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Arts · Peintres et sculpteurs

Théodore Géricault

Théodore Géricault (1791-1824) est un peintre français, pionnier du romantisme. Mort à 32 ans, il laisse Le Radeau de La Méduse, des chevaux fougueux et des portraits d’aliénés d’une modernité saisissante.

Mis à jour le 4 min de lecture

Théodore Géricault, né le 26 septembre 1791 à Rouen et mort à Paris le 26 janvier 1824, est le peintre qui ouvre le romantisme en France. En une carrière d’à peine douze ans, il bouscule l’héritage de David en peignant l’énergie, la souffrance et l’actualité. Son chef-d’œuvre, Le Radeau de La Méduse, transforme un fait divers en tragédie universelle. Cavalier passionné, il meurt jeune des suites de chutes de cheval.

Repères chronologiques

DateÉvénement
26 septembre 1791Naissance à Rouen, dans une famille aisée
vers 1796La famille s’installe à Paris
1808 – 1810Élève de Carle Vernet, peintre de chevaux
1810 – 1811Élève de Pierre-Narcisse Guérin, néoclassique
1812Officier de chasseurs à cheval de la Garde impériale chargeant, médaille d’or au Salon
1814Cuirassier blessé quittant le feu
1816 – 1817Séjour en Italie ; projet de la Course de chevaux libres à Rome
1818 – 1819Le Radeau de La Méduse, exposé au Salon de 1819
1820 – 1821Séjour en Angleterre ; lithographies ; Le Derby d’Epsom
vers 1819 – 1822Série des Monomanes (portraits d’aliénés)
26 janvier 1824Mort à Paris, à 32 ans

Une vie brève et intense

Héritier fortuné, Géricault n’a pas besoin de vendre pour vivre. Passionné de chevaux, il se forme chez Carle Vernet puis chez Guérin, dont il rejette vite l’enseignement académique, préférant copier Rubens, Titien et Rembrandt au Louvre. À 21 ans, il expose un grand cavalier napoléonien en pleine charge, débordant de mouvement, qui contraste avec la froideur néoclassique.

Après une liaison secrète avec sa tante par alliance, dont naît un fils, il part en Italie, où il admire Michel-Ange. De retour, il se lance dans le Radeau, exposé en 1819. Il passe ensuite près de deux ans en Angleterre, où le tableau est montré avec succès, et découvre la peinture anglaise de chevaux et de paysage. Plusieurs chutes de cheval aggravent un mal de la colonne vertébrale ; il meurt après une longue agonie.

Le style de Géricault

Le mouvement et l’énergie

Chevaux cabrés, cavaliers en action, corps tendus : Géricault cherche la force physique et le dynamisme, avec une touche épaisse et des contrastes puissants.

L’actualité tragique

Avec le Radeau, il peint un fait récent et scandaleux — le naufrage de la frégate La Méduse en 1816 — à la taille réservée jusque-là à l’histoire et à la religion. Il s’intéresse aussi aux vaincus : soldats blessés, la retraite de Russie.

Le réalisme sans fard

Pour le Radeau, il étudie des cadavres et des membres coupés dans les hôpitaux, interroge des survivants, fait construire une maquette du radeau. Ses études de têtes de suppliciés et ses natures mortes de membres sont d’une brutalité inédite.

Les Monomanes

À la demande, semble-t-il, du psychiatre Étienne-Jean Georget, il peint dix portraits de malades mentaux de la Salpêtrière, chacun incarnant une « monomanie » (jeu, vol, envie, commandement militaire…). Il n’en subsiste que cinq. Ce sont des portraits graves, sans caricature ni pittoresque, d’une humanité rare.

Œuvres majeures de Géricault

TitreDateLieu de conservation
Officier de chasseurs à cheval de la Garde impériale chargeant1812Musée du Louvre, Paris
Cuirassier blessé quittant le feu1814Musée du Louvre, Paris
Course de chevaux libres (esquisse)1817Musée du Louvre, Paris
Le Radeau de La Méduse1818 – 1819Musée du Louvre, Paris
Le Derby d’Epsom1821Musée du Louvre, Paris
La Monomane de l’envie (dite La Hyène de la Salpêtrière)vers 1819 – 1822Musée des Beaux-Arts, Lyon
Le Monomane du volvers 1819 – 1822Musée des Beaux-Arts, Gand
La Monomane du jeuvers 1819 – 1822Musée du Louvre, Paris
Le Four à plâtrevers 1822 – 1823Musée du Louvre, Paris

L’héritage

Géricault ouvre la voie à Delacroix, qui a posé pour l’un des naufragés du Radeau et qui reprendra son goût du drame et de la couleur. Son attention au réel et aux exclus annonce Courbet et le réalisme. Le Louvre achète le Radeau après sa mort, en 1824.

Questions fréquentes

Pourquoi Géricault est-il un peintre romantique ?

Parce qu’il privilégie l’émotion, le drame, le mouvement et l’actualité sur l’idéal antique et la mesure néoclassiques. Le Radeau de La Méduse est considéré comme le manifeste du romantisme pictural.

De quoi est mort Géricault ?

D’une longue maladie aggravée par plusieurs chutes de cheval ; les sources parlent d’une tuberculose vertébrale ou d’un abcès de la colonne. Il avait 32 ans.

Où voir les œuvres de Géricault ?

Au musée du Louvre, qui conserve le Radeau de La Méduse et l’essentiel de ses grands tableaux, ainsi qu’au musée des Beaux-Arts de Rouen, sa ville natale.

Quel est le lien entre Géricault et Delacroix ?

Ils se sont connus dans l’atelier de Guérin. Le jeune Delacroix a posé pour le Radeau et a été bouleversé par le tableau, qui l’a orienté vers le romantisme.

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