Santé et secours · Urgences courantes
Saignement de nez (épistaxis)
Pour arrêter un saignement de nez, on s’assoit tête penchée en avant, on se mouche puis on pince fermement les narines pendant 10 minutes sans relâcher. Il ne faut pas pencher la tête en arrière.
Mis à jour le 3 min de lecture
Le saignement de nez, ou épistaxis, est très fréquent, en particulier chez l’enfant et la personne âgée. Dans la grande majorité des cas, il provient d’une zone très vascularisée située à l’avant de la cloison nasale, la tache vasculaire, et il est bénin. Il est favorisé par l’air sec, le grattage du nez, le mouchage énergique, un rhume ou une allergie, un petit choc. Plus rarement, il vient de l’arrière du nez, est plus abondant et touche surtout des personnes âgées, hypertendues ou sous anticoagulant.
Les bons gestes
- S’asseoir, au calme, et pencher la tête en avant : le sang s’écoule par le nez au lieu de descendre dans la gorge.
- Se moucher une fois, doucement, pour évacuer les caillots.
- Pincer fermement les deux narines entre le pouce et l’index, juste sous la partie osseuse du nez, pendant 10 minutes montre en main, sans relâcher pour vérifier.
- Respirer par la bouche et cracher le sang qui arrive dans la gorge plutôt que de l’avaler.
- Relâcher doucement au bout de 10 minutes. Si le saignement reprend, recommencer 10 minutes de compression.
- Après l’arrêt, éviter de se moucher, de faire des efforts et de boire très chaud pendant quelques heures.
Une mèche hémostatique vendue en pharmacie, humidifiée et introduite dans la narine, peut être utilisée par une personne habituée. Une poche de froid sur la racine du nez peut être associée à la compression, mais ne la remplace pas.
Si la personne se sent mal
La vue du sang peut provoquer un malaise vagal : pâleur, sueurs, sensation d’évanouissement. Allonger alors la personne sur le côté, ou la garder assise penchée en avant si elle le supporte, tout en continuant de comprimer. Un saignement abondant peut aussi faire baisser la tension : voir la fiche hémorragie.
Quand consulter un médecin
- saignements répétés, même peu abondants ;
- saignement chez une personne sous anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel…) ;
- saignement associé à des bleus faciles, des saignements des gencives ou des règles très abondantes, qui peuvent révéler un trouble de la coagulation ;
- saignement d'une seule narine associé à un nez bouché du même côté qui persiste ;
- saignement après un choc sur le nez, surtout si le nez est déformé ;
- chez un nourrisson.
Le médecin ou l’ORL peut cautériser le petit vaisseau responsable, ou réaliser un méchage. Il vérifiera aussi la tension artérielle : l’hypertension ne provoque pas en elle-même les saignements, mais elle peut les rendre plus abondants et plus difficiles à arrêter.
Prévenir les saignements
- humidifier l’air de la chambre en hiver et éviter de surchauffer ;
- hydrater la muqueuse avec du sérum physiologique ou une pommade adaptée conseillée par le pharmacien ;
- couper court les ongles des enfants et éviter de se gratter le nez ;
- se moucher doucement, une narine après l’autre.
Questions fréquentes
Faut-il mettre un mouchoir ou du coton dans le nez ?
Ce n’est pas nécessaire : la compression des narines suffit dans la grande majorité des cas. Un coton sec colle au caillot et risque de faire repartir le saignement en le retirant.
Pourquoi les enfants saignent-ils souvent du nez ?
Leur muqueuse nasale est fragile, ils se grattent souvent le nez et font fréquemment des rhumes. Ces saignements sont presque toujours bénins.
Peut-on avoir du sang dans la bouche ou vomir du sang après un saignement de nez ?
Oui, si du sang a été avalé : il peut ensuite être vomi, ou colorer les selles en noir le lendemain. Cela ne signifie pas forcément un saignement digestif, mais signalez-le au médecin en cas de doute.