Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Malaise hypoglycémique
Le malaise hypoglycémique survient quand le sucre dans le sang descend trop bas. Si la personne est consciente, donnez-lui 15 g de sucre rapide ; si elle est inconsciente, ne lui donnez rien par la bouche, mettez-la en PLS et appelez le 15.
Mis à jour le 5 min de lecture
L’hypoglycémie est une baisse anormale du taux de sucre (glucose) dans le sang. Le cerveau, qui consomme du glucose en permanence et n’a presque pas de réserves, est le premier à souffrir : d’où des malaises, des troubles du comportement et, dans les formes sévères, une perte de connaissance ou des convulsions. Elle concerne surtout les personnes diabétiques traitées par insuline ou par certains comprimés (sulfamides hypoglycémiants, glinides). En dehors du diabète, une véritable hypoglycémie est rare et justifie un bilan médical.
Les signes d’un malaise hypoglycémique
Les signes apparaissent souvent rapidement et varient d’une personne à l’autre. Une personne diabétique apprend en général à reconnaître les siens.
| Signes d’alerte (réaction de l’organisme) | Signes de manque de sucre au cerveau |
|---|---|
| Sueurs, souvent abondantes | Difficultés de concentration, lenteur |
| Tremblements | Troubles de la vision (vision double, floue) |
| Palpitations, cœur rapide | Maux de tête |
| Faim intense, brutale | Comportement inhabituel : irritabilité, agressivité, euphorie |
| Pâleur | Confusion, propos incohérents, démarche ébrieuse |
| Anxiété, nervosité | Somnolence, convulsions, perte de connaissance |
Que faire si la personne est consciente
Si la personne est consciente, capable d’avaler sans difficulté et de suivre des consignes :
- Faites-la asseoir ou allonger, elle ne doit pas conduire ni continuer son activité.
- Mesurez la glycémie si un lecteur est disponible, sans retarder le resucrage si la personne présente des signes nets.
- Donnez 15 g de sucre rapide, par exemple : 3 morceaux de sucre n° 4 (ou 5 morceaux n° 3), ou un petit verre (150 ml) de jus de fruits ou de soda non allégé, ou une cuillère à soupe de miel ou de confiture.
- Attendez 15 minutes au repos, puis contrôlez de nouveau la glycémie.
- Si la glycémie reste sous 0,70 g/l ou si les signes persistent, redonnez 15 g de sucre.
- Une fois la glycémie remontée, donnez une collation contenant des sucres lents (pain, biscuits) si le prochain repas est éloigné de plus d’une heure environ.
- Appelez le 15 si les signes ne cèdent pas après deux resucrages, ou si l’état se dégrade.
Que faire si la personne est inconsciente ou confuse
- Ne lui donnez rien par la bouche : elle risque de faire une fausse route.
- Vérifiez sa respiration. Si elle respire, mettez-la en position latérale de sécurité. Si elle ne respire pas, commencez le massage cardiaque.
- Appelez le 15 ou le 112. Précisez qu’il s’agit d’une personne diabétique.
- Glucagon : si l’entourage a été formé et dispose d’un kit (injection ou poudre nasale), il peut l’administrer selon la notice. La personne se réveille en général en 10 à 15 minutes ; elle doit alors manger des sucres rapides puis lents.
- Surveillez-la jusqu’à l’arrivée des secours. Si elle convulse, protégez-la sans la maintenir (voir crise d’épilepsie : que faire).
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas mettre de sucre dans la bouche d’une personne inconsciente.
- Ne pas laisser repartir seule ni conduire une personne qui vient de faire une hypoglycémie.
- Ne pas donner d’insuline ou un médicament antidiabétique à une personne qui fait un malaise.
- Ne pas utiliser de boissons « light » ou « zéro » pour le resucrage.
- Ne pas oublier qu’une hypoglycémie sous sulfamides peut récidiver pendant plusieurs heures : une surveillance prolongée est nécessaire.
Les causes d’une hypoglycémie chez la personne diabétique
- repas sauté, retardé ou trop pauvre en glucides ;
- activité physique inhabituelle ou prolongée, sans adaptation du traitement ;
- dose d’insuline trop élevée, erreur de dose ou d’injection ;
- consommation d’alcool, surtout à jeun (il bloque la production de glucose par le foie) ;
- vomissements, diarrhée ;
- insuffisance rénale, perte de poids, modifications du traitement.
En dehors du diabète, une hypoglycémie confirmée par une prise de sang est rare (jeûne prolongé, alcool, certains médicaments, maladies du foie ou des glandes, très rarement tumeur sécrétant de l’insuline) : elle nécessite un bilan médical. La sensation de « coup de pompe » quelques heures après un repas riche en sucres, souvent appelée hypoglycémie réactionnelle, n’est pas toujours une vraie hypoglycémie ; parlez-en à votre médecin.
Prévention
- Ne pas sauter de repas et répartir les glucides dans la journée.
- Contrôler sa glycémie avant, pendant et après une activité physique, et adapter son traitement selon les conseils de son médecin.
- Avoir toujours sur soi du sucre (au moins 15 g, idéalement 30 g).
- Contrôler sa glycémie avant de conduire.
- Porter une carte ou un bracelet signalant le diabète.
- Informer et former l’entourage aux signes et au glucagon.
- Signaler toute hypoglycémie sévère ou répétée à son médecin : le traitement doit être réévalué.
Questions fréquentes
Quel taux de sucre est une hypoglycémie ?
Chez la personne diabétique traitée, une glycémie inférieure à 0,70 g/l (3,9 mmol/l) définit l’hypoglycémie. Une valeur inférieure à 0,54 g/l (3,0 mmol/l) est considérée comme significative.
Peut-on faire une hypoglycémie sans être diabétique ?
C’est possible mais rare. Des signes évocateurs survenant en dehors de tout diabète justifient une consultation pour confirmer l’hypoglycémie par une mesure et en rechercher la cause.
Combien de temps faut-il pour se remettre d’une hypoglycémie ?
Les signes disparaissent généralement 10 à 15 minutes après le resucrage. Une fatigue et des maux de tête peuvent persister quelques heures.
Une hypoglycémie peut-elle provoquer une perte de connaissance ?
Oui, dans les formes sévères. C’est une urgence : ne rien donner par la bouche, PLS si la personne respire, appel du 15, glucagon si disponible.