Arts · Peintres et sculpteurs
Sandro Botticelli
Sandro Botticelli (vers 1445-1510) est le grand peintre de la Florence des Médicis. Sa ligne gracieuse et ses sujets mythologiques, comme La Naissance de Vénus, incarnent la première Renaissance.
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Sandro Botticelli, de son vrai nom Alessandro di Mariano Filipepi, né vers 1445 à Florence et mort le 17 mai 1510 dans la même ville, est l’un des peintres majeurs de la Renaissance artistique italienne. Peintre favori de l’entourage de Laurent de Médicis, il est l’auteur des deux tableaux mythologiques les plus célèbres du Quattrocento, Le Printemps et La Naissance de Vénus. Oublié pendant trois siècles, il a été redécouvert au XIXe siècle.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| vers 1445 | Naissance à Florence, fils d’un tanneur |
| vers 1461 – 1467 | Formation auprès de Filippo Lippi |
| 1470 | Ouvre son propre atelier ; La Force pour le tribunal de commerce |
| vers 1475 | L’Adoration des mages (portraits des Médicis) |
| 1481 – 1482 | À Rome, peint trois fresques de la chapelle Sixtine |
| vers 1480 – 1485 | Le Printemps, Vénus et Mars, La Naissance de Vénus |
| 1490 – 1498 | Influence du prédicateur Savonarole à Florence |
| vers 1495 | La Calomnie d’Apelle |
| 1500 – 1501 | La Nativité mystique, sa seule œuvre signée et datée |
| 17 mai 1510 | Mort à Florence ; inhumé à l’église d’Ognissanti |
La vie de Botticelli
Formation et succès florentin
Après un bref apprentissage d’orfèvre, Botticelli entre dans l’atelier de Filippo Lippi, dont il retient les visages délicats et les voiles transparents. Il côtoie aussi l’atelier de Verrocchio, où se forme au même moment Léonard de Vinci. Installé à son compte vers 1470, il travaille pour les grandes familles florentines et surtout pour les Médicis et leurs proches. Dans L’Adoration des mages (Offices), les rois mages ont les traits de membres de la famille et Botticelli s’y représente lui-même, à droite, regardant le spectateur.
La chapelle Sixtine
En 1481, le pape Sixte IV appelle à Rome les meilleurs peintres d’Italie centrale (Pérugin, Ghirlandaio, Rosselli, Botticelli) pour décorer les murs de sa nouvelle chapelle. Botticelli y peint trois grandes fresques : Les Épreuves de Moïse, Le Châtiment de Coré, Dathan et Abiram et Les Tentations du Christ. Les fresques du plafond, par Michel-Ange, viendront trente ans plus tard.
Les années Savonarole
Dans les années 1490, le dominicain Jérôme Savonarole domine la vie de Florence et dénonce le luxe et les images profanes. Botticelli semble profondément touché : sa peinture devient plus grave, plus tourmentée, centrée sur les sujets religieux. La Nativité mystique (1501, National Gallery de Londres) porte une inscription en grec évoquant les troubles de l’Italie et l’Apocalypse. Ses dernières années sont mal connues ; son style passe de mode face à Léonard, Michel-Ange et Raphaël.
Le style de Botticelli
- La primauté de la ligne : contours nets, gestes souples, chevelures ondulantes ; le dessin compte plus que le volume ou la perspective.
- Des figures idéalisées : visages allongés, regard mélancolique, corps légers qui semblent flotter.
- Une couleur claire : tempera sur bois ou sur toile, tons lumineux et précieux.
- La mythologie antique : avec Le Printemps et La Naissance de Vénus, il est l’un des premiers à peindre de grands formats profanes inspirés des poètes antiques, dans l’esprit du néoplatonisme de l’Académie de Marsile Ficin, qui voit dans la beauté physique un reflet de la beauté divine.
Œuvres majeures de Botticelli
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| L’Adoration des mages | vers 1475 | Galerie des Offices, Florence |
| Saint Augustin dans son cabinet de travail | 1480 | Église d’Ognissanti, Florence |
| Le Printemps (Primavera) | vers 1480 | Galerie des Offices, Florence |
| Fresques de la chapelle Sixtine | 1481 – 1482 | Vatican |
| Pallas et le Centaure | vers 1482 | Galerie des Offices, Florence |
| Vénus et Mars | vers 1485 | National Gallery, Londres |
| La Naissance de Vénus | vers 1485 | Galerie des Offices, Florence |
| La Madone du Magnificat | vers 1483 | Galerie des Offices, Florence |
| La Calomnie d’Apelle | vers 1495 | Galerie des Offices, Florence |
| La Nativité mystique | 1500 – 1501 | National Gallery, Londres |
| Dessins pour La Divine Comédie | vers 1480 – 1495 | Berlin et Vatican |
La Galerie des Offices de Florence réunit l’essentiel de ses chefs-d’œuvre. Le musée Jacquemart-André, à Paris, conserve une Vierge à l’Enfant.
Le Printemps, une allégorie énigmatique
Le Printemps (environ 2 × 3 m) montre neuf figures dans un bosquet d’orangers : à droite, Zéphyr poursuit la nymphe Chloris qui se transforme en Flore ; au centre, Vénus, surmontée de Cupidon ; à gauche, les trois Grâces dansent et Mercure écarte les nuages. Les botanistes y ont identifié près de 200 espèces de plantes. Le sens exact du tableau, probablement commandé pour un membre de la branche cadette des Médicis, reste discuté : célébration d’un mariage, allégorie néoplatonicienne de l’amour ou du retour du printemps.
Une redécouverte tardive
Après sa mort, Botticelli est presque oublié : Vasari, en 1550, le traite avec une certaine condescendance. Il est remis à l’honneur au XIXe siècle par les critiques anglais, notamment John Ruskin et Walter Pater, et par les préraphaélites, qui admirent sa ligne et sa mélancolie. Sa Vénus est depuis devenue l’une des images les plus reproduites de l’histoire de l’art.
Questions fréquentes
Où voir les tableaux de Botticelli ?
Principalement à la Galerie des Offices de Florence, qui possède Le Printemps, La Naissance de Vénus et L’Adoration des mages. La National Gallery de Londres, la Gemäldegalerie de Berlin et le Vatican conservent d’autres œuvres importantes.
Botticelli a-t-il brûlé ses tableaux sur le bûcher des vanités ?
C’est une tradition rapportée par Vasari, mais aucune source contemporaine fiable ne prouve qu’il ait jeté ses propres œuvres dans les bûchers organisés par les partisans de Savonarole en 1497 et 1498.
Quelle est la différence entre Botticelli et Léonard de Vinci ?
Contemporains et formés dans le même milieu florentin, ils s’opposent par le style : Botticelli privilégie la ligne et l’élégance décorative, Léonard le modelé, le sfumato et l’observation de la nature.