Arts · Peintres et sculpteurs
Georges Seurat
Georges Seurat (1859-1891) est un peintre français, inventeur du pointillisme et chef du néo-impressionnisme. Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte applique une méthode scientifique de la couleur.
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Georges Seurat, né le 2 décembre 1859 à Paris et mort à Paris le 29 mars 1891, à 31 ans, est le fondateur du néo-impressionnisme. Voulant donner une base scientifique à la peinture impressionniste, il invente une technique faite de petites touches de couleurs pures juxtaposées, que l’œil du spectateur recompose à distance : le pointillisme, ou divisionnisme. En dix ans de carrière, il laisse sept grands tableaux, dont Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte, l’une des images emblématiques du post-impressionnisme.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 décembre 1859 | Naissance à Paris dans une famille aisée |
| 1878 – 1879 | Élève d’Henri Lehmann, disciple d’Ingres, à l’École des beaux-arts |
| 1879 – 1880 | Service militaire à Brest |
| 1881 – 1883 | Dessins au crayon Conté ; étude des théories de la couleur |
| 1884 | Une baignade, Asnières, refusée au Salon ; cofondateur du Salon des indépendants, où il rencontre Signac |
| 1884 – 1886 | Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte |
| 1886 | Huitième et dernière exposition impressionniste : la Grande Jatte fait scandale ; le critique Félix Fénéon parle de « néo-impressionnisme » |
| 1886 – 1890 | Étés sur les côtes de la Manche : Honfleur, Port-en-Bessin, Gravelines |
| 1887 – 1888 | Les Poseuses ; Parade de cirque |
| 1889 – 1890 | Le Chahut ; Jeune Femme se poudrant |
| 1890 – 1891 | Le Cirque, inachevé |
| 29 mars 1891 | Mort brutale à Paris, probablement d’une infection (diphtérie ou méningite) |
Une vie discrète et méthodique
Fils d’un huissier fortuné, Seurat n’a jamais besoin de vendre. Il reçoit une formation académique rigoureuse, admire Ingres, Delacroix et Piero della Francesca, et lit les savants de la couleur : le chimiste Michel-Eugène Chevreul, auteur de la loi du contraste simultané des couleurs (1839), le physicien américain Ogden Rood, le théoricien Charles Henry.
Secret, réservé, il cache même à sa famille sa liaison avec un modèle, Madeleine Knobloch, et l’existence de leur fils, né en 1890. Il travaille avec une lenteur extrême : la Grande Jatte lui demande deux ans et plus de cinquante études. Sa mort subite, à 31 ans, interrompt une œuvre en pleine évolution.
Le pointillisme
Le principe
Au lieu de mélanger les couleurs sur la palette, ce qui les ternit, Seurat pose côte à côte de petites touches de couleurs pures : bleu et jaune juxtaposés pour donner un vert vibrant, par exemple. Vu à distance, le tableau produit un mélange optique plus lumineux.
Le contraste
Il applique la loi de Chevreul : chaque couleur est exaltée par sa complémentaire (rouge et vert, bleu et orange, jaune et violet). Il peint même des bordures pointillées sur les marges et les cadres pour accompagner le tableau.
La ligne et l’émotion
Dans ses dernières œuvres, influencé par Charles Henry, il attribue aux lignes une valeur expressive : lignes montantes pour la gaieté (Le Chahut), descendantes pour la tristesse, horizontales pour le calme.
Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte
Sur une île de la Seine, au nord-ouest de Paris, une foule endimanchée se repose au bord de l’eau : bourgeois, canotiers, nourrices, soldats, une dame tenant un singe en laisse. Les figures, raides et vues de profil, semblent figées comme dans une frise égyptienne ou une fresque de Piero. Ce tableau de plus de deux mètres sur trois, exposé en 1886, devient le manifeste d’une génération. Il est conservé à l’Art Institute de Chicago depuis 1924 et ne voyage plus.
Œuvres majeures de Seurat
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Une baignade, Asnières | 1884 | National Gallery, Londres |
| Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte | 1884 – 1886 | Art Institute of Chicago |
| Les Poseuses | 1886 – 1888 | Barnes Foundation, Philadelphie |
| Port-en-Bessin, avant-port, marée haute | 1888 | Musée d’Orsay, Paris |
| Parade de cirque | 1887 – 1888 | Metropolitan Museum of Art, New York |
| Le Chahut | 1889 – 1890 | Musée Kröller-Müller, Otterlo |
| Jeune Femme se poudrant | 1889 – 1890 | Courtauld Gallery, Londres |
| Le Cirque | 1890 – 1891 | Musée d’Orsay, Paris |
L’héritage
Paul Signac, son disciple et théoricien, poursuit le mouvement et publie en 1899 D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. Pissarro adopte un temps la méthode, de même que Henri-Edmond Cross, Maximilien Luce ou Théo van Rysselberghe. La touche divisée influence Van Gogh, puis Matisse et le fauvisme, ainsi que les futuristes italiens. Sa rigueur géométrique fascine les cubistes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le pointillisme de Seurat ?
Une technique qui consiste à juxtaposer de petites touches de couleurs pures au lieu de les mélanger, pour que l’œil les recompose à distance. Elle repose sur les théories scientifiques de la couleur du XIXe siècle.
Où voir La Grande Jatte de Seurat ?
À l’Art Institute of Chicago. Le musée d’Orsay possède Le Cirque et plusieurs études pour la Grande Jatte.
Quelle différence entre impressionnisme et néo-impressionnisme ?
L’impressionnisme repose sur une touche spontanée et une perception instantanée ; le néo-impressionnisme systématise la décomposition des couleurs selon une méthode scientifique, avec une composition rigoureuse et lente.
Combien de tableaux a peint Seurat ?
Son œuvre compte sept grandes compositions, une série de marines et de paysages, de très nombreuses petites études peintes sur bois, qu’il appelait « croquetons », et plusieurs centaines de dessins au crayon Conté.