Littérature · Œuvres
Contes du lundi
Les Contes du lundi sont un recueil de récits courts d’Alphonse Daudet publié en 1873. La plupart évoquent la guerre de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Lorraine, dont La Dernière Classe, l’un des contes les plus lus à l’école.
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Les Contes du lundi tirent leur nom de leur première publication : Daudet les a d’abord donnés à la presse sous forme de chroniques, parues pour la plupart le lundi. Écrits juste après la défaite de 1870 et la Commune, ils sont plus sombres que les Lettres de mon moulin. La première partie, la plus célèbre, est consacrée à la guerre de 1870 et à ses conséquences.
La Dernière Classe
Résumé
Le conte a pour sous-titre Récit d’un petit Alsacien. Le narrateur, Frantz, est un écolier qui arrive en retard à l’école un matin, sans connaître sa leçon sur les participes. Il s’attend à être grondé, mais trouve une classe silencieuse et solennelle. Le maître, M. Hamel, porte ses habits de fête. Au fond de la salle, des vieux du village sont assis, dont l’ancien maire.
M. Hamel annonce que c’est la dernière classe de français : un ordre est venu de Berlin, et désormais on n’enseignera plus que l’allemand dans les écoles d’Alsace et de Lorraine. Frantz regrette soudain toutes les leçons manquées. M. Hamel parle de la langue française comme de la plus belle langue du monde, qu’il faut garder, car un peuple qui conserve sa langue tient la clé de sa prison. Chacun travaille avec une attention nouvelle. À midi, les trompettes prussiennes sonnent. M. Hamel, trop ému pour parler, écrit au tableau « VIVE LA FRANCE ! » et fait signe que l’école est finie.
Analyse
- Le point de vue de l’enfant : la tragédie historique est vécue par un écolier qui comprend peu à peu.
- La prise de conscience : Frantz passe de l’insouciance au regret, puis à l’attachement à sa langue.
- Le symbole de la langue : perdre sa langue, c’est perdre son identité ; la garder, c’est résister.
- Le registre pathétique : silence, détails (les habits du maître, les vieux au fond), gestes finaux.
- Le patriotisme : le conte a servi l’enseignement patriotique sous la IIIe République.
Les historiens rappellent qu’en Alsace, une grande partie de la population parlait alors un dialecte germanique : le conte idéalise la situation linguistique, mais il exprime fidèlement le traumatisme de l’annexion vu de France.
Les autres contes de la guerre
| Conte | Résumé |
|---|---|
| L’Enfant espion | Pendant le siège de Paris, le petit Stenne vend aux Prussiens des renseignements contre de l’argent. Son père, ancien soldat, découvre la vérité, rend l’argent et part combattre pour réparer la faute ; il ne revient pas. |
| Le Siège de Berlin | Un vieux colonel paralysé croit, grâce aux mensonges de sa petite-fille et du médecin, que l’armée française est victorieuse. Le jour où les Prussiens défilent dans Paris, il se lève en croyant voir les Français et meurt. |
| La Partie de billard | Pendant qu’une bataille se perd, un maréchal joue au billard et ne donne aucun ordre ; ses soldats meurent sans le voir. |
| Le Porte-drapeau | Après la capitulation de Metz, un vieux sergent ne supporte pas de voir le drapeau de son régiment livré à l’ennemi. |
Les thèmes
- La défaite et l’humiliation de 1870, vécues par des gens ordinaires.
- Le patriotisme et le refus de l’annexion.
- La critique des chefs (La Partie de billard) et l’éloge du courage des humbles.
- L’enfance face à l’histoire (La Dernière Classe, L’Enfant espion).
- Le mensonge et l’illusion (Le Siège de Berlin).
Pistes d’analyse pour un élève
- Étudier l’évolution du narrateur dans La Dernière Classe : de l’élève paresseux au jeune patriote.
- Relever les détails qui montrent que ce jour n’est pas comme les autres.
- Analyser la fin : pourquoi M. Hamel écrit-il au lieu de parler ?
- Comparer L’Enfant espion et La Dernière Classe : deux enfants, deux attitudes face à la guerre.
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce la dernière classe de français ?
Parce qu’après la défaite de 1870, l’Alsace et la Moselle sont annexées par l’Allemagne. Un ordre de Berlin impose l’enseignement de l’allemand dans les écoles.
Qui est M. Hamel ?
Le maître d’école du village, qui enseigne depuis quarante ans. Il doit partir le lendemain. Il fait sa dernière classe avec solennité et finit par écrire « Vive la France ! » au tableau.
Pourquoi les Contes du lundi s’appellent-ils ainsi ?
Parce que Daudet les a d’abord publiés dans la presse sous forme de chroniques, parues pour la plupart le lundi.
La Dernière Classe est-elle une histoire vraie ?
C’est une fiction, mais elle s’appuie sur un fait historique : l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871 et la germanisation de l’enseignement.