou qui pivote, doigt retourné. La cheville est de loin la plus touchée, en particulier le ligament situé sur sa face externe. Une entorse n’est pas une fracture, mais les deux peuvent être difficiles à distinguer sans examen.

Entorse bénigne ou grave ?

GravitéLésionSignes habituels
Bénigne (« foulure »)Ligament étiré, sans ruptureDouleur modérée, léger gonflement, appui possible
MoyenneRupture partielleDouleur vive, gonflement, bleu, appui difficile
GraveRupture complète d’un ou plusieurs ligamentsCraquement au moment de l’accident, douleur intense, gonflement rapide et important, gros hématome, sensation d’instabilité

La douleur initiale n’est pas un bon indicateur : certaines entorses graves deviennent peu douloureuses après quelques heures. Seul un examen médical permet d’évaluer la gravité, souvent plus précisément au bout de quelques jours, quand le gonflement a diminué.

Les premiers gestes

Le protocole classique est résumé en français par l’acronyme GREC (Glace, Repos, Élévation, Compression) :

  1. Arrêter l’activité immédiatement : ne pas « finir le match ».
  2. Glace : appliquer du froid 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour pendant les 48 premières heures, jamais directement sur la peau (glace dans un linge ou poche de froid).
  3. Repos relatif : limiter l’appui douloureux les premiers jours, en s’aidant si besoin de béquilles.
  4. Élévation : surélever le membre au-dessus du niveau du cœur, par exemple pied posé sur des coussins en position allongée.
  5. Compression : une bande élastique modérément serrée limite le gonflement ; elle ne doit ni faire mal, ni bleuir, ni engourdir les orteils, et s’enlève la nuit.
  6. Antalgique : du paracétamol peut soulager ; les anti-inflammatoires ne doivent être pris que sur avis.

Faut-il passer une radio ?

Non, pas systématiquement. Pour la cheville, les médecins utilisent des critères validés (les règles d’Ottawa) : une radiographie est demandée notamment si la personne ne peut pas faire quatre pas, juste après l’accident et lors de l’examen, ou si certaines zones osseuses précises sont douloureuses à la pression (bord postérieur et pointe des malléoles, base du cinquième métatarsien sur le bord externe du pied, os naviculaire). En dehors de ces cas, une fracture est très peu probable. Une échographie ou une IRM peut être demandée plus tard en cas d’instabilité persistante.

Quand consulter un médecin

  • impossibilité de poser le pied ou de faire quatre pas ;
  • douleur vive à la pression d’un os ;
  • gonflement ou hématome important ;
  • craquement entendu au moment de l’accident ;
  • sensation que l’articulation « se dérobe » ;
  • absence d’amélioration nette au bout de quelques jours ;
  • entorse du genou, du poignet ou du pouce, où des lésions ligamentaires passent facilement inaperçues.

Guérison et rééducation

Une entorse bénigne guérit en général en une à trois semaines, une entorse moyenne en trois à six semaines, et une entorse grave peut demander six semaines à trois mois. Le médecin peut prescrire une attelle ou une chevillère, et des séances de kinésithérapie. La rééducation de l’équilibre (proprioception) et le renforcement des muscles est essentielle : une entorse mal rééduquée expose aux récidives et à une instabilité chronique de la cheville. La reprise de la marche est encouragée dès que la douleur le permet : une immobilisation stricte prolongée n’est plus recommandée pour la plupart des entorses de cheville.

Questions fréquentes

Une entorse peut-elle être plus grave qu’une fracture ?

Une entorse grave, avec rupture ligamentaire, peut demander une récupération aussi longue qu’une fracture simple et laisser une instabilité si elle est mal soignée. Elle ne doit pas être négligée.

Peut-on marcher avec une entorse ?

Oui, si la douleur le permet, en général avec un appui progressif et éventuellement une attelle. Marcher précocement aide à la guérison, à condition qu’une fracture ait été écartée si nécessaire.

Pourquoi la cheville devient-elle bleue plusieurs jours après ?

L’hématome dû à la rupture de petits vaisseaux descend avec la gravité et change de couleur en se résorbant, du violet au jaune-vert. C’est normal.

Que mettre dans sa trousse pour une entorse ?

Une poche de froid instantané et une bande élastique sont utiles. Voir la fiche trousse de secours.

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