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Littérature · Œuvres

Le Grand Meaulnes

Le Grand Meaulnes est l’unique roman d’Alain-Fournier (1913). François Seurel raconte comment son ami Augustin Meaulnes découvrit un domaine mystérieux et Yvonne de Galais.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le Grand Meaulnes est l’unique roman d’Henri-Alban Fournier, dit Alain-Fournier (1886-1914). Publié en feuilleton dans La Nouvelle Revue française de juillet à octobre 1913, puis en volume chez Émile-Paul, il manque de peu le prix Goncourt. Un an plus tard, son auteur est tué au front. Le roman est devenu l’un des plus lus du XXe siècle en France, le livre par excellence de l’adolescence et du rêve.

La genèse

Le 1er juin 1905, à Paris, le jeune Henri Fournier croise sur le Cours-la-Reine une jeune fille, Yvonne de Quiévrecourt, qu’il suit et à qui il parle brièvement. Elle est fiancée. Il ne la revoit qu’une fois, en 1913, mariée et mère. Cette rencontre devient le cœur du roman. Le paysage de son enfance, entre Épineuil-le-Fleuriel, où son père était instituteur, et la Sologne, fournit le cadre.

Résumé

Première partie : le domaine mystérieux

« Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189… » Le narrateur, François Seurel, quinze ans, fils des instituteurs de Sainte-Agathe, voit arriver à l’école un grand garçon de dix-sept ans, Augustin Meaulnes, que les élèves surnomment aussitôt « le grand Meaulnes ». Peu avant Noël, Meaulnes part sans permission chercher en carriole les grands-parents de François à la gare. Il se perd et découvre, au milieu des bois, un domaine mystérieux où se prépare une fête étrange : des enfants costumés y organisent les noces de Frantz de Galais, fils du château. Meaulnes rencontre Yvonne de Galais, la sœur de Frantz, et s’éprend d’elle. Mais la fiancée de Frantz ne vient pas ; Frantz, désespéré, interrompt la fête. Meaulnes, ramené de nuit, ne sait plus retrouver le chemin.

Deuxième partie : la recherche

Meaulnes cherche en vain le domaine. Un jeune bohémien, arrivé avec une troupe de comédiens ambulants, se lie avec les deux garçons : c’est Frantz, qui leur révèle une partie du chemin et leur fait jurer de répondre à son appel (« Hou-ou ! ») s’il a besoin d’eux. Meaulnes part pour Paris, espérant y retrouver Yvonne. Il n’envoie bientôt plus que de brèves lettres désespérées.

Troisième partie : les retrouvailles et la perte

François, grâce à sa tante, retrouve la trace d’Yvonne de Galais : le domaine a été vendu et démoli, la famille ruinée. Il organise une partie de campagne où Meaulnes la revoit. Meaulnes épouse Yvonne. Mais le soir des noces, Frantz lance son appel : Meaulnes, tenu par son serment et par une faute secrète, part aussitôt. On apprend par son journal qu’à Paris il a eu une liaison avec Valentine, qu’il a abandonnée avant de découvrir qu’elle était la fiancée perdue de Frantz : il veut la retrouver pour la rendre à son ami. Yvonne met au monde une petite fille et meurt. Des mois plus tard, Meaulnes revient avec Frantz et Valentine réunis. François lui remet sa fille ; le narrateur l’imagine partant avec elle pour de nouvelles aventures.

Les personnages

PersonnageRôle
François SeurelNarrateur, ami et admirateur de Meaulnes, témoin fidèle
Augustin MeaulnesAdolescent aventureux, rêveur, incapable de se fixer
Yvonne de GalaisJeune fille du domaine, idéal amoureux de Meaulnes
Frantz de GalaisFrère d’Yvonne, enfant capricieux et romanesque
Valentine BlondeauFiancée de Frantz, puis maîtresse de Meaulnes
GanacheCompagnon bohémien de Frantz

Les thèmes

L’adolescence et le rêve

Le roman capte le passage de l’enfance à l’âge adulte : les jeux, les amitiés, les secrets, la soif d’aventure. Le domaine mystérieux figure le paradis de l’enfance, qu’on ne retrouve jamais.

L’amour idéal

Yvonne est moins une femme qu’un rêve. Meaulnes ne peut supporter le bonheur réel : à peine marié, il s’enfuit. L’amour idéalisé se heurte à la réalité.

La quête et la perte

Toute l’intrigue repose sur une recherche : le chemin perdu, la jeune fille, la fiancée de Frantz. Mais chaque retrouvaille déçoit ou détruit. Le domaine est démoli, Yvonne meurt.

Le merveilleux dans le réel

Le roman mêle le réalisme de la vie villageoise (l’école, les saisons, les paysans) et une atmosphère de conte, proche du symbolisme. Rien n’est surnaturel, mais tout paraît enchanté.

Le narrateur

François Seurel raconte des années après. Il est le témoin, l’ami fidèle et le confident, plus que le héros. Son regard admiratif et nostalgique donne au roman sa mélancolie. Le récit s’appuie parfois sur ce que d’autres lui ont raconté et sur le journal de Meaulnes (voir la focalisation).

L’auteur mort à la guerre

Lieutenant d’infanterie, Alain-Fournier est tué le 22 septembre 1914 près de Saint-Remy-la-Calonne, dans la Meuse, au tout début de la Première Guerre mondiale. Son corps, enterré dans une fosse commune avec ses compagnons, n’a été identifié qu’en 1992. Sa correspondance avec son ami et beau-frère Jacques Rivière est une autre œuvre majeure.

Questions fréquentes

Pourquoi Meaulnes part-il le soir de ses noces ?

Parce que Frantz l’appelle et qu’il a juré de répondre, mais aussi parce qu’il se sent coupable d’avoir abandonné Valentine, la fiancée de Frantz. Il veut réparer sa faute.

Qui raconte Le Grand Meaulnes ?

François Seurel, l’ami de Meaulnes, fils des instituteurs de Sainte-Agathe. Il raconte les événements avec le recul des années.

Le Grand Meaulnes a-t-il eu le Goncourt ?

Non. En 1913, le prix est allé à Le Peuple de la mer de Marc Elder.

Qu’est-ce que le domaine mystérieux ?

Le château des Galais, découvert par hasard par Meaulnes lors d’une fête étrange. Il symbolise le paradis perdu de l’enfance.

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