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Arts · Peintres et sculpteurs

Alberto Giacometti

Alberto Giacometti (1901-1966) est un sculpteur et peintre suisse installé à Paris. Ses figures humaines filiformes, comme L’Homme qui marche, sont devenues des symboles de la condition humaine d’après-guerre.

Mis à jour le 4 min de lecture

Alberto Giacometti, né le 10 octobre 1901 à Borgonovo, dans le val Bregaglia (canton des Grisons, Suisse), et mort à Coire le 11 janvier 1966, est l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle. Installé à Paris en 1922, il passe par le cubisme et le surréalisme avant de se consacrer obsessionnellement, à partir de 1935, à la représentation de la figure humaine d’après nature. Il en tire, après la guerre, ses célèbres silhouettes étirées et rugueuses, qui ont fasciné Sartre et Genet. Son Homme qui marche I a figuré sur le billet suisse de 100 francs.

Repères chronologiques

DateÉvénement
10 octobre 1901Naissance à Borgonovo ; son père Giovanni est peintre post-impressionniste
1919 – 1920École des beaux-arts de Genève ; voyage en Italie
1922S’installe à Paris ; élève du sculpteur Antoine Bourdelle à l’Académie de la Grande-Chaumière
1926S’installe dans l’atelier du 46, rue Hippolyte-Maindron, qu’il gardera toute sa vie
1930 – 1934Membre du groupe surréaliste ; Boule suspendue, Femme égorgée, L’Objet invisible
1935Exclu du groupe surréaliste ; retour au travail d’après modèle
1941 – 1945À Genève pendant la guerre ; figures minuscules
1947Premières figures filiformes : Homme au doigt, Femme debout
1948Exposition à la galerie Pierre Matisse, New York ; texte de Sartre
1949Épouse Annette Arm
1956Femmes de Venise, Biennale de Venise
1960L’Homme qui marche I, Grande Femme debout, pour un projet à la Chase Manhattan Plaza
1962Grand prix de sculpture à la Biennale de Venise
11 janvier 1966Mort à l’hôpital de Coire

La vie de Giacometti

Fils du peintre Giovanni Giacometti, Alberto grandit dans un milieu artiste, en montagne. Il réalise très jeune des bustes et des portraits. À Paris, il suit l’enseignement de Bourdelle mais trouve insupportable de travailler d’après modèle : il ne parvient pas à rendre ce qu’il voit.

Il explore alors une sculpture de l’imagination, influencée par l’art africain et cycladique, le cubisme, puis le surréalisme, dont il devient l’un des sculpteurs majeurs. En 1935, il décide de revenir à la tête humaine d’après nature ; André Breton l’exclut du groupe. Commence une longue crise : pendant des années, ses figures rapetissent jusqu’à tenir dans des boîtes d’allumettes.

Après la guerre, les figures grandissent mais restent minces comme des fils. Giacometti vit modestement dans son minuscule atelier de Montparnasse, aux côtés de son frère Diego, son assistant et lui-même sculpteur et designer de mobilier. Ses modèles principaux sont Diego, sa femme Annette, puis le philosophe japonais Isaku Yanaihara et la jeune Caroline. Il travaille la nuit, reprend sans cesse ses œuvres, insatisfait, jusqu’à sa mort.

Le style de Giacometti

La figure filiforme

Ses hommes qui marchent, ses femmes debout, immobiles, ses têtes minces vues de face ou de profil sont étirés à l’extrême, la surface rugueuse, comme rongée. Ils semblent vus de loin, isolés dans l’espace.

La vision

Giacometti ne cherche pas à reproduire le corps mais la manière dont on le perçoit, à distance, dans l’espace qui l’entoure. Il disait vouloir rendre une tête telle qu’il la voyait, et ne jamais y parvenir.

La peinture et le dessin

Peintre et dessinateur, il réalise des portraits gris et bruns, construits par des réseaux de lignes nerveuses autour d’un visage central, sur des fonds sombres.

Une image de l’homme moderne

Dans l’après-guerre, ses figures solitaires et fragiles ont été lues comme une image de la condition humaine selon l'existentialisme : Sartre consacre deux textes à son œuvre.

Œuvres majeures de Giacometti

TitreDateLieu de conservation
Femme cuillère1927Fondation Giacometti, Paris (et autres tirages)
Boule suspendue1930 – 1931Fondation Giacometti, Paris
Le Palais à 4 heures du matin1932Museum of Modern Art, New York
L’Objet invisible (Mains tenant le vide)1934 – 1935Fondation Giacometti, Paris
L’Homme au doigt1947Plusieurs tirages en bronze
Le Nez1947Fondation Giacometti, Paris
La Cage1950Fondation Giacometti, Paris
Femmes de Venise1956Fondation Giacometti, Paris
L’Homme qui marche I1960Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence (et autres tirages)
Grande Femme debout1960Fondation Giacometti, Paris (et autres tirages)

L’héritage

Giacometti est l’un des rares artistes à avoir renouvelé la sculpture figurative après Rodin, dont il a hérité le goût du modelage. Sa veuve Annette a créé la Fondation Alberto et Annette Giacometti, à Paris, qui gère son œuvre et a ouvert en 2018 l’Institut Giacometti, où son atelier a été reconstitué. La Fondation Maeght et le Kunsthaus de Zurich possèdent d’autres ensembles majeurs.

Questions fréquentes

Pourquoi les sculptures de Giacometti sont-elles si fines ?

Parce qu’il cherchait à rendre la figure humaine telle qu’on la perçoit à distance, dans l’espace, et non telle qu’on la mesure. Après des années où ses figures rapetissaient, elles se sont allongées en devenant de plus en plus minces.

Giacometti est-il surréaliste ?

Il l’a été entre 1930 et 1935, période où il crée des objets oniriques et érotiques. Il a ensuite quitté le mouvement pour revenir au travail d’après nature.

Où voir des œuvres de Giacometti ?

À l’Institut Giacometti à Paris, à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence, au Kunsthaus de Zurich et au Centre Pompidou.

Qui était Diego Giacometti ?

Le frère cadet d’Alberto, son assistant et modèle pendant quarante ans. Il est lui-même devenu un créateur réputé de mobilier et d’objets en bronze.

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