Arts · Peintres et sculpteurs
Jean-François Millet
Jean-François Millet (1814-1875) est un peintre français, figure de l’école de Barbizon et du réalisme. Ses paysans au travail, comme dans L’Angélus et Les Glaneuses, donnent une grandeur épique à la vie rurale.
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Jean-François Millet, né le 4 octobre 1814 à Gruchy, hameau de Gréville, dans la Manche, et mort à Barbizon le 20 janvier 1875, est le peintre de la vie paysanne. Fils d’agriculteurs normands, il s’installe en 1849 à Barbizon, en lisière de la forêt de Fontainebleau, et y peint pendant vingt-cinq ans les travaux des champs : semer, glaner, faucher, prier. Ses toiles, d’abord accusées de propagande socialiste, sont devenues des icônes ; Van Gogh le considérait comme son maître.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 octobre 1814 | Naissance à Gruchy (Gréville-Hague), dans une famille de paysans |
| 1833 – 1837 | Formation à Cherbourg |
| 1837 | Boursier de la ville de Cherbourg à Paris, atelier de Paul Delaroche |
| 1840 | Premier tableau accepté au Salon, un portrait |
| années 1840 | Portraits et scènes pastorales ; vit pauvrement |
| 1848 | Le Vanneur, remarqué au Salon |
| 1849 | S’installe à Barbizon avec sa famille, fuyant le choléra |
| 1850 | Le Semeur, au Salon de 1850 – 1851 |
| 1857 | Des glaneuses, au Salon |
| 1857 – 1859 | L’Angélus |
| 1867 | Salle personnelle à l’Exposition universelle ; médaille de première classe |
| 1868 | Chevalier de la Légion d’honneur |
| 20 janvier 1875 | Mort à Barbizon |
Une vie entre misère et reconnaissance
Millet grandit dans la ferme familiale, près de la mer, et garde toute sa vie le souvenir du travail de la terre et de la piété de sa grand-mère. Formé à Cherbourg puis à Paris, chez Paul Delaroche, il gagne d’abord sa vie avec des portraits et des scènes galantes dans le goût du XVIIIe siècle.
En 1849, avec sa compagne Catherine Lemaire et leurs enfants, il quitte Paris pour le village de Barbizon, où travaillent déjà Théodore Rousseau et d’autres paysagistes. Il y reste jusqu’à sa mort, vivant longtemps dans la gêne, soutenu par des amis comme Rousseau et son biographe Alfred Sensier. La reconnaissance vient dans les années 1860, avec l’Exposition universelle de 1867.
Le style de Millet
Le paysan comme sujet
Millet fait du paysan anonyme le héros de la peinture. Ses figures sont massives, simplifiées, souvent de profil ou de dos, le visage à peine indiqué. Elles ne sont pas pittoresques : elles sont graves, accablées ou recueillies.
Une dimension biblique
Ses scènes ont une solennité religieuse. Le semeur évoque la parabole évangélique, les glaneuses rappellent le livre de Ruth. Millet, profondément croyant, peint le travail comme une condition humaine éternelle, plus que comme une revendication politique.
Le dessin et la lumière
Grand dessinateur, il produit aussi des fusains et des pastels admirables. Ses tableaux baignent souvent dans la lumière du soir ou du crépuscule, qui unifie les figures et le paysage.
L’Angélus
Un couple de paysans interrompt le ramassage des pommes de terre pour réciter l’angélus, la prière du soir, au son de la cloche du clocher lointain. Peint en 1857 – 1859, le tableau, d’abord peu remarqué, devient au XIXe siècle l’une des images les plus célèbres au monde. En 1889, il est vendu aux enchères pour une somme record et part aux États-Unis ; le collectionneur Alfred Chauchard le rachète et le lègue au Louvre en 1909. Salvador Dalí, obsédé par l’œuvre, y voyait une scène de deuil cachée.
Œuvres majeures de Millet
| Titre | Date | Lieu de conservation |
|---|---|---|
| Le Vanneur | 1847 – 1848 | National Gallery, Londres |
| Le Semeur | 1850 | Museum of Fine Arts, Boston |
| Des glaneuses | 1857 | Musée d’Orsay, Paris |
| L’Angélus | 1857 – 1859 | Musée d’Orsay, Paris |
| L’Homme à la houe | 1860 – 1862 | J. Paul Getty Museum, Los Angeles |
| La Bergère gardant ses moutons | vers 1863 | Musée d’Orsay, Paris |
| Le Printemps | 1868 – 1873 | Musée d’Orsay, Paris |
| L’Église de Gréville | 1871 – 1874 | Musée d’Orsay, Paris |
L’héritage
Millet influence profondément Van Gogh, qui copie à de nombreuses reprises ses Semeur et ses scènes des travaux des champs. Pissarro, Seurat et l’ensemble du réalisme européen lui doivent beaucoup. Le musée d’Orsay conserve ses toiles les plus célèbres ; sa maison-atelier de Barbizon se visite.
Questions fréquentes
Où voir L’Angélus de Millet ?
Au musée d’Orsay, à Paris, avec Des glaneuses.
Millet est-il un peintre réaliste ?
Oui, il est rattaché au réalisme par le choix de ses sujets (le travail paysan), comme Courbet. Mais sa vision est plus spirituelle et intemporelle que militante.
Que représentent Les Glaneuses ?
Trois paysannes qui ramassent les épis restés au sol après la moisson, droit réservé aux plus pauvres. Au fond, la richesse de la récolte contraste avec leur pauvreté, ce qui a valu au tableau d’être jugé subversif en 1857.
Pourquoi Van Gogh admirait-il Millet ?
Parce que Millet avait fait du paysan un sujet noble et grave. Van Gogh, qui voulait lui aussi peindre les travailleurs, a recopié ses compositions d’après gravures, notamment à Saint-Rémy.