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Arts · Peintres et sculpteurs

Camille Corot

Camille Corot (1796-1875) est un peintre français, grand maître du paysage au XIXe siècle. De ses études lumineuses d’Italie à ses « souvenirs » argentés, il fait le pont entre le paysage classique et l’impressionnisme.

Mis à jour le 4 min de lecture

Jean-Baptiste Camille Corot, né le 16 juillet 1796 à Paris et mort à Paris le 22 février 1875, est le plus grand paysagiste français du XIXe siècle. Venu tard à la peinture, il pratique toute sa vie la peinture sur le motif, en plein air, dont il tire des études d’une fraîcheur et d’une justesse de lumière saisissantes. Ses grands tableaux de la maturité, paysages vaporeux peuplés de nymphes, l’ont rendu célèbre de son vivant. Les impressionnistes l’ont considéré comme un maître.

Repères chronologiques

DateÉvénement
16 juillet 1796Naissance à Paris ; ses parents tiennent un commerce de modes
1815 – 1821Employé chez des marchands de drap
1822Obtient de son père une rente et se consacre à la peinture ; élève d’Achille Etna Michallon puis de Jean-Victor Bertin
1825 – 1828Premier séjour en Italie : études de Rome et de la campagne romaine
1827Premier envoi au Salon
1834 et 1843Nouveaux voyages en Italie
1846Chevalier de la Légion d’honneur
années 1850 – 1860Succès des paysages « souvenirs » ; séjours à Ville-d’Avray, Barbizon, Arras, Douai
1864Souvenir de Mortefontaine acheté par Napoléon III
1870 – 1871Reste à Paris pendant le siège ; aide les victimes
22 février 1875Mort à Paris

Une vocation tardive

Fils de commerçants aisés, Corot travaille d’abord comme commis dans le drap. À 26 ans, son père lui accorde une petite rente qui lui permet de peindre sans avoir à vendre. Formé par des paysagistes néoclassiques, il apprend la tradition du paysage historique héritée de Poussin et Claude Lorrain, mais aussi la pratique de l’étude à l’huile en plein air.

En Italie, de 1825 à 1828, il peint des centaines de petites études : le Colisée, le pont de Narni, la campagne romaine, où la lumière méditerranéenne est rendue par des plans simples et des tons justes. Puis il voyage sans cesse en France — Normandie, Bourgogne, Morvan, Fontainebleau — et passe ses étés dans la maison familiale de Ville-d’Avray, près de Paris. Célibataire, généreux, surnommé « le père Corot », il aide des confrères pauvres, dont Daumier, à qui il offre une maison.

Le style de Corot

Les études sur le motif

Ses études de jeunesse, longtemps gardées dans l’atelier, sont aujourd’hui les plus admirées : cadrages simples, touches franches, accord exact des valeurs, c’est-à-dire des degrés de clair et de foncé. Corot disait que les valeurs étaient l’essentiel en peinture.

Les « souvenirs »

À partir des années 1850, il peint en atelier des paysages poétiques : arbres plumeux, brume argentée, lumière du matin, petits personnages ou nymphes dansantes. Ces « souvenirs » connaissent un immense succès commercial, au point que Corot devient l’un des peintres les plus copiés et faussés : une boutade attribue à Corot environ 3 000 tableaux, dont 10 000 aux États-Unis.

Les figures

Corot peint aussi des figures, longtemps peu montrées : femmes pensives, liseuses, modèles costumés. La Dame en bleu (1874) et La Femme à la perle ont été admirées par Degas et les cubistes.

Œuvres majeures de Corot

TitreDateLieu de conservation
Le Pont de Narni (étude)1826Musée du Louvre, Paris
Le Colisée vu des jardins Farnèse1826Musée du Louvre, Paris
La Cathédrale de Chartres1830Musée du Louvre, Paris
Agar dans le désert1835Metropolitan Museum of Art, New York
Une matinée, la danse des nymphes1850Musée d’Orsay, Paris
Souvenir de Mortefontaine1864Musée du Louvre, Paris
La Femme à la perlevers 1868 – 1870Musée du Louvre, Paris
Le Beffroi de Douai1871Musée du Louvre, Paris
La Dame en bleu1874Musée du Louvre, Paris

L’héritage

Corot est un trait d’union. Par ses études en plein air et sa lumière claire, il annonce l'impressionnisme : Camille Pissarro et Berthe Morisot se présentent comme ses élèves, Monet aurait déclaré qu’il n’y avait qu’un maître, Corot. Par ses figures construites, il intéresse les cubistes. Il est proche de l’école de Barbizon et de Millet, sans en faire strictement partie. Le Louvre conserve un ensemble exceptionnel de ses œuvres.

Questions fréquentes

Corot est-il impressionniste ?

Non. Il appartient à la génération précédente et n’a jamais exposé avec les impressionnistes. Mais il est leur précurseur principal, par la peinture en plein air et la recherche de la lumière juste.

Pourquoi existe-t-il tant de faux Corot ?

Ses paysages argentés se vendaient très cher et étaient faciles à imiter ; Corot lui-même signait parfois des copies d’élèves ou d’amis pour les aider. Le catalogue raisonné d’Alfred Robaut a permis de faire le tri.

Où voir des tableaux de Corot ?

Au musée du Louvre, qui en conserve plus d’une centaine, au musée d’Orsay, et dans de nombreux musées de province, comme ceux de Reims ou de Douai.

Qu’appelle-t-on les « valeurs » chez Corot ?

Les degrés de clarté et d’obscurité des couleurs, indépendamment de leur teinte. Corot construit ses paysages par l’accord juste de ces valeurs, plus que par le dessin ou la couleur vive.

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