Santé et secours · Urgences courantes
Intoxication au monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz invisible, inodore et toxique. Maux de tête, nausées et malaise chez plusieurs personnes d’un même lieu doivent faire aérer, évacuer et appeler le 18, le 15 ou le 112.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le monoxyde de carbone (CO) se forme lorsqu’un combustible (gaz, fioul, bois, charbon, essence, pétrole) brûle sans assez d’oxygène. Il ne se voit pas, ne sent rien et n’irrite pas : on peut s’intoxiquer sans s’en rendre compte, notamment pendant le sommeil. Une fois respiré, il se fixe sur l’hémoglobine des globules rouges environ 200 à 250 fois plus facilement que l’oxygène et empêche son transport vers les organes (voir respiration). Le cerveau et le cœur en souffrent les premiers. En France, il provoque chaque année plusieurs milliers d’intoxications et des dizaines de décès, surtout pendant la saison de chauffage.
Reconnaître une intoxication
Les signes sont trompeurs, car ils ressemblent à ceux d’une grippe ou d’une indigestion :
| Intoxication | Signes |
|---|---|
| Légère à modérée | Maux de tête, fatigue, nausées, vomissements, vertiges, troubles visuels |
| Sévère | Faiblesse musculaire (impossibilité de se lever), confusion, somnolence, douleur thoracique, palpitations, essoufflement |
| Grave | Perte de connaissance, convulsions, coma, arrêt cardiaque |
Que faire, étape par étape
- Aérez immédiatement : ouvrez largement portes et fenêtres.
- Arrêtez les appareils à combustion si vous pouvez le faire rapidement et sans danger.
- Évacuez tout le monde, y compris les animaux, à l’extérieur.
- Appelez le 18, le 15 ou le 112. Indiquez qu’il s’agit d’une suspicion d’intoxication au monoxyde de carbone et le nombre de personnes concernées.
- Ne retournez pas dans les lieux avant le passage d’un professionnel qualifié qui aura identifié et corrigé la cause.
- Victime inconsciente : si vous pouvez la sortir rapidement de l’atmosphère toxique sans risque pour vous, faites-le ; sinon, attendez les pompiers. À l’air libre, vérifiez sa respiration : PLS si elle respire, massage cardiaque si elle ne respire pas.
- Toutes les personnes exposées doivent être examinées, même si elles se sentent mieux à l’air frais.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas rester dans le logement « le temps d’aérer ».
- Ne pas entrer dans un local enfumé ou suspect pour porter secours sans protection : de nombreux sauveteurs improvisés sont intoxiqués à leur tour.
- Ne pas rallumer les appareils avant leur vérification.
- Ne pas banaliser les maux de tête collectifs pendant la saison de chauffage.
Le traitement médical
À l’hôpital, le traitement repose sur l'oxygène à forte concentration, qui accélère l’élimination du CO. Le taux de carboxyhémoglobine est mesuré par prise de sang (ou dans l’air expiré). Dans les formes graves (perte de connaissance, signes neurologiques, femme enceinte), une oxygénothérapie hyperbare en caisson peut être indiquée. Certaines victimes gardent des séquelles neurologiques (troubles de la mémoire, de la concentration, maux de tête), parfois apparues plusieurs jours ou semaines après l’intoxication : un suivi est nécessaire.
Les sources de monoxyde de carbone
- chaudières, chauffe-eau et chauffe-bains au gaz ou au fioul mal entretenus ou mal ventilés ;
- poêles, cheminées, inserts à bois ou à charbon ;
- chauffages d’appoint à combustion utilisés en continu ;
- groupes électrogènes et moteurs thermiques utilisés à l’intérieur (y compris dans un garage, même porte ouverte) ;
- braseros et barbecues utilisés à l’intérieur ;
- conduits de cheminée obstrués, aérations bouchées.
Prévention
- Faire vérifier et entretenir chaque année les installations de chauffage et de production d’eau chaude par un professionnel qualifié, et faire ramoner les conduits (obligation réglementaire en France).
- Aérer son logement au moins 10 minutes par jour et ne jamais boucher les entrées et sorties d’air.
- Ne jamais utiliser à l’intérieur un groupe électrogène, un barbecue ou un brasero.
- Ne pas utiliser de chauffage d’appoint en continu ; ne jamais se chauffer avec la cuisinière ou le four.
- Installer un détecteur de monoxyde de carbone à proximité des appareils à combustion et des chambres. Au Québec, ce détecteur est obligatoire dans de nombreuses situations (logements avec appareil à combustion ou garage attenant, selon la réglementation applicable).
- Ne pas confondre avec le détecteur de fumée, qui ne détecte pas le CO.
Questions fréquentes
Peut-on sentir le monoxyde de carbone ?
Non. Il est inodore, incolore et non irritant. L’odeur que l’on sent parfois provient d’autres produits de combustion, pas du CO lui-même. Seul un détecteur permet de le repérer.
Un détecteur de fumée détecte-t-il le monoxyde de carbone ?
Non. Ce sont deux appareils différents. Il existe des détecteurs combinés, mais un détecteur de fumée simple ne réagit pas au CO.
Combien de temps après l’intoxication les symptômes apparaissent-ils ?
Les premiers signes peuvent apparaître en quelques minutes à quelques heures selon la concentration. Des troubles neurologiques retardés peuvent survenir de quelques jours à quelques semaines après une intoxication sévère.
Quel numéro appeler en cas de suspicion ?
Le 18 (pompiers), le 15 (SAMU) ou le 112 en France ; le 911 au Québec. Les pompiers disposent de détecteurs pour mesurer le CO dans le logement.