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Langue française · Origine des expressions

Monter sur ses grands chevaux

Monter sur ses grands chevaux, c’est s’emporter, réagir avec colère et hauteur, souvent de façon excessive. L’image remonte au Moyen Âge : le chevalier enfourchait son grand cheval de guerre, le destrier, pour combattre.

Mis à jour le 3 min de lecture

Monter sur ses grands chevaux signifie se mettre en colère et adopter un ton offensé ou supérieur : Dès qu’on critique son travail, il monte sur ses grands chevaux. L’expression combine deux idées : l’emportement et la prétention à avoir raison.

Sens et emploi

L’expression décrit souvent une réaction disproportionnée : on monte sur ses grands chevaux pour un rien. Elle a une valeur légèrement critique ; on l’emploie volontiers pour calmer quelqu’un (ne monte pas sur tes grands chevaux). Le registre est courant.

Origine : le destrier médiéval

Les chevaux du chevalier

Au Moyen Âge, le chevalier possédait plusieurs chevaux, chacun avec sa fonction :

ChevalUsageCaractéristiques
DestrierCombat et tournoiGrand, puissant, dressé pour la guerre
PalefroiVoyage, paradeAllure confortable, monture de déplacement
RoncinTransport, écuyersCheval ordinaire, de moindre valeur
SommierBagagesBête de somme

Le destrier, ainsi nommé parce que l’écuyer le menait de la main droite (dextre) quand le chevalier ne le montait pas, était réservé au combat. Le chevalier voyageait sur son palefroi et ne montait sur son « grand cheval » qu’au moment de se battre.

De la bataille à la colère

« Monter sur ses grands chevaux » signifiait donc se préparer au combat. Le chevalier, en selle sur une monture plus haute, dominait aussi littéralement l’adversaire. Le sens figuré a retenu ces deux traits : l’humeur belliqueuse et la position de supériorité. L’expression est attestée sous des formes anciennes dès la fin du Moyen Âge, avec un sens figuré qui s’est fixé à l’époque classique.

Exemples

Équivalents étrangers

LangueÉquivalentSens littéralNuance
Anglaisto get on one’s high horsemonter sur son haut chevalInsiste sur l’arrogance moralisatrice
Anglaisto fly off the handleperdre le mancheInsiste sur la colère soudaine
Espagnolsubirse a la parramonter sur la treilleS’emporter, se prendre pour quelqu’un
Italienmontare in cattedramonter en chaireFaire la leçon

L’anglais to get on one’s high horse partage la même image, mais met davantage l’accent sur l’attitude moralisatrice. Au Québec, l’expression française est employée telle quelle.

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Questions fréquentes

Dit-on « monter sur ses grands chevaux » ou « sur son grand cheval » ?

La forme consacrée est au pluriel : monter sur ses grands chevaux. Monter sur son grand cheval se rencontre parfois mais reste rare.

Pourquoi le pluriel « chevaux » ?

Probablement parce que le chevalier disposait de plusieurs montures de guerre, ou par effet d’emphase. Le pluriel est figé depuis longtemps.

Qu’est-ce qu’un destrier ?

Le cheval de guerre du chevalier médiéval. Son nom vient du latin dextrarius, « qui est à droite », car l’écuyer le conduisait de la main droite.

Voir aussi le Moyen Âge et la liste des expressions françaises et leur origine.

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