Littérature · Œuvres
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
Le Tour du monde en quatre-vingts jours est un roman de Jules Verne paru en 1872-1873. Phileas Fogg parie qu’il fera le tour de la Terre en quatre-vingts jours, avec son domestique Passepartout.
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Le Tour du monde en quatre-vingts jours est le roman le plus populaire de Jules Verne (1828-1905), auteur de Vingt mille lieues sous les mers. Paru en feuilleton dans le journal Le Temps du 6 novembre au 22 décembre 1872, puis en volume chez Hetzel en janvier 1873, il connaît un succès considérable, prolongé par une adaptation théâtrale triomphale en 1874. Le roman célèbre un monde transformé par les chemins de fer, les paquebots et le télégraphe.
Le contexte
Trois événements de 1869-1870 rendent possible un tour du monde rapide : l'ouverture du canal de Suez (1869), l’achèvement du premier chemin de fer transcontinental américain (1869) et la jonction des lignes ferroviaires à travers l’Inde (1870). Verne transforme en aventure une idée qui circulait dans la presse : grâce aux transports modernes, la Terre peut être parcourue en quatre-vingts jours (voir la révolution industrielle).
Le pari
Le 2 octobre 1872, au Reform Club, Phileas Fogg, gentleman londonien d’une ponctualité mathématique, affirme qu’on peut faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Il parie vingt mille livres, la moitié de sa fortune, et part le soir même, à 20 h 45, avec son nouveau domestique, le Français Passepartout. Il doit être de retour au club le 21 décembre à 20 h 45.
L’itinéraire
Le plan de Fogg, publié par le Morning Chronicle, prévoit :
| Étape | Moyen de transport | Durée prévue |
|---|---|---|
| Londres – Suez (par le Mont-Cenis et Brindisi) | Train et paquebot | 7 jours |
| Suez – Bombay | Paquebot | 13 jours |
| Bombay – Calcutta | Train | 3 jours |
| Calcutta – Hong Kong | Paquebot | 13 jours |
| Hong Kong – Yokohama | Paquebot | 6 jours |
| Yokohama – San Francisco | Paquebot | 22 jours |
| San Francisco – New York | Chemin de fer | 7 jours |
| New York – Londres | Paquebot et train | 9 jours |
| Total | 80 jours |
Résumé
Le détective Fix
Le jour du départ, un vol de 55 000 livres a été commis à la Banque d’Angleterre. L’inspecteur Fix, persuadé que Fogg est le voleur, le suit depuis Suez et attend un mandat d’arrêt pour l’arrêter en terre britannique. Il ne cesse de tenter de le retarder.
L’Inde et Aouda
En Inde, la voie ferrée s’interrompt : la ligne n’est pas achevée. Fogg achète un éléphant, Kiouni, pour traverser la forêt. En chemin, il sauve une jeune veuve indienne, Aouda, que l’on s’apprête à brûler sur le bûcher funéraire de son mari (le sati). Passepartout, déguisé, joue un rôle décisif dans le sauvetage. Aouda accompagne désormais les voyageurs.
L’Extrême-Orient
À Hong Kong, Fix enivre Passepartout pour l’empêcher de prévenir son maître du départ avancé du paquebot. Fogg manque le navire, affrète une petite goélette et rejoint Shanghai. Passepartout, seul à Yokohama, se fait engager dans une troupe d’acrobates avant d’être retrouvé par son maître.
L’Amérique
La traversée des États-Unis en train est riche en péripéties : un meeting politique agité à San Francisco, un troupeau de bisons qui bloque la voie, un pont fragile franchi à toute vapeur, une attaque de Sioux. Passepartout est enlevé ; Fogg sacrifie du temps pour le délivrer. Le groupe rejoint Omaha en traîneau à voile sur la neige.
Le retour
À New York, le paquebot pour Liverpool est parti. Fogg affrète un cargo, en prend le commandement et, à court de charbon, fait brûler les superstructures en bois du navire. À Liverpool, Fix l’arrête enfin. On découvre que le vrai voleur a été arrêté trois jours plus tôt ; Fogg est libéré mais arrive à Londres avec cinq minutes de retard. Il se croit ruiné. Aouda lui déclare son amour et ils décident de se marier.
Le coup de théâtre
Envoyé chez le pasteur, Passepartout découvre qu’on n’est pas dimanche mais samedi : en voyageant vers l’est, les voyageurs ont gagné un jour en franchissant le méridien, sans s’en rendre compte. Fogg se précipite au Reform Club et arrive à l’heure exacte. Il gagne son pari et épouse Aouda.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Phileas Fogg | Gentleman flegmatique, ponctuel, généreux sous sa froideur |
| Passepartout | Domestique français, ancien acrobate et pompier, maladroit et dévoué |
| Fix | Inspecteur de police qui croit Fogg voleur |
| Aouda | Jeune veuve indienne sauvée du bûcher, épouse de Fogg |
Les thèmes
- La maîtrise du temps : le roman, construit comme un schéma narratif d’épreuves successives, est une course contre la montre ; chaque retard menace l’échec.
- Le progrès technique : trains, paquebots, télégraphe rendent le monde plus petit.
- La découverte du monde : le récit traverse l’Empire britannique et les États-Unis, avec un regard parfois marqué par les préjugés de l’époque (voir la colonisation).
- Le flegme et l’humanité : sous son impassibilité, Fogg se révèle généreux, prêt à perdre du temps pour sauver Aouda ou Passepartout.
Questions fréquentes
Pourquoi Phileas Fogg gagne-t-il son pari ?
Parce qu’en voyageant vers l’est, il a gagné un jour en franchissant la ligne de changement de date. Il croit arriver le 22 décembre au soir alors qu’on est le 21.
Combien Phileas Fogg a-t-il parié ?
Vingt mille livres sterling. Il emporte vingt mille autres livres pour les frais du voyage, qu’il dépense presque entièrement.
Qui est Fix ?
Un inspecteur de police britannique convaincu que Fogg a volé la Banque d’Angleterre. Il le poursuit pendant tout le voyage.
Jules Verne a-t-il fait le tour du monde ?
Non. Il s’est documenté dans les journaux, les horaires et les récits de voyage. Le pari de Fogg a inspiré de vrais voyageurs, comme la journaliste américaine Nellie Bly, qui fit le tour du monde en 72 jours en 1889-1890.